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Le pape François, Capture

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Jubilé des sanctuaires: message complet du pape François

Accueillez les pèlerins, ils sont fatigués, ils ont faim et soif !

Accueillez les pèlerins, ils sont fatigués, ils ont faim et soif, physiquement et spirituellement, recommande le pape François aux responsables des sanctuaires du monde qu’il a reçus dans le cadre de leur jubilé.

Le pape François a reçu en audience quelque 3 000 participants de la Rencontre internationale des organisateurs de pèlerinages – curés, recteurs et directeurs de sanctuaires –, ce jeudi 21 janvier, dans la salle Paul VI du Vatican, à l’occasion du Jubilé qu’ils célèbrent à Rome (19-21 janvier 2016).

Le pape recommande avant tout de soigner l’accueil : « Avec l’accueil, pour ainsi dire, « nous jouons tout ». Un accueil affectueux, festif, cordial et patient. » Pas d’autre moyen pour qu’ils reviennent et poursuivent leur chemin de foi, fait observer le pape : « Faisons en sorte que tous les pèlerins aient la joie de se sentir enfin compris et aimés. Ainsi, en rentrant chez eux, ils éprouveront la nostalgie de ce qu’ils auront expérimenté et ils auront le désir de revenir, mais surtout ils voudront poursuivre un chemin de foi dans la vie ordinaire. »

Le pape a consacré une partie de ses recommandations aux confesseurs : « L’accueil qu’offrent les ministres du pardon de Dieu est tout à fait particulier. Le sanctuaire est la maison du pardon, où chacun rencontre la tendresse du Père qui est miséricordieux envers tous, sans exclure personne. (…) Les prêtres qui ont un ministère dans les sanctuaires doivent avoir le cœur imprégné de miséricorde ; leur comportement doit être celui d’un père. »

Voici notre traduction complète de cet important discours du pape prononcé en italien.

A.B.

Discours du pape François :

Chers frères et sœurs, bonjour !

Je vous accueille cordialement, vous tous qui organisez des pèlerinages dans les sanctuaires. Aller en pèlerinage dans des sanctuaires est une des expressions les plus éloquentes de la foi du peuple de Dieu et manifeste la piété de générations de personnes qui ont cru et se sont confiées à l’intercession de la Vierge Marie et des saints avec simplicité. Cette religiosité populaire est une authentique forme d’évangélisation qui a besoin d’être toujours encouragée et mise en valeur, sans en minimiser l’importance. C’est curieux : le bienheureux Paul VI, dans Evangelii nuntiandi, parle de la religiosité populaire mais il dit qu’il vaut mieux l’appeler « piété populaire » ; et puis, dans le Document d’Aparecida, l’épiscopat latino-américain fait un pas supplémentaire et parle de « spiritualité populaire ». Ces trois concepts sont valides, mais ensemble. Dans les sanctuaires, en effet, nos fidèles vivent leur spiritualité profonde, cette piété qui a façonné la foi depuis des siècles avec des dévotions simples mais très significatives. Pensons à l’intensité avec laquelle se vit, dans certains lieux, la prière au Christ crucifié, ou celle du chapelet, ou le Chemin de croix…

Ce serait une erreur de considérer que celui qui part en pèlerinage vit une spiritualité qui ne serait pas personnelle, mais qui serait une spiritualité « de masse ». En réalité, le pèlerin porte en lui sa propre histoire, sa propre foi, les lumières et les ombres de sa vie. Chacun porte dans son cœur un désir spécial et une prière particulière. Celui qui entre dans le sanctuaire se sent aussitôt chez lui, accueilli, compris et soutenu. J’aime beaucoup la figure biblique d’Anne, la mère du prophète Samuel. Dans le temple de Silo, le cœur gonflé de tristesse, elle priait le Seigneur pour avoir un fils. Le prêtre Éli, lui, croyait qu’elle était ivre et voulait la chasser (cf. 1 Sam 1, 12-14). Anne représente bien toutes ces personnes que l’on peut rencontrer dans nos sanctuaires. Les yeux fixés sur le crucifix ou sur la représentation de la Vierge Marie, une prière dite les larmes aux yeux, pleine de confiance. Le sanctuaire est réellement un lieu privilégié pour rencontrer le Seigneur et toucher du doigt sa miséricorde. Confesser dans un sanctuaire, c’est faire l’expérience de toucher du doigt la miséricorde de Dieu.

