Rome

Rome, la ville qui attire les saints

Des apôtres Pierre et Paul jusqu’aux témoins de notre époque, la Ville éternelle a accueilli d’innombrables saints. Jean-Luc Moens nous guide sur leurs traces.

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Il y a des villes qui suscitent particulièrement la sainteté. Ou qui attirent les saintes et les saints… En la matière, aucune ville ne peut rivaliser avec Rome. Ancien modérateur de CHARIS, le service international du Renouveau charismatique, animateur de pèlerinages, Jean-Luc Moens se fait notre guide.

Il n’y a aucune ville dans le monde qui peut rivaliser avec Rome quant au nombre de saints qui y ont vécu ou qui y sont venus en pèlerinage. J’ai eu l’occasion de m’en rendre compte pendant les 15 années que j’ai passées dans cette ville magnifique: en me baladant dans les rues et en visitant d’innombrables églises, j’ai découvert des trésors – parfois peu connus – de sainteté.

Il y a d’abord les innombrables martyrs de l’époque romaine. On trouve leurs traces un peu partout dans la cité. Cela a commencé par la persécution de Néron en 64 au cours de laquelle Pierre et Paul ont perdu la vie. Beaucoup ont été crucifiés sur la colline du Vatican, les jardins de Néron – aujourd’hui le centre de la catholicité! Il y a ensuite les saints qui ont vécu à Rome, qui ont évangélisé la ville et qui y sont morts. Ils sont extrêmement nombreux et couvrent toutes les époques. Il n’y a pas seulement les églises où ils ont prié et où ils sont enterrés, mais on peut aussi souvent visiter la chambre où ils ont vécu et où ils sont passés de ce monde au ciel. Il y a enfin les saints qui sont venus à Rome soit pour un pèlerinage, soit pour rencontrer le pape, soit pour fonder une maison de leur congrégation. Ici aussi, il y a une grande diversité.

Je vous propose dans cet article de découvrir dix saints qui couvrent ces trois typologies et qui montrent aussi que la sainteté à Rome a commencé dès les apôtres et continue jusqu’à nos jours.

Un dossier réalisé par Jean-Luc MOENS

Pierre, Paul et les premiers martyrs (+64)

Pierre et PaulAu début de notre ère, l’Empire romain règne sur le monde connu. Il est important pour la foi chrétienne de venir à Rome, la capitale de l’empire, pour rayonner et annoncer la Bonne Nouvelle. Pierre et Paul décident d’y venir. Pierre arrive librement et s’installe dans le quartier juif de la ville. Paul arrive comme prisonnier. Il y a déjà dans la ville de nombreux chrétiens, surtout parmi les juifs. En 64, un grand incendie ravage une bonne partie de la ville dont les maisons sont construites essentiellement en bois. C’est un immense malheur. Le peuple de Rome cherche un coupable. Le bruit commence à courir que c’est l’empereur Néron lui-même qui est à l’origine de l’incendie pour agrandir ses propriétés. La rumeur enfle. Comment l’arrêter? Néron cherche un bouc émissaire et il le trouve dans la paisible communauté chrétienne. Il accuse les chrétiens d’être à l’origine de l’incendie. Ils vont être des milliers à mourir martyrs, et avec eux, Pierre et Paul.

François d’Assise (1181-1226)

François d'AssiseEn 1205, Francesco Bernardone est en prière dans l’église en ruine de San Damiano. Le vieux crucifix de l’église lui parle: “François, répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines.” Il se met au travail. Des jeunes hommes d’Assise voient la radicalité de François qui a épousé Dame Pauvreté. Ils se joignent à lui. Leur groupe devient une petite communauté qui a besoin d’une règle. Il faut aller à Rome pour obtenir l’approbation du pape. François arrive dans la ville en 1209. Il est logé près du port de Ripa, là où les bénédictins accueillaient les pauvres. Sa chambre a été préservée jusqu’à aujourd’hui! Il rencontre Innocent IV qui l’accueille froidement. La nuit suivante, le pape fait un rêve: il voit sa cathédrale, la basilique du Latran, qui est en train de s’écrouler et François qui la restaure! Un rêve qui redit la parole de Jésus à San Damiano! Innocent IV rappelle François et approuve sa règle. Le lieu où François a logé à Rome est devenu une église, la première au monde à être dédiée au Poverello: San Francesco a Ripa.

Brigitte de Suède (1303-1373)

Brigitte de SuedeBrigitte est une femme mariée, mère de famille nombreuse: huit enfants. Avec son mari Ulf, elle entre dans le tiers-ordre franciscain. Veuve en 1344, elle fonde un monastère à Vadstena.

