Yaoundé : le pape Léon XIV auprès des enfants de l’orphelinat Ngul Zamba © Vatican Media

Yaoundé : le pape Léon XIV auprès des enfants de l’orphelinat Ngul Zamba © Vatican Media

Yaoundé : le pape Léon XIV auprès des enfants de l’orphelinat Ngul Zamba

Un message de tendresse, d’espérance et de fraternité au cœur des blessures

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Le mercredi 15 avril 2026, lors de sa visite à l’orphelinat Ngul Zamba à Yaoundé, le pape Léon XIV a adressé une salutation profondément émouvante aux enfants et à leurs accompagnateurs, les encourageant à puiser dans l’amour de Dieu la force de dépasser leurs épreuves et de grandir dans l’espérance.

À 17 h 45, heure locale, le Ppape arrive à l’orphelinat Ngul Zamba, où il est accueilli par la responsable de l’établissement, la Supérieure générale de la Congrégation des Filles de Marie. La Supérieure l’accompagne dans la salle principale, où se trouvent les enfants et le personnel de l’orphelinat.

Après le chant de bienvenue, suivent les paroles de la Supérieure générale, le témoignage de trois enfants, un chant interprété par les enfants et les témoignages d’un membre du personnel masculin et d’une membre du personnel féminin.
À la fin de la visite, après la récitation du Notre Père et la bénédiction, le Saint-Père se rend en voiture au siège de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun pour une rencontre privée avec les évêques du Cameroun, avant de rejoindre la nonciature apostolique.

Nous publions ci-dessous les paroles que le pape adresse aux personnes présentes au cours de sa visite à l’orphelinat :

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Chers enfants, chers amis,

je suis très heureux d’entrer dans cet orphelinat qui est devenu votre maison. En ce lieu, c’est avant tout votre Père du Ciel qui vous accueille avec amour comme ses enfants. Il veut vous manifester sa tendresse et vous serrer sur son cœur ; et je désire le faire, moi aussi, en son Nom.

Yaoundé : le pape Léon XIV auprès des enfants de l’orphelinat Ngul Zamba © Vatican MediaVous formez une véritable famille et vous rencontrez ici des frères et des sœurs qui partagent avec vous une histoire douloureuse. Et dans cette famille, votre frère aîné c’est Jésus ! Cette fraternité rassemblée autour de Lui vous rend forts, vous aide à porter ensemble les fardeaux de la vie et vous procure une vraie joie.

Dans un monde souvent marqué par l’indifférence et l’égoïsme, cette maison nous rappelle que nous sommes tous les gardiens de nos frères et de nos sœurs, et que, dans la grande famille de Dieu, personne n’est jamais un étranger ou un oublié, aussi petit qu’il soit.

Yaoundé : le pape Léon XIV auprès des enfants de l’orphelinat Ngul Zamba © Vatican MediaChers enfants, je sais que plusieurs d’entre vous ont traversé des épreuves difficiles. Certains ont connu la souffrance de l’absence à travers la perte de leurs parents ou de personnes proches. D’autres ont fait l’expérience de la peur, le rejet, l’abandon, le manque, l’incertitude. Vous êtes appelés à un avenir plus grand que vos blessures. Vous êtes porteurs d’une promesse. Car là où il peut y avoir de la misère, de la souffrance ou de l’injustice, Dieu est présent, et Il connaît vos visages, Il est tout proche de vous. L’Évangile nous rappelle que Jésus manifestait une bienveillance particulière pour les enfants comme vous. Il les mettait au centre. Soyez sûrs qu’Il regarde chacun de vous avec la même affection.

Je voudrais aussi saluer avec gratitude tous ceux qui accompagnent ces enfants : les responsables, les éducateurs, le personnel, les bénévoles et bien sûr les religieuses. Votre engagement fidèle est un beau témoignage d’amour. En prenant soin de ces enfants, vous goûtez par avance la joie promise par le Seigneur à ceux qui servent les petits (Cf. Mt25, 40). Votre attention est le visage de la Miséricorde divine. Par elle et par votre dévouement, vous offrez bien plus qu’un soutien matériel : vous offrez à ces enfants une présence, une écoute, une famille, un avenir.

La tendresse de Dieu se manifeste à travers vous, une tendresse fidèle qui ne disparait pas dans les épreuves et qui ne déçoit jamais. Je vous remercie pour tout ce que vous faites, et je vous invite à persévérer courageusement dans cette belle œuvre entreprise.

