Argentine: les familles des «desaparecidos» ont accès aux archives de l’Eglise

Trois catégories, 3 000 documents

Marche du 24 mars 2006 avec les noms des disparus, Pepe Robles, Domaine public

Marche du 24 mars 2006 avec les noms des disparus, Pepe Robles, Domaine public

La Conférence épiscopale d’Argentine (CEA) annonce qu’elle a mis en place un “Protocole” pour la consultation par les familles des victimes ou les survivants des archives concernant les “événements argentins”, c’est-à-dire la dictature militaire (1976-1983), conservées par trois organismes : par la Conférence épiscopale, par la nonciature apostolique, à Buenos Aires, et par la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, à Rome.

La consultation concernera le matériel où le nom de la personne apparaît. Le site de la CEA publie un formulaire à remplir pour demander la consultation. Il est à adresser au secrétaire générale de la CEA, Mgr Carlos Malfa, au siège de la Conférence épiscopale « CEA, Suipacha 1032, Ciudad de Buenos Aires, Argentine (ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h).

Le 25 octobre 2016, par un communiqué conjoint, la Conférence épiscopale et le Saint-Siège avaient annoncé que « le travail de catalogage et de numérisation des archives » était achevé.

Lors d’une réunion du 15 octobre entre les autorités de la Commission exécutive de la CEA et de la Secrétairerie d’Etat on avait pris acte du fait que « le processus d’organisation et de numérisation était terminé conformément aux décisions et aux indications du Saint-Père, dans la continuité du travail déjà entrepris par la CEA : le travail s’est déroulé « en tenant compte du service à la vérité, à la justice et à la paix ».

Le nouveau protocole permettra une consultation et une demande d’information par des victimes, par des familles des « desaparecidos » (« disparus ») et des détenus, et, dans le cas d’ecclésiastiques et de religieux, par leurs évêques ou leurs supérieurs majeurs.

Ce sont plus de 3 000 documents touchant les années 1976-1983 qui seront ainsi disponible, précise le quotidien La Nacion

Cette ouverture avait été promise par le pape François à des organismes de défense des droits humains et en 2013, elle avait été demandée par la responsable des « grands-mères de la Plaza de Mayo  », venue lui rendre visite à Rome, Estela de Carlotto.

Pour sa part, l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, vice-président de la CEA, a déclaré : « Nous n’avons pas peur des archives. Nous les rendons disponibles comme un service à la réconciliation, à la justice et à la vérité. » Il a assuré qu’il n’y avait eu aucune « sélection des archives » qui sont pour la plupart constituées de lettres et de télégrammes.

Seuls les parents directs des « desaparecidos” ou les victimes survivantes elles-mêmes auront accès à cette documentation, par respect de la vie privée et du fait que le matériel « sensible, très délicat », se réfère à des « blessures ouvertes », a précisé l’archiviste Guadalupe Morad, à l’agence Télam. Et les « noms des autres victimes étrangères à l’intéressé seront obscurcis par respect pour le caractère confidentiel de ces données privées. »

Parmi les victimes de la dictature militaire en Argentine, 20 sont françaises, dont deux religieuses et un prêtre, comme l’indique l’article de wikipedia sur les « desaparecidos » : Marcel Amiel, Robert Boudet, Jean-Yves Claudet Fernández, Françoise Dauthier, Yves Domergue, sœur Alice Domon, sœur Léonie Duquet, Pedro Dufau, Andrés Roberto Duro, Marie-Anne Erize, Maurice Jeger, Mario Roger Julien Cáceres, le père Gabriel Longueville, Pierre Pegneguy, Juan Roger Peña, Cecilia Rotemberg, Jean Marcel Soler et les frères Marcel, Paul et Raphaël Tello.

Seuls deux corps ont été retrouvés depuis : sœur Léonie Duquet en 2005 (enlevée le 10 décembre 1977) et Yves Domergue en 2010 (enlevé en septembre 1976).

Le travail de déclassification avait commencé sous Benoît XVI, en 2012 et il a été accéléré par l’élection de Jorge Mario Bergooglio.

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