Cardinal Jean-Marc Aveline, président de la CEF © Vatican Media

Cardinal Jean-Marc Aveline, président de la CEF © Vatican Media

Le cardinal Aveline se confie : entre catéchuménat, paix et défis migratoires

Le président de la CEF a accordé une interview au journal italien Avvenire

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En déplacement en Italie pour participer au festival Avvenire de Lerici, sur la côte ouest du pays, le cardinal Jean-Marc Aveline a accordé une interview au quotidien italien Avvenire ce mercredi 5 août 2026. Il a également reçu le Prix Narducci, une distinction saluant son action pastorale majeure en Méditerranée, et son engagement à Marseille pour en faire un carrefour de solidarité et de dialogue interreligieux.

Au cours de l’entretien, l’archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France (CEF) a évoqué ses origines françaises d’Algérie et le phénomène migratoire en Méditerranée. Il a aussi souligné l’importance de construire la paix dans le monde, puis a longuement parlé du regain de la foi en France, avec notamment la croissance continue des baptêmes de jeunes adultes et d’adolescents.

Bien évidemment, il a pu parler de la prochaine visite du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre prochains. Pour lui, ce voyage apostolique sera « une occasion de renouveau dans la foi » : « L’Église en France a connu une forte sécularisation, et aujourd’hui, quelque chose de nouveau est en marche. Mais l’Esprit Saint ne peut agir que si nous restons humbles et que nous accueillons les défis qui se présentent à nous. »

« Vous avez reçu un esprit de liberté », dit saint Paul

Ayant grandi à Marseille, grosse ville multiculturelle, le cardinal Aveline est depuis toujours sensible à l’accueil des immigrés et au dialogue interreligieux. Il rappelle qu’il est important d’accueillir les personnes avec dignité et de les aider activement. « Ce n’est qu’en connaissant une personne et en lui apportant un soutien concret que les choses peuvent changer. Nous pouvons tous y contribuer. La proximité humaine est essentielle ; sans elle, nous restons au stade des idées », a-t-il déclaré au journaliste Francesco Ognibene.

Homélie du cardinal Aveline, novembre 2025 © eglise.catholique.fr

Cardinal Aveline, novembre 2025 © eglise.catholique.fr

« Marseille est un véritable laboratoire religieux » a continué le prélat français, « le dialogue ne s’impose pas : c’est une expérience qui se construit, mais qui prend du temps. J’emploie rarement le mot “dialogue” ; je préfère “relation” : c’est lorsque de bonnes relations sont établies que le dialogue peut s’instaurer, car il s’agit d’un objectif ambitieux, non d’un point de départ. »

Selon lui, l’un des grands défis de la Méditerranée est de faire confiance aux jeunes. En évoquant l’initiative du « Bel Espoir », ce voilier qui a transporté 200 jeunes de tous horizons méditerranéens en 2025, il a redit l’importance de soutenir l’enthousiasme de la jeunesse actuelle, susceptible de faire de l’histoire méditerranéenne une réalité nouvelle, porteuse d’espoir.

À la question de la construction de la paix dans le monde, il est primordial de réveiller les consciences et d’être libres de choisir : « Nous devons redécouvrir le chemin de l’intériorité et, avec lui, le chemin de la liberté. Et la liberté est le commencement de la résistance. La foi chrétienne aujourd’hui est intimement liée à la résistance : il ne s’agit pas du martyre des premiers siècles, mais de résister à l’engourdissement de nos consciences qui nous fait perdre la force de croire, d’être libres. Et de choisir. Comme le dit saint Paul, vous avez reçu un esprit de liberté. »

« Nous leur avons ouvert la voie, mais ils sont entrés par la fenêtre ! »

Enfin, le cardinal Aveline a répondu à la question des nouveaux baptisés en France, évoquant le réveil spectaculaire de la foi dans ce pays depuis 6 ans. Les chiffres ne cessent d’augmenter. En 2025, on comptait 21 000 nouveaux baptisés, contre 17 000 l’année précédente et 15 000 avant cela. Les estimations pour 2026 laissent présager une nouvelle progression.

« Ce n’est pas un phénomène passager. Ces jeunes ont emprunté des chemins différents de ceux que nous avions préparés pour eux. Nous leur avons ouvert la voie, mais ils sont entrés par la fenêtre ! Nous devons coopérer avec l’Esprit Saint, c’est Lui qui trace ces chemins », a-t-il déclaré, expliquant l’importance de bien accompagner les catéchumènes, les écouter et comprendre leur parcours.  Il est aussi primordial de bien intégrer les nouveaux baptisés dans les communautés paroissiales, et de les former pour que leur foi nouvelle soit pleinement ancrée et non superficielle : « C’est seulement ainsi que pourront naître des chemins durables. »

En Île-de-France, une Assemblée provinciale a été lancée officiellement le 31 mai dernier pour répondre au mieux à cette forte croissance. Près de 46 000 personnes ont participé à la phase de consultation : cette Assemblée travaillera pendant trois ans, et les autres diocèses français pourront envoyer un délégué pour superviser le travail.

 

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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