(ZENIT News – OMPress / Madrid, 29.03.2026). – Les Œuvres pontificales missionnaires ont interviewé Federico Highton, prêtre argentin, fondateur de la société de vie apostolique « Ordre de Saint Élie », né au Tibet, dont le charisme est de proclamer hardiment Jésus, là où il n’a jamais été mentionné.
Dans cet entretien, le père Highton raconte comment est née sa vocation missionnaire. Il se souvient que, lors de sa préparation à la première communion à l’école La Salle de Buenos Aires, ils chantaient le cantique « Âme missionnaire ». « Nous l’avons chanté un nombre incalculable de fois », explique-t-il, « et c’était bouleversant. Les paroles de ce chant résonnaient profondément en moi, et je me suis dit : « Je veux vivre ce que nous chantons. » Et il me semblait que tous ceux qui m’entouraient aspiraient à la même chose. » Le temps passa et il envisagea diverses voies, mais cette vocation revenait sans cesse, et finalement, « après des heures de méditation, la conclusion fut : je veux être missionnaire. Un livre d’Antonio Caponnetto, « Le devoir chrétien de lutter », m’a beaucoup aidé. Ce n’est pas un livre qui traite directement des missions, mais il exalte le caractère épique du catholicisme – le caractère de lutte, d’héroïsme, de tout sacrifice pour la gloire de Dieu… » Comme il le dit lui-même, ce n’était pas une vocation tardive, mais presque, puisqu’il entra au séminaire « déjà avocat à l’âge de 24 ans ».
Lors de la fondation de l’« Ordre de Saint-Élie », le père Highton a reconnu que trois saints avaient influencé son organisation. Les deux premiers, saint Paul et saint François-Xavier, furent choisis, entre autres, parce qu’« ils partagent un trait commun : l’itinérance. Saint François-Xavier fut missionnaire itinérant pendant onze ans. » Il en va de même pour saint Paul, « et de plus, la mission de notre Seigneur Jésus-Christ était itinérante », un détail que le père Highton souligne dans l’exhortation apostolique du pape François, Evangelii Gaudium. Le troisième saint, bien sûr, était saint Élie, qui « prêcha aux tyrans, aux tyrans de l’Ancien Testament, à la tyranne Jézabel… », une prédication empreinte d’un courage exceptionnel.
Le 3 février 2016, après sept mois de discernement, raconte le prêtre, l’Église a approuvé cette nouvelle société apostolique, née dans l’Himalaya avec pour mission « d’annoncer l’Évangile avec audace ». Depuis, ils ont dressé une liste des peuples non évangélisés afin de mieux cerner leur mission : « Aujourd’hui, nous avons réduit cette liste à 163 tribus ou groupes ethniques », dont certains se trouvent « au Tibet chinois, d’autres dans la sphère d’influence tibétaine mais hors de Chine, d’autres encore au Laos, au Myanmar… ». Interrogé sur la prudence dans l’annonce de Jésus-Christ, le missionnaire argentin souligne que la prudence est « la vertu qui nous guide à chaque instant ». Le don du conseil du Saint-Esprit y joue également un rôle. De plus, « tout repose sur le dialogue avec les personnes, sur un dialogue amical. Comme le disait le père Mateo Ricci, la clé de la mission, c’est l’amitié. Un dialogue amical qui nous permet de découvrir ce qui intéresse l’autre, les germes de la Parole, les semina verbi, la culture que nous allons évangéliser, et à partir de là, nous pouvons communiquer la plénitude de la vérité, c’est-à-dire Jésus-Christ lui-même. »
Il affirme clairement que « l’Esprit Saint est le protagoniste de la mission ; nous ne sommes qu’un second rôle ». Et il s’est laissé inspirer par l’Esprit Saint dans sa mission itinérante, de l’Himalaya à l’archipel du Svalbard en Norvège, et jusqu’au Pakistan. C’est dans ce dernier lieu qu’ils ont été confrontés à la réalité de l’esclavage. En guise de conclusion à l’entretien, le père Federico encourage chacun à œuvrer « avec héroïsme pour susciter un nouvel élan missionnaire. Au XIXe siècle, et surtout au début du XXe, il y a eu un véritable essor missionnaire. D’innombrables missionnaires venus d’Allemagne, d’Espagne, de France et des Pays-Bas se sont rendus dans les endroits les plus reculés de la terre, sont morts en martyrs, ont évangélisé et converti des foules. » Aujourd’hui, cet élan s’est estompé, mais plutôt que de s’attarder sur le passé, il nous encourage à susciter un nouvel élan missionnaire.
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