50 Fécondité du mariage
Notre Constitution affirme d’emblée, au §1 : « Le mariage et l’amour conjugal sont d’eux-mêmes ordonnés à la procréation et à l’éducation. D’ailleurs, les enfants sont le don le plus excellent du mariage et ils contribuent grandement au bien des parents eux-mêmes ». Ce début corrobore la doctrine classique du catholicisme concernant la fin la plus importante du mariage. Mais il n’en reste pas là, comme nous l’avons vu pour d’autres textes : dans le passage qui suit, il évoque les autres fins du mariage qu’il ne faut pas sous-estimer. Il y ajoute de plus l’idée que la procréation doit permettre d’amplifier l’œuvre salvatrice de Dieu. Il étaye sa position en citant la comparaison paulinienne de l’union conjugale à celle du Christ à son Église (Eph 5, 25-23).
Voici ce qui est dit, toujours dans le §1 :
« Dès lors, un amour conjugal vrai et bien compris, comme toute la structure de la vie familiale qui en découle, tendent, sans sous-estimer pour autant les autres fins du mariage, à rendre les époux disponibles pour coopérer courageusement à l’amour du Créateur et du Sauveur qui, par eux, veut sans cesse agrandir et enrichir sa propre famille ».
Le §2 lie le fait de transmettre la vie et de l’éduquer, comme mission propre des époux, à l’amour du Dieu Créateur auquel ils deviennent de fait coopérateurs. Pour s’acquitter de la charge, la constitution préconise :
« ils prendront en considération à la fois et leur bien et celui des enfants déjà nés ou à naître ; ils discerneront les conditions aussi bien matérielles que spirituelles de leur époque et de leur situation ; ils tiendront compte enfin du bien de la communauté familiale, des besoins de la société temporelle et de l’Église elle-même. Ce jugement, ce sont en dernier ressort les époux eux-mêmes qui doivent l’arrêter devant Dieu.
Il y a donc une incitation à une paternité responsable, qui doit toujours laisser subsister l’esprit de sacrifice. Ce qui peut pousser certains couples à « élever dignement un plus grand nombre d’enfants ».
Et le §3 de préciser : « Le mariage cependant n’est pas institué en vue de la seule procréation. … C’est pourquoi, même si … il n’y a pas d’enfant, le mariage, comme communauté et communion de toute la vie, demeure, et il garde sa valeur et son indissolubilité. » Nous avons là une reprise des conséquences de la théologie du corps de Jean Paul II, bien que ce texte concerne essentiellement les couples qui désirent avoir un enfant et ne peuvent pas.
Cela devrait aussi faire réfléchir les couples catholiques qui ont recours à la PMA. L’assistance médicale à la procréation pose de nombreux problèmes qui hélas ne sont pas assez expliqués. Il faudrait réhabiliter et faciliter l’adoption, surtout si l’on souhaite une société qui ne facilite pas l’avortement.
51 L’amour conjugal et le respect de la vie humaine
Au §1, les Pères affirment : « Le Concile ne l’ignore pas, les époux qui veulent conduire harmonieusement leur vie conjugale se heurtent souvent de nos jours à certaines conditions de vie et peuvent se trouver dans une situation où il ne leur est pas possible, au moins pour un temps, d’accroître le nombre de leurs enfants » La grande question sociale de l’après-guerre, malgré ce qu’on a appelé les trente glorieuses, dont l’année 1965 faisait partie, était celle du logement. Il fallait reconstruire ce que la guerre avait détruit et faire face au « baby-boom ». En ce qui concerne les pays non-communistes, on ne peut pas parler de véritable misère, surtout là où l’État avait une tradition de protection sociale, comme en France et en Allemagne. Mais on ne pouvait en dire autant des États-Unis. Avoir de nombreux enfants coûtait cher, bien qu’à l’époque, en France et dans d’autres pays d’Europe, chacun avait la facilité d’avoir recours sans crainte à l’école publique gratuite et aux crèches. Cela dit, ce sont ces questions qui ont fait penser à la limitation des naissances et à la contraception.