En 1350, elle vient à Rome pour le Grand Jubilé. Elle va y passer 20 ans, rapidement rejointe par sa fille, sainte Catherine de Suède. A deux, elles vont prier dans toutes les églises de Rome, elles font de nombreux pèlerinages: Terre Sainte, Notre Dame de Loreto… A Saint Paul-hors-les-Murs, est conservé le crucifix miraculeux devant lequel Brigitte a reçu, dans une extase, la révélation de ses Quinze Oraisons ainsi que l’approbation de son ordre du saint Sauveur. Brigitte est en contact avec les papes de son époque qu’elle exhorte à retourner à Rome: Clément VI, le bienheureux Urbain V qui l’apprécie beaucoup, et Grégoire XI. Mais c’est finalement quatre ans après sa mort que le pape Grégoire XI reviendra d’Avignon.

Catherine de Sienne (1347-1380)

Catherine de SienneCatherine est la benjamine de 24 enfants. Elle reçoit ses premières grâces mystiques à l’âge de 6 ans.

A 7 ans, elle fait vœu de virginité. En 1365, elle devient tertiaire dominicaine. A 21 ans, Catherine reçoit la grâce du mariage mystique. Un groupe se forme autour d’elle. On les appelle les « caterini » (ceux de Catherine). Ils accompagnent Catherine dans ses voyages qui sont aussi des voyages apostoliques.

A Rome, elle vit à deux pas du Panthéon. En juin 1376, Catherine est à Avignon à la cour du pape Grégoire XI. Elle obtient une audience avec lui pour lui demander de rentrer à Rome. En 1377, elle obtient gain de cause et peut enfin accueillir le pape à Rome. Elle meurt trois ans plus tard et elle est enterrée dans l’église des dominicains au centre de Rome: santa Maria sopra Minerva. Son corps repose sous le maître autel et les fidèles peuvent aller prier jusque sous l’autel! En reconnaissance, Rome a choisi Catherine comme patronne.

Françoise Romaine (1384-1440)

Françoise RomaineFrancesca Bussa de Buxis désire se consacrer à Dieu dès son enfance, mais son père veut la marier à Lorenzo Ponziani. Le directeur spirituel de Françoise la convainc d’accepter. Mais, mariée très jeune, elle déprime. Saint Alexis lui apparaît: “Tu dois vivre, le Seigneur veut que tu vives pour glorifier son nom.” Tout change, et à 16 ans, elle a le premier de ses six enfants. La pauvreté autour d’elle est terrible. Avec sa belle-sœur, elle fait de son mieux pour servir les miséreux. Un jour, elle donne toute la nourriture du garde-manger de la maison. Son beau-père est furieux. Le lendemain, miracle: le garde-manger est de nouveau plein! Avec l’accord de son mari, elle vend tous ses bijoux et donne l’argent aux pauvres. Elle s’habille d’une simple bure. Elle mendie aussi pour ses pauvres. Le peuple de Rome la surnomme « la pauvrette du Trastevere ». Françoise reçoit des grâces célestes, dont celle de voir perpétuellement son ange gardien. Après la mort de son mari, elle fonde un couvent de religieuses, les Oblates Olivetaines de Marie qui n’existent qu’à Rome. Aujourd’hui, la maison de Françoise est devenue un hôtel chic du Trastevere!

Philippe Neri (1515-1595)

Philippe NeriBien que né à Florence, Philippe a passé presque toute sa vie à Rome. Il y arrive jeune homme et se met au service des pèlerins pauvres et malades. Sa joie attire les jeunes. “Quand allons-nous commencer à faire le bien?”, leur demande-t-il. En 1544, il fait une expérience de l’amour de Dieu dans les catacombes de saint Sébastien. Il devient un apôtre de feu. Son directeur spirituel le pousse à accepter le sacerdoce. Philippe est ordonné en 1551, à 35 ans. Une fois prêtre, Philippe base son apostolat sur la confession et l’eucharistie. Sa chambre au-dessus de l’église San Girolamo della Carità est toujours ouverte aux pénitents, surtout des jeunes, y compris la nuit. Il lance le pèlerinage des sept églises qui connaît un immense succès. Ignace de Loyola y participe avec ses compagnons. Philippe reçoit des grâces mystiques extraordinaires comme la lévitation qui attire les foules. Il ressuscite le petit Paolo Massimo pour qu’il puisse se confesser. Des jeunes sont attirés par l’exemple de Philippe. Cette compagnie devient la congrégation de l’Oratoire.