Je vous donne de grand cœur ma bénédiction, et je confie chacun de vous à la protection de la Vierge Marie, notre Mère. Qu’elle veille toujours sur vous. Qu’elle vous console dans les moments de tristesse et qu’elle vous aide à grandir comme de vrais amis de son Fils Jésus.

 

Discours

Monsieur Panthaléon Patrice Etogo, enseignant-encadreur, fruit de l’Orphelinat :

Très Saint-Père,

La joie, l’honneur et l’exaltation nous animent en ce moment tant important où vous effectuez une visite dans notre structure.

Bienvenue Très Saint Père, vous êtes chez vous !!!

La structure qui vous accueille e n c e jour est une œuvre au service du pauvre et de l’enfant. Elle s’inspire de la conviction chrétienne qu’en chaque âme, réside la force de construire le bien pour l’autre. Elle a pour objectif d’encadrer l’enfant tout en soulageant la famille, afin de le conduire vers son accomplissement d’Homme.

Ma prise de parole e n c e jour revêt un double titre, ancien de la structure Ngul-Zamba d’une part et aujourd’hui enseignant / encadreur dans ladite structure d’autre part. Digne fils du Centre Communautaire de l’Enfance, je me suis forgé en obtenant tous mes diplômes partant du primaire, passant par l’université jusqu’à l’Ecole Normale Supérieure grâce à l’accompagnement des Filles de Marie de Yaoundé par le canal de la structure Ngul-Zamba qui, il faut le noter, encadre les enfants abandonnés, les orphelins, les indigents et les enfants vulnérables de par les disfonctionnements familiaux.

Aujourd’hui, en tant qu’enseignant, j’ai le souci de transmettre aux autres ce que la Providence m’a accordé. C’est une manière pour moi d’être reconnaissant en la structure tout en participant à sa continuité, à son épanouissement et son rayonnement afin que l’œuvre soit éternelle. Notre projet éducatif est : «l’éducation bienveillante ». On écoute, on suit et on conseille.

Eduquer en portant sur les élèves un regard bienveillant, compréhensif, sans jugement en souhaitant qu’ils se sentent bien et en y veillant. C’est la raison pour laquelle l’Orphelinat Ngul-Zamba accueille les élèves de tout bord, ceux-là même qui ont été rejetés dans les autres établissements et s’efforce à faire d’eux des hommes accomplis.

Très Saint Père,

dans cette structure éducative, nous y prônons « l’éducation pour tous ». Raison pour laquelle les effectifs sont constitués aussi bien des élèves issus des familles qui connaissent une certaine stabilité sociale que ceux venant des familles très pauvres, des enfants abandonnés, des élèves exclus ailleurs pour délinquance, consommation des drogues et stupéfiants, des enfants handicapés.

Sa Sainteté, Malgré les défis auxquels la structure est confrontée, notamment en termes de ressources, nous Enseignants, sommes convaincus que notre foi et notre détermination nous permettrons de surmonter ces obstacles. Nous vous assurons de notre prière constante pour votre ministère et implorons sur notre structure d’encadrement, sur nos élèves, leurs familles et l’ensemble du personnel, la bénédiction apostolique de votre Sainteté.

Très Saint Père, au moment o ù je clos mon propos, je tiens, une fois de plus, au nom de toute la communauté éducative, à vous remercier pour votre visite et vous souhaite un bon séjour et plein succès dans vos travaux en terre africaine.

Vive l e très Saint Siège Vive le Cameroun

Je vous présente notre gratitude.

Mme Christine AWULBE, cuisinière

Très Saint-Père,

C’est un immense honneur pour nous et tous les enfants du Centre Communautaire de vous accueillir au sein de notre Orphelinat Ngul-Zamba / La force de Dieu.

Maman EDOA Philomène et moi Maman Awulbe Christine, ainsi que les enfants que nos encadrons sommes heureux de vous avoir ici parmi nous et surtout de pouvoir vous serrer la main.

Votre visite et votre présence en ce lieu nous touche profondément et nous inspire davantage à poursuivre notre mission avec Foi, Amour et Dévouement.

Nous voulons donc avant de poursuivre notre propos, dire une petite prière pour le repos éternel de Sœur Marie Bernard Ekoumou Obe, Fille de Marie de Yaoundé et Fondatrice du Centre Communautaire décédée en 2016.

