Eglise éthiopienne : Mgr Souraphiel créé cardinal

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La lutte contre le trafic d’êtres humains et l’Union africaine

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Le pape François annonce la création d’un nouveau cardinal de la Corne de l’Afrique : Mgr Berhaneyesus Demerew Souraphiel, C.M., (lazariste) archevêque d’Addis Abeba et président du Conseil de l’Église éthiopienne.

Âgé de 66 ans, Mgr Souraphiel sera créé cardinal au cours du consistoire du 14 février 2015, avec 19 autres cardinaux, parmi lesquels 5 non-électeurs de plus de 80 ans. C’est ce que le pape a annoncé au terme de l’angélus qu’il a présidé place Saint-Pierre ce 4 janvier.

Mgr Berhaneyesus Demerew Souraphiel est actuellement président de la Conférence épiscopale d’Éthiopie et d’Érythrée. Il a été ordonné prêtre en 1976 et consacré évêque en 1998.

Consulteur pour la congrégation romaine pour les Églises orientales, il a participé au synode des évêques sur l’Eucharistie (2005), sur la Parole de Dieu (2008), sur l’Afrique (2009), sur la famille (2014).

Nous publions, lundi, 5 janvier, son intervention au synode d’octobre 2014 sur la famille: il souligne que la maternité est un don de Dieu.

Dans un entretien publié par Zenit, l’archevêque expliquait que l’Église en Éthiopie remontait « à l’époque des apôtres, quand Philippe baptisa un eunuque… Le christianisme est devenu officiellement la religion d’État au IVe siècle. Le premier évêque, saint Frumence, a été ordonné par saint Athanase d’Alexandrie. Avec ce premier évêque, qui était syrien, l’Éthiopie est devenue officiellement un pays chrétien et le second, après l’Arménie, à avoir déclaré le christianisme comme religion d’État ».

Non au trafic d’êtres humains

Lors du synode de 2009 sur l’Eglise en Afrique, le 6 octobre, il a dénoncé le trafic des êtres humains: de nombreux Ethiopiens catholiques cherchent en effet à fuir la misère et sont emmmenés par des trafiquants sur des embarcations de fortune en méditerrannée où beaucoup ont perdu la vie. On sait que c’est un thèem cher au pape François qui lui a consacré son message du 1er janvier.

L’archevêque disait ceci: »J’espère que ce Synode sur l’Afrique étudiera les racines des causes du trafic des êtres humains, des personnes déplacées à l’intérieur des frontières, des travailleurs domestiques maltraités (comme c’est surtout le cas des femmes au Moyen-Orient), des réfugiés et des migrants, notamment les migrants qui quittent l’Afrique par bateau et les demandeurs d’asile, et arrivera à des positions et des propositions concrètes afin de montrer au monde que les vies africaines sont sacrées et non pas bon marché, telles qu’elles sont présentées et vues sur de nombreuses chaînes de télévision. »

Il rappelait ausis que le quartier général de l’Union africaine (UA) siège à Addis Abeba, où l’organisation a été fondée.

L’Union africaine

Il ajoutait cette réflexion sur l’importance de l’UA: « L’UA représente la tribune de la direction politique en Afrique. Il est utile de savoir qu’au moins 50% de ses membres sont des membres de l’Église catholique. Voilà pourquoi le Nonce apostolique en Éthiopie a été invité à participer en tant qu’observateur aux assemblées de l’Ua à chaque fois qu’elles ont lieu à Addis Abeba. J’espère que le Saint-Siège désignera un représentant permanent auprès de l’Ua qui puisse participer à toutes les réunions, quelle qu’en soit la date, et qui puisse établir un contact personnel avec les membres catholiques de cette importante institution.Ce représentant spécial devrait de préférence avoir des compétences diplomatiques comparables à celles d’un nonce apostolique. Il serait nommé membre de plein droit et devrait être disponible pour remplir sa mission de manière à pouvoir assister aux réunions et rencontrer les personnalités qui ont une importance clé dans les processus de décision.
Ce représentant à l’UA devrait également être représentant du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), au moins en tant qu’observateur, afin que l’Église catholique en Afrique ait une voix à l’Ua et soit un encouragement pour les fidèles laïcs catholiques qui y travaillent.

Il disait enfin, l’engagement de l’Église d’Éthiopie: « Nous nous engageons à faire au mieux pour accueillir ces représentants du Saint-Siège ou du SCEAM et, dans le cas où ils voudraient résider à Adis Ababa, à faciliter leur travail et à collaborer à leur mission. Je suis sûr que l’Union africaine serait prête à accueillir ces représentants et que les membres laïcs catholiques de cette institution se sentiraient particulièrement soutenus par l’Église catholique dans leur mission. »

Aujourd’hui, les chrétiens constituent encore la majorité en Ethiopie : « l’Eglise orthodoxe représente 44%, les protestants environ 18%, les catholiques 1%, et donc 62% de la population est chrétienne », précisait-il. 

Avec A. Bourdin

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Anne Kurian-Montabone

Baccalauréat canonique de théologie. Pigiste pour divers journaux de la presse chrétienne et auteur de cinq romans (éd. Quasar et Salvator). Journaliste à Zenit depuis octobre 2011.

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