Première publication le 7 avril 2026 par Cathobel
Par Clément Laloyaux
Après avoir célébré Pâques à Rome, le cardinal Dominique Mathieu adresse une lettre aux fidèles de son diocèse de Téhéran-Ispahan, qui regroupe les catholiques de rite latin d’Iran. Contraint de quitter le pays en raison du conflit en cours, l’archevêque leur assure sa proximité spirituelle : « Même si je suis loin de vous, je sais qu’en Christ, nous sommes véritablement unis ».
Dans sa lettre, rendue publique par l’agence de presse Fides, l’archevêque de Téhéran-Ispahan revient d’abord sur l’expérience pascale particulière qu’il a vécue cette cette année, marquée par l’éloignement forcé de son diocèse : « Je me trouve loin de vous, troupeau qui m’est confié, séparé par les événements de la guerre, dans l’attente de pouvoir vous retrouver. »
En raison du conflit qui secoue l’Iran depuis le 28 février et le déclenchement de l’opération militaire israélo-américaine, le cardinal belge a dû être évacué avec le personnel de l’ambassade d’Italie. Arrivé à Rome le 8 mars « non sans regret et peine », il demeure aujourd’hui éloigné de son diocèse, qui compte environ 3.500 catholiques, dont 1.300 latins.
Une distance qui n’a toutefois pas empêché une profonde communion spirituelle depuis Rome, vécue de manière intense durant la Vigile pascale de la Sainte nuit, présidée par le pape Léon XIV: « J’ai célébré la Veillée pascale en vous portant tous dans mon cœur : loin de mon troupeau, mais précisément pour cette raison, d’une manière mystérieuse, proche de chacun d’entre vous. »
Unis dans l’Eucharistie
C’est donc à Rome, sous la coupole de la basilique Saint-Pierre, que le cardinal a inauguré la célébration de la fête de Pâques. Une expérience ecclésiale forte vécue « en communion visible avec le Successeur de Pierre et avec toute la catholicité », mais aussi marquée par un certain paradoxe : « Près du Pasteur de l’Église… et pourtant loin du troupeau que le Seigneur m’a confié ».
L’occasion pour le cardinal Mathieu d’expérimenter l’éloignement « non pas comme une séparation infranchissable, mais comme un pont » qui unit tous les chrétiens dans le Christ. « Dans la communion des saints et dans la grâce des sacrements, surtout dans l’Eucharistie, nous sommes véritablement unis, même lorsque nous ne pouvons l’être de manière visible« , souligne-t-il. « Ce qui apparaît aux yeux comme une distance, dans la foi, devient communion ».
« Ce qui apparaît aux yeux comme une distance, dans la foi, devient communion ».
Une espérance pascale tournée vers les retrouvailles
S’appuyant sur le récit de la Résurrection dans l’Évangile selon saint Matthieu, le cardinal évoque les femmes provenant du tombeau, leur passage de la peur à la joie, puis la rencontre avec le Christ ressuscité qui les envoie vers les disciples : « Allez dire à mes frères qu’ils se rendent en Galilée ; là ils me verront » [Mt 28, 8-15]
C’est dans ce contexte qu’apparaît la référence à la « Galilée », présentée comme le lieu du rendez-vous donné par le Ressuscité : un lieu de commencement, d’appel et de vie concrète.
Alors que l’Iran continue d’être bombardé, le cardinal reprend cette image pour les fidèles de son diocèse :
« Très chers amis, pour nous aussi, il y a une « Galilée » : ce sera le jour où, si Dieu le veut, nous pourrons nous retrouver. Mais dès à présent, sous cette coupole qui rappelle l’unité de l’Église et alors que je suis loin de vous, je sais que, dans le Christ, nous sommes réellement unis. »
Il conclut sa lettre par ces mots :
« En Christ, vivant et ressuscité, la proximité et l’éloignement se transfigurent. Il ne reste que Lui, qui nous unit, nous garde et nous guide, jusqu’à ce que nous puissions être à nouveau rassemblés comme un seul troupeau sous un seul Pasteur. »
Clément Laloyaux avec Fides et Vatican News