Camille de Lellis (1550-1614)

Camille de LellisCamille, un géant de deux mètres, est soldat. Il est aussi pris par le démon du jeu au point d’y perdre son épée. Atteint d’une blessure inguérissable à la jambe, il se convertit à San Giovanni Rotondo, dans le couvent qu’occupera plus tard Padre Pio. Il a 25 ans. La blessure de Camille l’oblige à séjourner beaucoup à l’hôpital. Il arrive donc en 1575 à l’hôpital Saint-Jacques des Incurables à Rome. Il voit la détresse des malades et décide de se consacrer à les soigner. Philippe Neri est son directeur spirituel. Camille s’engage dans l’hôpital Santo Spirito, le long du Tibre. Lors d’une crue, il évacue les malades sur ses épaules. Il force l’admiration du peuple de Rome. L’exemple de Camille fait école. Des hommes viennent servir les malades avec lui. C’est la fondation des Ministres des malades, les Camilliens, qui portent sur leur habit une grande croix rouge. La nouvelle congrégation s’installe dans les bâtiments de l’église Santa Maddalena, et c’est là qu’il meurt en 1614.

Joseph Calasanz (1557-1648)

Joseph CalasanzJosé Calasanz est né en Catalogne. Ordonné prêtre, il monte à Rome. Il devient Giuseppe Calasanzio. Dans les rues du Trastevere, il voit les enfants miséreux et désœuvrés. Personne ne s’occupe d’eux. Il a l’idée de créer pour eux la première école gratuite, dans les locaux de la paroisse sainte Dorothée. L’œuvre grandit vite: ce sont les écoles pieuses. Joseph déménage au centre de Rome dans les locaux attenants à l’église San Pantaleo. Des hommes s’engagent avec lui. Ils deviendront les clercs réguliers pauvres de la Mère de Dieu des Ecoles Pieuses: les piaristes. Joseph fait des miracles avec ces enfants. Il guérit, par exemple, un enfant qui a perdu un œil dans une bagarre. Mais il y a des envieux. Un membre de sa congrégation le dénonce injustement à l’Inquisition. Joseph est arrêté. Son œuvre démantelée. Il perd tout. On l’appelle le Job du Nouveau Testament. Après sa mort, la vérité éclate. L’œuvre est restaurée. Sa chambre a été conservée, intacte.

Elisabetta Canori Mora (1774-1825)

Elisabetta CanorimoraElisabetta Canori épouse à 22 ans le jeune avocat Cristoforo Mora qui est infidèle. Il a une maîtresse avec laquelle il trompe sa femme pendant les 27 années de leur vie conjugale. La vie d’Elisabetta est un véritable calvaire, mais elle tient bon dans la prière et l’exercice des bonnes œuvres. Sa belle-famille la persécute. Elle adhère au tiers-ordre des Trinitaires et est bientôt favorisée de grâces mystiques. Elisabetta prie pour la conversion de son mari. Elle prie aussi pour sa maîtresse. Un jour, elle prédit à Christophe qu’après sa mort, il deviendra prêtre. En 1824, Elisabeth meurt. Christophe réalise tout le mal qu’il lui a fait et commence un vrai chemin de conversion. Il est ordonné prêtre en 1834. Elisabetta Canori Mora est enterrée dans la magnifique petite église du Borromini, San Carlo alle Quattro Fontane, près du Quirinal.

Elle est la patronne des couples en difficulté.

Luigi et Maria Beltrame-Quattrocchi (1880-1951; 1884-1965)

Luigi et Maria Beltrame QuattrocchiLuigi et Maria se rencontrent à Rome en 1902. C’est Maria qui amène Luigi à la foi. Le mariage est célébré le 25 novembre 1905. Luigi et Maria comprennent que leur amour conjugal et familial sera leur chemin de sainteté. Luigi entame une carrière d’avocat. Il finira sa carrière comme avocat général de l’Etat. Très vite, des enfants viennent combler les jeunes époux. La quatrième grossesse est très difficile à cause d’un placenta prævia. Luigi et Maria se donnent entièrement à leur mission de parents, d’éducateurs. Ils font confiance au Seigneur pour accomplir cette tâche. Pendant la Première Guerre mondiale, Luigi et Maria s’engagent à fond dans l’assistance aux soldats blessés et aux familles en difficulté. En 1922, trois de leurs enfants leur annoncent leur appel à se consacrer totalement à Dieu. La dernière entrera elle aussi dans un institut séculier. Lors de la Seconde Guerre mondiale, ils sauvent plus de cent-cinquante vies de la persécution nazie. Luigi et Maria sont les premiers époux à être béatifiés comme couple.

Un pèlerinage sur les traces des saints ?

Jean-Luc Moens organise deux pèlerinages: du 3 au 7 mai et du 23 au 27 septembre. “Nous aurons la joie d’approcher ces saints, de visiter les lieux où ils ont prié, où ils ont servi les pauvres, où ils sont passés de ce monde au ciel”, annonce Jean-Luc Moens. Les participants seront logés à la maison d’accueil Saint-Joseph, située au cœur de Rome dans le magnifique domaine de la Trinité des Monts.

Infos et inscriptions: trinitadeimonti.net/evenements/pelerinage-sur-les-pas-des-saints-2026.

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