C’est pour cette raison que le mot clé que je désire souligner aujourd’hui avec vous est l’accueil : accueillir les pèlerins. Avec l’accueil, pour ainsi dire, « nous jouons tout ». Un accueil affectueux, festif, cordial et patient. Il faut aussi de la patience ! Les Évangiles nous montrent Jésus toujours accueillant envers ceux qui s’approchent de lui, en particulier les malades, les pécheurs, les marginaux. Et souvenons-nous de son expression : « Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé » (Mt 10,40). Jésus a parlé de l’accueil, mais il l’a surtout pratiqué. Quand on nous dit que les pécheurs – par exemple Matthieu, ou Zachée – accueillaient Jésus chez eux et à leur table, c’est parce que, avant tout, ils s’étaient senti accueillis par Jésus et cela avait changé leur vie. C’est intéressant que le livre des Actes des apôtres se termine par la scène de saint Paul qui, ici à Rome, « accueillait tous ceux qui venaient chez lui » (Actes 28,30). Sa maison, dans laquelle il habitait comme prisonnier, était le lieu où il annonçait l’Évangile. L’accueil est vraiment déterminant pour l’évangélisation. Parfois, il suffit simplement d’un mot, un sourire, pour qu’une personne se sente accueillie et aimée.

Le pèlerin qui arrive au sanctuaire est souvent fatigué, il a faim, soif… Et bien souvent cette condition physique reflète sa condition intérieure. C’est pourquoi cette personne a besoin d’être bien accueillie, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel. C’est important que le pèlerin qui franchit le seuil du sanctuaire se sente traité plus que comme un hôte, comme étant de la famille. Il doit se sentir chez lui, attendu, aimé et regardé avec des yeux de miséricorde. Quel qu’il soit, jeune ou vieux, riche ou pauvre, malade et dans l’épreuve ou touriste curieux, qu’il puisse trouver l’accueil qui lui est dû, parce qu’en chacun il y a un cœur qui cherche Dieu, parfois sans en être pleinement conscient. Faisons en sorte que tous les pèlerins aient la joie de se sentir enfin compris et aimés. Ainsi, en rentrant chez lui, ils éprouveront la nostalgie de ce qu’ils auront expérimenté et ils auront le désir de revenir, mais surtout ils voudront poursuivre un chemin de foi dans la vie ordinaire.

L’accueil qu’offrent les ministres du pardon de Dieu est tout à fait particulier. Le sanctuaire est la maison du pardon, où chacun rencontre la tendresse du Père qui est miséricordieux envers tous, sans exclure personne. Celui qui s’approche du confessionnal le fait parce qu’il s’est repenti, il s’est repenti de son péché. Il ressent le besoin de s’approcher, là. Il perçoit clairement que Dieu ne le condamne pas, mais qu’il l’accueille et l’embrasse, comme le père du fils prodigue, pour lui rendre sa dignité de fils (cf. Lc 15,20-24). Les prêtres qui ont un ministère dans les sanctuaires doivent avoir le cœur imprégné de miséricorde ; leur comportement doit être celui d’un père.

Chers frères et sœurs, vivons ce Jubilé dans la foi et la joie : vivons-le comme un unique grand pèlerinage. Vous, de façon particulière, vivez votre service comme une œuvre de miséricorde corporelle et spirituelle. Je vous assure de ma prière pour cela, par l’intercession de Marie, notre Mère. Et vous, s’il vous plaît, par votre prière, accompagnez-moi aussi dans mon pèlerinage. Merci !

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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