Votes sur "l'aide à mourir " et les soins palliatifs ce 25 février 2026 © eglise.catholique.fr

Votes sur "l'aide à mourir " et les soins palliatifs ce 25 février 2026 © eglise.catholique.fr

L’euthanasie et le suicide assisté votés à l’Assemblée nationale : l’Église de France réagit

Les évêques déplorent « ce basculement anthropologique » de « l’aide à mourir », mais saluent le vote sur les soins palliatifs 

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Ce mercredi 25 février 2026, l’Assemblée nationale en France a adopté en seconde lecture deux propositions de loi, l’une sur les soins palliatifs et l’autre sur « l’aide à mourir », incluant l’euthanasie et le suicide assisté. Ces deux textes ne sont cependant pas adoptés définitivement : ils seront examinés une nouvelle fois au Sénat du 1er au 3 avril.

Le projet de loi sur les soins palliatifs a été adopté à l’unanimité avec 491 voix sur 491, un vote largement salué par la Conférence des évêques de France. Dans un communiqué publié ce 27 février, les évêques rappellent l’importance de ces soins, indispensables « pour garantir le soulagement de la douleur et l’accompagnement digne de toute personne en fin de vie (…). Leur développement effectif sur l’ensemble du territoire demeure une exigence prioritaire et un impératif de justice ».

Pour Mgr Grégoire Drouot, évêque de Nevers, ce vote positif montre qu’il y a « un véritable engagement à soutenir les soins palliatifs pour qu’ils puissent se développer. En tant que chrétiens – et humains – nous voulons promouvoir l’accompagnement des personnes en fin de vie. J’espère de tout cœur qu’il y aura un engagement politique et financier pour que ces soins palliatifs se développent plus largement ». 

« Donner délibérément la mort ne saurait constituer un progrès humain » 
Prochain passage au Sénat, 1-3 avril 2026 © lcp.f

Prochain passage au Sénat, 1-3 avril 2026 © lcp.f

En ce qui concerne le projet de loi sur « l’aide à mourir », 299 parlementaires sur 226 ont été favorables mercredi dernier à ce texte, qui vise à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. L’écart assez faible dans les votes révèle une fracture évidente au sein de la société française dans ce domaine.

Les évêques français réaffirment quant à eux leur « profonde opposition », et parlent d’une rupture irréversible avec les fondements éthiques de la société. Ils annoncent qu’ils continueront à dénoncer ce projet de loi, car « donner délibérément la mort ne saurait constituer un progrès humain ».

Ils comptent également « sur la suite du processus parlementaire pour réaffirmer qu’une société véritablement fraternelle se reconnaît à la manière dont elle entoure les plus fragiles, non à la facilité avec laquelle elle accepte de provoquer leur mort ». Et ils ajoutent : « Légaliser l’aide à mourir ne relève pas d’un simple ajustement technique du droit : il s’agit en réalité d’un basculement anthropologique qui modifie en profondeur les repères de la société. »

« Chercher à ce que la mort provoquée ne puisse entrer dans le droit français »

Depuis plusieurs mois, ce projet de loi connaît des oppositions non seulement de la part des catholiques, mais aussi de la part des non-croyants. Lors de son passage au Sénat le 21 janvier dernier, l’article central du texte sur « l’aide à mourir » a été rejeté par la majorité des sénateurs, ce qui était totalement inédit.

Beaucoup s’accordent aujourd’hui pour dire que ce texte législatif va à l’encontre de toute dignité humaine, et qu’il représente un danger majeur pour l’avenir de la société. Un grand nombre de français s’investissent par ailleurs pour rappeler l’évidence de la primauté et la beauté de la vie. « Ce n’est pas une histoire de religion ou de foi. C’est d’abord une histoire d’intelligence humaine » commente Mgr Olivier de Cagny, évêque d’Évreux.

Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et porte-parole des évêques de France sur la fin de vie, a confié aux médias du Vatican que ce « vote a été plus resserré qu’il n’était la fois précédente de l’Assemblée, donc nous sommes dans un processus où, avec beaucoup d’autres, les chrétiens vont s’engager pour promouvoir les soins palliatifs, et chercher à ce que la mort provoquée ne puisse pas entrer dans le droit français ».

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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