Que par la miséricorde de Dieu, l’âme de Sr Marie Bernard repose en paix. Amen.

Gloire au Pere au Fils et au Saint Esprif…

Nous gardons d’elle l’image d’une mère aimable, douce et attentionnée.

Avec les Sœurs Filles de Marie de Yaoundé, nous poursuivons son œuvre et implémentations au

quotidien le charisme de cette Famille Religieuse à travers le service des Pauvres et des Petits.

Que votre présence parmi nous Très Saint-Père, soit une source de bénédiction et d’encouragement pour nous et tous les enfants que nous encadrons.

Très Saint-Père, soyez le bienvenu à l’Orphelinat Ngul-Zamba

 

Chant des Orphelins au Saint Père (Trois voix A,B, C)

A-Blessed is he who comes in the name of the Lord (Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur)

B-Nous sommes des enfants de Dieu A-B-C

No somos huérfanos

Nous ne sommes pas des orphelins We are not orphans

C-«My father and my mother may abandon me, but the Lord will take me up)

(« Mon père et ma mère m’abandonnent,

Le Seigneur me reçoit ») (Ps 26, 10). A-L’Eglise est notre famille,

B-El Santo Padre es nuestro padre (Le Saint Père est notre père) ;

C-Christians all over the word are our brothers and sisters in the blood of Christ

(Les Chrétiens du monde entier sont nos frères et sœurs dans le sang du Christ).

D-Les Religieuses Filles de Marie de Yaoundé sont nos parents que Dieu nous a donnés.

A-Juntos fuertes en la forteleza de nuestra juventud, estamos unidos (Ensemble, forts de notre jeunesse, nous sommes unis)

B-We are building the Church, our Nation and the Humanity

(Nous bâtissons l’Eglise, notre Nation et l’Humanité).

C-A vous, Très Saint Père, nous disons avec joie : bénissez nous. Nous sommes vos enfants au nom du Seigneur.

TOUS LES ENFANTS EN CHOEUR

Refrain Chant :

Une femme oublie-t-elle son enfant, cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles. Même s’il s’en trouve une

pour oublier ; moi, je ne t’oublierai jamais. Vois, j’ai gravé ton nom sur les paumes de mes mains.

 

 

Cadeau du Saint-Père remis à l’orphelinat de Ngul Zamba

Saint Joseph avec l’Enfant Jésus

Cette sculpture contemporaine représente saint Joseph, époux de Marie et gardien de la Sainte Famille, tenant délicatement l’Enfant Jésus. La figure du saint est représentée avec une attitude sereine et protectrice : il tient dans sa main le lys traditionnel, symbole de la pureté et de la fidélité avec lesquelles il préserve le mystère que Dieu lui a confié.

Saint Joseph, Cadeau du Saint-Père remis à l'orphelinat de Ngul Zamba L’Enfant Jésus, soutenu par le bras de Joseph, lève la main droite en signe de bénédiction, tandis que dans sa main gauche, il tient un globe surmonté d’une croix, connu dans la tradition iconographique sous le nom de globus cruciger. Cet ancien symbole chrétien représente une sphère – signe du monde et de l’univers tout entier – surmontée d’une croix. Il signifie que le Christ est le Seigneur du monde et de l’histoire, Celui à qui appartient toute la création et vers qui elle est orientée.

Le geste de bénédiction accompli par l’Enfant, la main levée et les doigts disposés selon la tradition chrétienne, exprime une vérité tout aussi profonde : Celui qui apparaît dans la fragilité de l’enfance est déjà le Sauveur du monde, venu apporter la bénédiction de Dieu à l’humanité. Dans la simplicité de ce geste, le mystère de l’Incarnation se révèle : le Fils de Dieu entre dans l’histoire humaine pour la transformer par sa grâce.

Les couleurs des vêtements de saint Joseph ont également une signification symbolique. Dans la tradition chrétienne, la tunique violette évoque la dimension de la spiritualité et de la vie intérieure, une couleur qui rappelle souvent la méditation et le mystère de la présence de Dieu dans l’histoire. Le manteau brun, couleur de la terre, renvoie quant à lui à l’humilité et au sens pratique de la vie quotidienne : Joseph est l’homme du travail discret, de la responsabilité et de la fidélité dans les petites choses.

