Après quatre siècles de présence dans le diocèse de Beauvais, en France, le Carmel de Compiègne s’apprête à fermer ses portes. Les six religieuses encore présentes quitteront les lieux dans les mois à venir pour rejoindre des maisons de retraite ou d’autres communautés.
Une dure décision pour ce monastère contemplatif situé depuis 1992 à Jonquières, près de Compiègne, et dont l’histoire est bien singulière : c’est en effet dans cette même communauté qu’ont vécu les 16 saintes religieuses de Compiègne, avant d’être martyrisées pendant la Révolution française.

Action de grâce pour les 16 saintes carmélites à Notre-Dame de Paris © Yannick Boschat / diocèse de Paris
Mgr Jacques Benoît-Gonnin, évêque de Beauvais, a expliqué que cette décision découle de la diminution persistante des vocations religieuses, du vieillissement des sœurs et de l’absence de nouveaux renforts pour la communauté. Dans un communiqué publié ce 21 avril 2026, il salue les carmélites pour « leur témoignage silencieux, leur prière fidèle, leur cœur ouvert aux intentions qui leur étaient confiées ».
« Nous prenons dans notre prière l’avenir de chacune des sœurs concernées par la fermeture du Carmel, ainsi que celui de ces lieux où elles ont vécu leur vie et porté le mémorial des saintes Carmélites », ajoute l’évêque de Beauvais, Senlis et Noyon.
Le Carmel de Compiègne a été fondé en 1641. En février 1790, en pleine Révolution française, l’Assemblée a dissous les ordres religieux contemplatifs, et les vœux ont été déclarés nuls car « contraires à la liberté ». Les sœurs ont alors été expulsées de leur couvent en 1792, arrêtées deux ans plus tard et guillotinées le 17 juillet 1794 sur l’actuelle place de la Nation, à Paris. En mai 1906, les 16 martyres ont été béatifiées par le pape Pie X, et leur canonisation équipollente a été reconnue par un décret du pape François le 18 décembre 2024.
Sous la chapelle du Carmel de Jonquières se trouvait jusqu’à présent le Mémorial des seize saintes carmélites de Compiègne, composé d’une crypte où est vénérée la statuette de la Vierge que les religieuses ont embrassée au pied de l’échafaud, et d’un petit musée avec des manuscrits et des objets qui ont soutenu leur vie de prière.