Le texte conciliaire montre qu’il est particulièrement conscient des difficultés des couples comme des dangers de fausses solutions. Il décrit ainsi la situation à laquelle un couple peut aboutir : « Là où l’intimité conjugale est interrompue, la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis : car en ce cas sont mises en péril et l’éducation des enfants et le courage nécessaire pour en accepter d’autres ultérieurement. » Aussi le Concile ne va pas hésiter à employer des termes très durs. En 1965, ces propos annonçaient ceux du pape François qui parlait de « tueurs à gages »).
Le §2 commence par la « solution » la plus grave : « Il en est qui osent apporter des solutions malhonnêtes à ces problèmes et même qui ne reculent pas devant le meurtre. Mais l’Église rappelle qu’il ne peut y avoir de véritable contradiction entre les lois divines qui régissent la transmission de la vie et celles qui favorisent l’amour conjugal authentique. » Le texte original latin utilise le terme « occisio ». Le latin classique ne distingue pas par un mot le meurtre de l’assassinat. Pour ce dernier cas plus grave, il faut utiliser une expression composée. Alors que pour l’avortement provoqué le latin utilise « abortus procuratus », ce qui montre que le Concile a interprété cette acte comme occisio, meurtre.
Le §3 va développer cette idée. Je cite les termes exacts qu’il emploie :
« En effet, Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie et l’homme doit s’en acquitter d’une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception. L’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables. La sexualité propre à l’homme, comme le pouvoir humain d’engendrer, l’emportent merveilleusement sur ce qui existe aux degrés inférieurs de la vie ; il s’ensuit que les actes spécifiques de la vie conjugale, accomplis selon l’authentique dignité humaine, doivent être eux-mêmes entourés d’un grand respect. »
Dès l’antiquité chrétienne, Tertullien (en 197) dans son Apologeticum 9,8 écrit : « Homicidii festinatio est prohibere nasci ; nec refert, natam quis eripiat animam an nascentem disturbet », ce qui veut dire : « C’est une anticipation de l’homicide que d’empêcher de naître ; peu importe qu’on arrache une âme née ou qu’on détruise, celle qui naît ». Vers 305, le concile d’Elvire (le plus ancien dont nous ayons les canons) écrire au canon 63, à propos des femmes qui tuent les enfants issus de l’adultère : « Si une femme a conçu un enfant par adultère en l’absence de son mari, et qu’ensuite elle l’a tué, il a été décidé qu’elle ne puisse pas reprendre la communion, même à l’heure de sa mort, parce qu’elle a péché deux fois. » Ce qui signifie excommunication à vie sans pardon possible.
Ensuite on ramènera ce temps à dix ans, avec tolérance au moment de la mort. On peut remarquer que le ce concile emploie le verbe necare dans le titre du canon : « Des femmes qui tuent leurs enfants ». En réalité, « necare » a une connotation de crime immoral et quand le canon évoque ce que fait la femme après son adultère, il qualifie l’acte de « facinus », crime très grave. Et en écrivant « et qu’ensuite elle l’a tué », c’est le verbe « occidere » qui est employé, signifiant tuer avec violence. Cela montre que le concile d’Elvire connaît encore les finesses du latin classique et qu’il les utilise pour manifester la gravité de l’avortement.
Mais bien avant Tertullien, la Didachè (1er siècle) condamnait l’avortement. Et après Elvire, saint Augustin fit de même, sans se préoccuper du moment de l’animation du fœtus. Le pape Innocent XI, en 1679, confirma cette position en condamnant l’avortement, indépendamment des controverses théologiques sur le moment de l’animation et en punissant l’acte d’excommunication automatique (latae sententiae), ce qui est encore confirmé par le dernier code de droit canon de 1983. Jusqu’en 2016, l’absolution était réservée aux évêques. Le pape François, lors de cette dernière année de la miséricorde, l’étendit à tous les prêtres.