La bordure dorée qui orne ses vêtements introduit un élément symbolique supplémentaire. Dans l’art sacré, l’or représente non seulement la richesse matérielle, mais surtout la lumière de la grâce divine. Ainsi, la figure de Joseph apparaît comme un pont entre le monde humain et le monde divin : un homme simple et terre-à-terre, mais en même temps participant au mystère de Dieu qui lui a été confié.

Un autre élément particulièrement significatif de la sculpture est le regard de saint Joseph. Le saint regarde directement vers l’observateur. Sur son visage, on perçoit une touche de méditation et presque un regard interrogateur, comme s’il portait dans son cœur le poids et l’ampleur de la mission qui lui a été confiée. C’est le regard de l’homme juste qui se trouve face à un mystère plus grand que lui : devenir le père putatif du Fils de Dieu.

Cette attitude rappelle le récit évangélique dans lequel Joseph, troublé par la grossesse de Marie, reçoit la révélation de l’ange en songe. L’Évangile selon saint Matthieu rapporte que l’ange lui a dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre Marie pour épouse, car ce qui a été conçu en elle vient du Saint-Esprit » (Mt 1, 20).

Face à ces paroles, Joseph fait le pas décisif de la foi : il accueille le plan de Dieu même sans le comprendre pleinement, et entreprend volontiers la mission qui lui est confiée.

Son regard, tourné vers le spectateur, devient ainsi une invitation silencieuse : rappeler que la foi naît souvent précisément au milieu des questions et des incertitudes de la vie.

À l’instar de Joseph, le croyant est appelé à accueillir le plan de Dieu même lorsqu’il dépasse ses attentes, confiant que la confiance ouvre toujours la voie à la grâce.

Au fil des siècles, l’Église l’a vu non seulement comme le protecteur de la Sainte Famille, mais aussi comme le protecteur de l’Église universelle. Tout comme il a protégé et accompagné Jésus dans sa croissance humaine, il continue de veiller spirituellement sur le cheminement de la communauté chrétienne, soutenant les croyants dans leur pèlerinage de foi.

C’est précisément pour cette raison que la tradition chrétienne a toujours considéré saint Joseph comme un modèle de paternité et de sollicitude envers les plus petits d’entre nous. Bien qu’il ne fût pas le père naturel de l’Enfant, il a accueilli l’Enfant Jésus avec amour et responsabilité, devenant son guide, son protecteur et son soutien. Son exemple nous rappelle que la véritable paternité découle du dévouement et de la capacité à prendre soin de la vie qui nous est confiée.

La spiritualité chrétienne aime donc appeler saint Joseph le « père dans l’amour » : un homme qui, ne possédant rien pour lui-même, a su s’offrir lui-même pour sauvegarder la vie du Fils de Dieu. Sa paternité jaillit de la confiance et de la responsabilité, et devient ainsi un modèle pour toute prise en charge authentique des enfants et de ceux qui grandissent confiés à la protection d’autrui.

Dans cette perspective, la présence de saint Joseph revêt une signification particulièrement éloquente dans les lieux où les enfants sont accueillis, accompagnés et aidés à grandir. Il devient le signe d’une paternité qui protège, soutient et donne confiance, rappelant que chaque enfant est précieux et protégé par l’amour de Dieu.

Dans cette perspective, les paroles du pape Léon XIV résonnent avec une force particulière, nous rappelant que la foi se manifeste de manière tangible dans la sollicitude et la proximité envers les autres : « L’amour n’est pas passif ; il va à la rencontre de l’autre. Être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer » (Message pour la Journée mondiale des malades 2026).

Ainsi, la figure de Joseph, alors qu’il soutient l’Enfant qui bénit le monde, rappelle que le mystère de Dieu se manifeste souvent dans la simplicité de la vie quotidienne et la discrétion du service. La grandeur de sa mission n’apparaît pas dans des gestes extraordinaires, mais dans la gestion patiente du bien qui lui a été confié.

Ainsi, cette sculpture devient un signe de confiance et d’espérance : l’Enfant qui tient le monde entier entre ses mains proclame le salut de toute l’humanité, tandis que saint Joseph enseigne que la véritable grandeur naît du souci des plus petits, de la responsabilité et de la fidélité dans l’amour. Sa figure, sereine et paternelle, nous invite à sauvegarder avec soin et tendresse chaque vie confiée entre nos mains.

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Pape Léon XIV

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