En recevant des moines et moniales bénédictins dans la Salle du Consistoire le lundi 30 mars 2026, Léon XIV a rappelé que la vie cloîtrée, loin d’être retirée du monde, constitue une mission essentielle pour l’Église, enracinée dans la prière, la vie communautaire et le service discret de l’humanité. Nous publions ci-dessous le discours du Saint-Père aux membres de la communauté monastique de l’Abbaye Sainte-Scholastique à Subiaco ; de la communauté monastique de l’Abbaye Sainte-Marie-du-Mont à Cesena et aux moniales bénédictines de l’Abbaye Sainte-Scholastique à Bari.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
La paix soit avec vous !
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Je suis heureux de cette rencontre, qui nous permet de réfléchir ensemble à la valeur du charisme bénédictin dans votre vie, dans la vie de l’Église et dans le monde.

En identifiant les « instruments des bonnes œuvres », saint Benoît, au chapitre IV de sa Règle, exhorte à « veiller sur chacun de nos actes ». Vous, moniales bénédictines contemplatives, moines bénédictins, savez combien la prière et la lecture priante de la Parole de Dieu, notamment dans la Lectio divina, aident à cette vigilance. Elles permettent de reconnaître la vérité sur soi-même, d’accueillir ses faiblesses et ses péchés, et de rendre grâce pour les bénédictions du Seigneur. Ainsi grandit en nous le désir de lui appartenir et se confirme le vœu de notre consécration.
La Sainte Écriture doit donc toujours être « la nourriture de votre contemplation et de votre vie quotidienne », afin que vous puissiez partager cette expérience transformante.
Cependant, le chemin de sanctification d’une personne consacrée ne peut se réduire à un parcours individuel. Il possède une dimension communautaire essentielle, où l’annonce de la libération pascale se concrétise dans le service fraternel, reflet de l’amour universel du Christ.
Dans ce sens, la synodalité se vit au monastère dans le « marcher ensemble » quotidien : écoute mutuelle, discernement sous la conduite de l’Esprit Saint, communion avec l’Église locale et la famille bénédictine. Elle s’exprime dans la prière commune, les décisions partagées, et le dialogue entre autorité et obéissance pour chercher ensemble la volonté de Dieu.
La vie monastique n’est pas une fermeture au monde : elle est un moyen de faire grandir un amour semblable à celui du Christ, prêt au partage et à l’aide. Elle devient ainsi un modèle pour tout le peuple de Dieu, rappelant que la mission est d’abord une manière d’être.
On peut évoquer ici un aspect propre à la mission cloîtrée : l’intercession. Par la prière, unie au Christ médiateur, vous portez devant Dieu les joies et les souffrances de l’humanité. Intercéder, c’est avoir un cœur en harmonie avec la miséricorde divine.
La prophétesse Anne en est un exemple : elle servait Dieu nuit et jour dans la prière, reconnaissant dans l’enfant Jésus le Messie et annonçant l’espérance à son peuple.
Enfin, je voudrais évoquer la formation permanente, si nécessaire aujourd’hui. Elle consiste à « connaître l’amour du Christ qui dépasse toute connaissance » et permet à la vie consacrée de mieux servir l’Église et le monde. Toute la communauté y participe à travers la prière, la Parole, les célébrations et le partage fraternel.
Chers frères et sœurs, merci pour le bien immense et caché que vous faites à l’Église par votre prière, votre offrande et votre témoignage. Continuez cette œuvre, qui est véritablement « l’œuvre de Dieu ».
Je vous confie à la Vierge Marie, à saint Benoît, à sainte Scholastique et à tous les saints bénédictins, et je vous bénis de tout cœur.
Traduction réalisée par ZENIT




