Le lundi 23 février 2026, la Commission des Conférences épiscopales de l’Union européenne (COMECE) a salué la récente résolution du Parlement européen exhortant la Commission européenne à nommer un coordinateur pour lutter contre la haine antichrétienne dans l’Union européenne. Cet appel ferme témoigne également de la haute priorité que la COMECE accorde à cette question depuis plusieurs années. Lire la résolution

(Photo : Diocèse de Stockholm)
Le paragraphe 84 de la résolution sur « Les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière – Rapport annuel 2025 » déplore que « …alors que le christianisme reste aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde, avec plus de 380 millions de personnes touchées, il n’existe aucun coordinateur européen chargé de lutter contre la christianophobie, même si un coordinateur a été nommé pour lutter contre l’islamophobie » .
Prenant acte de cette importante déclaration du Parlement européen, la COMECE encourage la Commission européenne à envisager sérieusement la nomination d’un coordinateur de l’UE chargé de ce domaine.
Les évêques de l’UE suggèrent que le titre du futur coordinateur européen fasse référence à la « haine antichrétienne » plutôt qu’à la « christianophobie », afin d’assurer la cohérence avec les positions similaires déjà en vigueur au niveau de l’UE, notamment celle concernant les communautés musulmanes, et d’éviter de fonder de telles initiatives sur le concept controversé de « phobie ». Le futur coordinateur européen devrait être chargé de traiter les cas concrets de discrimination, d’intolérance et de violence à l’encontre des communautés chrétiennes au sein de l’Union européenne.
La COMECE souligne que pour rendre cette protection tangible, « il est essentiel d’apporter également un soutien financier à la lutte contre la haine antichrétienne dans l’UE en l’intégrant pleinement dans le texte législatif du nouvel instrument de financement « AgoraEU » » .
Le chemin vers la résolution du Parlement européen
Lors d’une conférence de haut niveau organisée au Parlement européen en décembre 2024, Alessandro Calcagno, conseiller de la COMECE, a déclaré : « Le moment est venu de nommer un coordinateur de l’UE pour lutter contre la haine antichrétienne. » C’était la première fois que la question était officiellement soulevée dans le contexte de l’UE.

Conseiller de la COMECE, Alessandro Calcagno. Bruxelles, novembre 2025. (Photo : COMECE)
En octobre 2025, lors de l’Assemblée de la COMECE, les évêques de l’UE ont réitéré cette demande auprès du commissaire européen Magnus Brunner, qui y assistait en tant qu’orateur invité.
En novembre 2025, lors de la réunion annuelle de haut niveau entre l’UE et les chefs religieux organisée par la Commission européenne, le vice-président de la COMECE, Mgr Czeslaw Kozon, a appelé à une action institutionnelle plus forte , notamment « la nomination d’un coordinateur de l’UE pour lutter contre la haine antichrétienne et l’urgence d’améliorer la culture religieuse » .
Au cours de la même semaine, le conseiller Calcagno s’est adressé à une réunion de l’Intergroupe du Parlement européen sur la liberté de religion, de conviction et de conscience, encourageant les institutions de l’UE « à ne pas avoir peur de prendre des mesures audacieuses pour protéger les fidèles chrétiens en Europe contre l’intolérance, la discrimination, la haine et l’ignorance en nommant un coordinateur de l’UE pour lutter contre la haine antichrétienne » .
En janvier 2026, le pape Léon XIV a souligné que «…nous ne devons pas oublier une forme subtile de discrimination religieuse à l’encontre des chrétiens, qui se répand même dans les pays où ils sont majoritaires, comme en Europe» .
Protéger les lieux de culte
Il est important de souligner que la protection des lieux de culte est une composante essentielle des initiatives de lutte contre la haine antichrétienne au sein de l’UE. Dans ce contexte, la COMECE attend avec intérêt le prochain agenda de l’UE pour la prévention et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, qui intégrera explicitement cet élément parmi ses priorités.
La COMECE coopère activement avec divers projets et consortiums financés par l’UE afin de garantir que la protection effective des lieux de culte dans l’UE devienne une réalité, contribuant ainsi au plein respect du droit fondamental à la liberté de pensée, de conscience et de religion dans l’Union.
