Revers judiciaire inédit au Vatican. La Cour d’appel de l’État de la Cité du Vatican a déclaré partiellement nul le procès en première instance du cardinal italien Giovanni Angelo Becciu, en raison de vices de procédures, notamment la non communication complète des pièces du dossier.
Ancien préfet du Dicastère pour les causes des saints, le cardinal Becciu a été condamné en décembre 2023 pour détournement de fonds et abus de gestion. Il a écopé d’une peine de 5 ans et demi de prison, suite à laquelle il a fait appel. Le tribunal a également condamné huit autres personnes pour malversations financières, abus de pouvoir et autres chefs d’accusation.
Ce mardi 17 mars 2026, la Cour a ordonné également la reprise partielle du procès le 22 juin prochain. Si le procès initial n’est pas annulé dans son ensemble, certains passages, comme l’examen de certaines preuves ou témoignages, devront être répétés ou réexaminés.
Selon les médias du Vatican, le Bureau du promoteur de justice a reçu pour instruction de déposer, d’ici le 30 avril 2026, la version complète de tous les actes et documents de la phase d’instruction, garantissant à la défense un accès complet aux pièces. Les parties auront jusqu’au 15 juin pour examiner la documentation et préparer leurs conclusions.
« Protection du système juridique et crédibilité des institutions »

Le pape devant les autorités judiciaires du Vatican, 14 mars 2025 © Vatican Media
Cette décision de la Cour d’appel a été rendue publique quelques jours seulement après l’ouverture de l’année judiciaire au Vatican. Dans son discours devant les membres de l’Autorité judiciaire, le pape Léon XIV a évoqué la justice comme moyen pour renforcer l’unité de l’Église, qui doit toujours conjuguer vérité et charité.
« Dans le contexte de l’État de la Cité du Vatican, la mission d’administrer la justice revêt une importance particulière. L’administration de la justice, en effet, ne se limite pas à la résolution des différends, mais contribue à la protection du système juridique et à la crédibilité des institutions » a déclaré le pape.
« Le respect des garanties procédurales, l’impartialité du juge, l’efficacité du droit à se défendre et la durée raisonnable des procès ne représentent pas seulement des instruments techniques du procédé judiciaire. Ceux-ci constituent les conditions à travers lesquelles l’exercice de la fonction juridictionnelle acquiert une particulière autorité et contribue à la stabilité institutionnelle. »
