Pour avoir l’intelligence des Ecritures, fréquenter saint Augustin

Catéchèse de Benoît XVI

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ROME, Mercredi 20 février 2008 (ZENIT.org) – Benoît XVI encourage les baptisés à fréquenter saint Augustin, pour avoir « l’intelligence des Ecritures ». Il cite en particulier les « Confessions » et la « Cité de Dieu » : un livre pour « bien définir la vraie laïcité ».

En la salle Paul VI, Benoît XVI a donné une quatrième catéchèse sur saint Augustin, en citant ses œuvres principales et leurs caractéristiques : cela représente en tout « plus de mille publications subdivisées en écrits philosophiques, apologétiques, doctrinaux, moraux, monastiques, exégétiques, anti-hérétiques, en plus des lettres et des homélies ».

Il ouvre à l’intelligence des Écritures

En français, le pape disait : « Je salue les pèlerins francophones, en particulier les nombreux jeunes des écoles, collèges et lycées de France, notamment ceux de Fénelon Sainte-Marie et de Gerson. Je vous encourage à fréquenter saint Augustin, afin qu’il vous ouvre à l’intelligence des Écritures et qu’il fortifie votre attachement au Christ. Avec ma Bénédiction apostolique ».

Il avait annoncé la reprise de ses catéchèses sur saint Augustin, interrompues en raison du mercredi des Cendres et de la semaine de retraite au Vatican. Sa troisième catéchèse date du 30 janvier.

Benoît XVI a évoqué les « Confessions » et les « Rétractations » : « Nous reprenons aujourd’hui notre parcours catéchétique sur saint Augustin. De tous les Pères de l’Église, il est celui qui a laissé l’œuvre la plus vaste. Parmi les textes les plus importants, il faut d’abord mentionner ‘Les confessions’, grâce auxquelles nous pouvons suivre pas à pas le chemin intérieur de cet homme passionné de Dieu ».

En italien, le pape précisait qu’elles ont été « écrites en treize livres entre 397 et 400 pour louer à Dieu ».

« Elles sont une sorte d’autobiographie sous forme de dialogue avec Dieu, ajoutait le pape. Ce genre littéraire reflète précisément la vie de saint Augustin, une vie qui n’était pas refermée sur elle, dispersée en tant de choses, mais vécue substantiellement comme un dialogue avec Dieu, et ainsi une vie avec les autres ».

« ‘Confessiones‘ indique, en premier lieu, la confession des propres faiblesses, de la misère des péchés ; mais, dans le même temps, ‘confessiones‘ signifie louange de Dieu, reconnaissance à Dieu. Voir sa propre misère à la lumière de Dieu devient louange à Dieu et action de grâce, car Dieu nous aime et nous accepte, nous transforme et nous élève vers lui-même », a expliqué le pape.

Benoît XVI a précisé que « Sur ces ‘confessiones‘ qui eurent un grand succès déjà pendant la vie de saint Augustin, il a lui-même écrit : ‘Elles ont exercé sur moi une profonde action alors que je les écrivais et elles l’exercent encore quand je les relis. Il y a de nombreux frères à qui ces œuvres plaisent’ (Retractationes, II, 6) »

« …et je dois dire que je suis moi aussi l’un de ces ‘frères’ », a commenté le pape.

Quant aux « Rétractations », « écrites à la fin de sa vie, dans lesquelles l’évêque d’Hippone revient sur l’ensemble de son œuvre écrite », elles « laissent un document précieux et un beau témoignage d’humilité intellectuelle », soulignait le pape.

Un livre pour « bien définir la vraie laïcité »

A propos de « La Cité de Dieu » (De civitate Dei), le pape rappelait que l’ouvrage « évoque l’histoire de l’humanité gouvernée par la Providence divine, mais où s’opposent deux amours : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi ».

Le pape n’hésite pas à le qualifier de « grand livre », et même d’ « œuvre imposante et décisive pour le développement de la pensée politique occidentale et pour la théologie chrétienne de l’histoire ». Le livre a été écrit entre 413 et 426 en vingt-deux livres.

Dans le « De civitate Dei », saint Augustin clarifie « ce que nous devons attendre ou pas de Dieu, quelle est la relation entre le domaine politique et le domaine de la foi, de l’Eglise. Ce livre est aujourd’hui encore une source pour bien définir la vraie laïcité et la compétence de l’Eglise, la grande et vraie espérance que nous donne la foi ».

La sollicitude du pasteur

Benoît XVI cite également des « ouvrages doctrinaux importants » : « Le « De la Trinité » ou « De la Doctrine chrétienne » mais il souligne qu’Augustin ne leur « donna jamais la priorité sur la rédaction d’œuvres de portée plus pastorale ».

« Rédigés à l’intention des gens les plus simples, pour les catéchiser ou pour préserver les fidèles de l’hérésie, ces écrits [pastoraux] nous font voir la sollicitude du pasteur et son souci d’annoncer l’Évangile », souligne le pape.

Il donne ces chiffres impressionnants : « De ses quarante années de prédication, il nous reste près de six cents homélies. Trois cents lettres complètent ce trésor à travers lequel saint Augustin nous demeure présent, nous enseigne l’Écriture et édifie l’Église ».

Dans l’assistance, le pape a salué un groupe de pèlerins de la ville où repose saint Augustin, Pavie, près de Milan, en Italie du Nord : le pape s’y est rendu en visite pastorale les 21 et 22 avril 2007, laissant un beau volume de commentaires de saint Augustin (cf. en particulier Zenit du 27 avril 2007).

Anita S. Bourdin

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ZENIT Staff

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