La régulation des naissances est envisagée mais selon les règles fixées par le Magistère. Le Concile renvoie à l’encyclique de Pie XI Casti Connubii du 31 décembre 1930, dans la partie « l’abus du mariage » (Denz. §§ 3716-3718). Pie XI insiste sur la primauté absolue de la procréation au §3716 : « Puisque l’acte du mariage est par sa nature, même destiné à la génération des enfants, ceux qui, en l’accomplissant s’appliquent délibérément à lui enlever sa force et son efficacité, agissent contre la nature ; ils font une chose honteuse et intrinsèquement déshonnête. » Il s’appuie pour cette affirmation sur l’exégèse de saint Augustin de Genèse 38, 8-18, l’histoire d’Onan. Celui-ci qui jetait sa semence par terre pour ne pas féconder sa femme Tamar. Dieu le punit en le faisant mourir.
Cette exégèse est longtemps restée classique, mais est depuis plusieurs années soumise à discussion : quel est le vrai crime d’Onan ? Avoir jeté sa semence pour ne pas donner d’enfant à sa femme ? Ou ce faisant, de n’avoir pas respecté la loi du lévirat, car sa femme Tamar était la veuve de son frère, et la loi du lévirat (en latin beau-frère se dit levier) exigeait que le frère du défunt épousât sa veuve pour que le premier garçon à naître fût celui du défunt ; ainsi, son nom ne serait pas effacé de la surface de la terre. Et c’était important dans le monde religieux d’Onan, de l’antique religion juive qui ne croyait pas à la vie après la mort : cette croyance sera encore partagée par les sadducéens à l’époque de Jésus. Il y a donc là une question concernant la justification scripturaire donnée par Pie XI se basant sur l’exégèse de Saint Augustin. Car si le pape est incontestablement infaillible, ce n’est pas le cas de saint Augustin. À titre d’exemple, je rappelle que l’Église n’a pas retenu sa conception selon laquelle le péché originel s’était transmis par l’acte sexuel procréant !
Le §3717 confirme en quelque sorte le précédent puisqu’il semble bien que beaucoup de catholiques ne suivent pas ce principe, même des prêtres dans leur enseignement puisque Pie XI écrit : « Comme certains … ont jugé bon récemment de prêcher d’une façon retentissante sur ces pratiques une autre doctrine, l’Église catholique, investie par Dieu même de la mission d’enseigner et de défendre l’intégrité et l’honnêteté des mœurs, debout au milieu des ruines morales, élève bien haut la voix par notre bouche, en signe de sa divine mission, pour garder la chasteté du lien nuptial à l’abri de cette souillure et elle promulgue de nouveau : tout usage du mariage, quel qu’il soit, dans l’exercice duquel l’acte est privé, par l’artifice des hommes, de sa puissance de procréer la vie, offense la Loi de Dieu et la loi de naturelle, et que ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d’une faute grave ».
Ici, me semble-t-il, le pape dégage le problème essentiel : le droit que se donne l’homme d’empêcher le processus naturel de la vie, droit qui n’appartient qu’à Dieu au travers du sacrement du mariage qu’il a institué.
Le §3718 va ensuite laisser entrevoir la miséricorde avec des phrases comme : « Il n’est pas rare qu’un des deux époux subisse le péché plus qu’il ne le commet lorsque, pour une raison tout à fait grave, il laisse se produire une perversion de l’ordre juste qu’il ne veut pas lui-même, il en reste par suite innocent, pourvu alors qu’il se souvienne aussi de la loi de charité et ne néglige pas de dissuader et d’éloigner du péché son conjoint ». Le Saint-Père se montre bien conscient des risques que coure l’union conjugale quand la vie sexuelle est perturbée. Je pense même qu’il se montre encore plus compréhensif avec ce qui suit :
« Il y a en effet, tant dans le mariage lui-même que dans l’usage du droit matrimonial, des fins secondaires – comme le sont l’aide mutuelle, l’amour réciproque à entretenir et le remède à la concupiscence – qu’il n’est pas du tout interdit aux époux d’avoir en vue, pourvu que la nature intrinsèque de cet acte soit sauvegardée et sauvegardée du même coup la subordination à la fin première.
Mais il faut absolument veiller à ce que les funestes conditions des choses matérielles ne fournissent pas l’occasion à une erreur bien plus funeste encore. Aucune difficulté extérieure ne saurait surgir qui puisse entraîner une dérogation à l’obligation créée par les commandements de Dieu, qui interdisent les actes intrinsèquement mauvais par leur nature, même ».
L’encyclique ne donne ni détails ni précisions, et c’est bien ainsi : elle fait d’abord confiance à la foi des époux chrétiens pour qui l’abstinence sexuelle prolongée est un fardeau trop lourd. Si des entorses sont faites aux règles habituelles, il est demandé d’en être conscient et de savoir qu’il s’agissait de ne pas briser le lien matrimonial. Telles que les choses sont dites, le recours au confesseur ou à un directeur de conscience s’impose. Chaque couple est différent comme les personnes qui le composent. Et il faut toujours savoir comment revenir à ce qui est le mieux, autrement dit le bien, et ne pas se contenter du moindre mal, qui demeure un mal. Cependant, le concile Vatican Il, toujours sur les questions soulevées par Pie XI, renvoie à une allocution de Paul VI du 23 juin 1966 aux cardinaux annonçant que « certaines questions, qui supposent d’autres recherches plus approfondies, ont été confiées à une commission pour les problèmes de la population, de la famille et de la natalité pour que, son rôle achevé, le pape puisse se prononcer. L’enseignement du Magistère demeurant ainsi ce qu’il est, le Concile n’entend pas proposer immédiatement de solutions concrètes ».
52 La promotion du mariage et de la famille est le fait de tous
Je voudrais d’abord m’arrêter sur une première exigence du Concile décrites au §1, parce qu’elle expose les conditions de base de la réussite d’une famille : « elle exige une communion des âmes empreinte d’affection, une mise en commun des pensées entre les époux et aussi une attentive coopération des parents dans l’éducation des enfants. La présence agissante du père apporte grandement à leur formation ; mais il faut aussi permettre à la mère dont les enfants, surtout les plus jeunes, ont tant besoin de prendre soin de son foyer, sans toutefois négliger la légitime promotion sociale de la femme ».
Ce document prend en compte plusieurs réalités trop oubliées aujourd’hui. Car on peut parler d’une véritable démission des pères et des trop grandes gênes pour les femmes d’exercer leur rôle de mères. On remarquera que le Concile tient compte de l’aspiration à la promotion sociale des femmes. Il ne propose pas le retour à la femme au foyer. Il demande simplement une prise au sérieux du devoir de parents. Et là, il s’inscrit dans une tradition séculaire du rôle de la famille. Les enfants jeunes ont, en priorité besoin de la présence de leur mère. Ces dernières ne se verraient pas pour autant privées de la possibilité de travailler. Mais l’organisation de notre société devrait permettre aux femmes de pouvoir être plus souvent auprès de leurs enfants, surtout quand ils sont très jeunes.
C’est une question d’organisation du travail qu’on doit pouvoir faire pour redonner de l’importance à la vie familiale. Il y a des sacrifices à faire de plusieurs côtés. Mais nous savons bien que la mauvaise éducation constitue un terreau propice pour la délinquance et que celle-ci coûte cher aux familles comme à la société. C’est le même problème pour les pères des jeunes qui entrent dans l’adolescence. Le but pour le Concile est d’amener les jeunes à une maturité qui leur permette de faire les libres choix auxquels ils aspirent dans les domaines professionnels et matrimoniaux. En effet, notre texte va jusqu’à préciser que « les parents veilleront toutefois à n’exercer aucune contrainte, directe ou indirecte, sur eux, soit pour les pousser au mariage, soit pour choisir leur conjoint. » Ce n’était pas le cas dans l’ancien temps et cela a bien duré jusqu’au milieu du vingtième siècle. Au temps du Concile c’était déjà devenu rare et les nouvelles générations de l’époque ne le supportant plus.
Famille au sens large ?
Au §2, la famille est définie au sens large puisqu’elle inclut « plusieurs générations ». Il est implicitement souhaité que l’âge n’exclut pas de la famille, comme cela arrive très souvent aujourd’hui avec les placements en Ehpad ou maisons de retraite. Certaines maladies y obligent souvent, mais il y a des cas où cela pourrait être évité. L’État a un rôle à jouer et les chrétiens ont le droit et même le devoir de veiller à ce qu’une politique familiale, au sens large, existe. Les déclarations aux médias et aussi les homélies peuvent aborder ces sujets. En France par exemple, l’Église catholique dispose de structures appropriées pour se faire entendre. C’est mal comprendre la loi de 1905 que d’imaginer qu’elle interdit aux prêtres de prendre position sur des politiques ou des projets législatifs, s’ils jugent qu’ils sont attentatoires à la moralité publique, à la prospérité des foyers, aux droits de procréation des parents, et d’élever leurs enfants au sein de leur famille. Les cas cités ici sont exactement ceux du texte conciliaire. Depuis 1974, il y a de graves questions qui se posent concernant ces différents points, tant par l’attitude de certains politiciens que par celle de « responsables » catholiques.
Le §3 va plus loin dans sa précision quant à l’intervention de l’Église dans le domaine temporel. Je rappelle tout d’abord, pour ceux qui auraient quelques scrupules, que le magistère de l’Église n’a jamais accepté la loi de 1905. Cela constitue à mes yeux une raison de plus pour ne pas en exagérer la portée. Notre texte renvoie à deux passages des Lettres de saint Paul : Éphésiens 5, 16 et Colssiens 4, 5 que je conseille de relire. Ils concernent l’observation du « temps présent » qu’il faut, je crois, comprendre comme le temps de l’Église qui est un temps de témoignages : ce qui est fait a une portée eschatologique, puisqu’elle préfigure le royaume de Dieu. Ainsi, les Pères conciliaires peuvent-ils écrire : « les chrétiens tirant partie du temps présent … devront activement, promouvoir les valeurs du mariage et de la famille, ils le feront par le témoignage et leur vie personnelle et par une action concertée… »
Le texte recommande ensuite de faire appel à toutes les bonnes volontés et conclue en insistant particulièrement sur « la compétence de ceux qui s’appliquent aux sciences sacrées qui doivent être d’un grand secours ». Donc les théologiens sont requis par le Concile pour faire appliquer ces valeurs chrétiennes dans la société, parce qu’elles appartiennent à la Loi naturelle. Et cela devient pour eux un double devoir s’ils ont charge d’enseigner dans un séminaire ou une faculté de théologie, tout comme les prêtres de paroisse pour leurs homélies.
Le §4 soulève aujourd’hui beaucoup plus de difficultés qu’en 1965, tant l’industrie pharmaceutique est devenue une puissance financière, dominant les spécialistes et les politiques. Nous l’avons vu pendant la crise du Covid et nous ne sommes qu’aux débuts de sa puissance ascendante.
En se penchant sur la vocation des époux, les §§5 et 6 impliquent aujourd’hui, tant pour les prêtres que pour les associations familiales, des efforts considérables. Il s’agit autant de se dégager de certaines idéologies mortifères que de trouver de bons spécialistes qui peuvent conseiller les familles. Il serait trop long de donner une liste d’aberrations dans ce domaine. Un exemple : quand pour l’année de la miséricorde en 2016, le pape François a permis aux simples prêtres d’absoudre l’avortement, j’ai découvert avec tristesse que de nombreuses femmes catholiques pratiquantes y avaient eu recours, en avaient parlé à leur prêtre, et que jamais on ne leur avait dit qu’elles avaient un problème avec la communion. Elles ont donc continué à y accéder sans aller rencontrer qui avait le droit de leur donner l’absolution sur ce point précis. Elles se sont contentées de l’absolution donnée à l’ensemble de leur confession.
En parlant de la vocation à la sainteté qui consiste dans le témoignage d’amour à l’égal (à la ressemblance) de l’amour trinitaire, le §7 me semble devoir être pris en premier. C’est de là que part toute considération. Et c’est au niveau des couples qu’il est possible d’agir. Mais il faut aujourd’hui du courage à un prêtre pour susciter cela dans sa paroisse, ne serait-ce qu’à partir de la prédication de la Parole de Dieu. Dans beaucoup de nos paroisses en France, l’idéologie du planning familial supplante l’enseignement du Magistère.
