Reliquaire contenant des fragments qui proviendraient de la croix de Jésus-Christ © Diario Cuyo

Reliquaire contenant des fragments qui proviendraient de la croix de Jésus-Christ © Diario Cuyo

Argentine : une relique de la vraie Croix redécouverte après 80 ans

Perdu depuis le séisme de 1944, un lignum crucis réapparaît dans une cathédrale de San Juan

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Une découverte restée longtemps sous nos yeux a ravivé l’intérêt et l’émotion de la communauté catholique de San Juan, en Argentine. Un petit reliquaire contenant des fragments que l’on pense provenir de la croix de Jésus-Christ a été redécouvert après plus de 80 ans et restitué à la cathédrale de la ville pendant le Carême. 

La découverte inattendue a eu lieu fin 2025 dans la chapelle de l’école Santa Rosa de Lima, où le personnel a mis au jour un reliquaire de verre scellé, dissimulé derrière une vitrine tournante dans la sacristie ; un objet qui semblait être resté intact pendant des générations. À l’intérieur, ils ont trouvé deux minuscules fragments disposés en forme de croix. 

Ce qui semblait au départ un artefact curieux fit rapidement l’objet d’une enquête historique et ecclésiastique approfondie. Les autorités ecclésiastiques, en collaboration avec des spécialistes de l’authentification des reliques et après consultation des inventaires des archives de l’archidiocèse, purent reconstituer l’origine de l’objet avec une précision surprenante. 

Reliquaire contenant des fragments qui proviendraient de la croix de Jésus-Christ © Diario Cuyo Le reliquaire, identifié comme un Lignum Crucis — terme latin signifiant « bois de la Croix » — a été retrouvé à la cathédrale Saint-Jean, où il était conservé depuis 1908. Selon les documents découverts lors de l’enquête, la relique est arrivée grâce aux efforts de l’évêque Sansierra et était accompagnée d’un certificat officiel délivré à Rome, attestant de son authenticité en tant que fragment de la croix du Christ conservé dans la basilique Sainte-Croix de Jérusalem. 

Sa disparition, longtemps inexpliquée, semble désormais liée à l’un des événements les plus traumatisants de l’histoire de la ville : le séisme dévastateur de 1944, qui détruisit une grande partie de San Juan, y compris la cathédrale. Dans le chaos qui suivit, la relique aurait été déplacée, puis entreposée – et enfin oubliée – dans la chapelle de l’école. 

Pour le clergé local, cette redécouverte revêt une importance à la fois historique et spirituelle. Le père Andrés Riveros, prêtre de la cathédrale, a décrit cette trouvaille comme un moment de grâce survenant à une période particulièrement significative du calendrier liturgique. Le Carême, a-t-il souligné, est une période traditionnellement consacrée à la méditation sur la Passion du Christ, ce qui rend le retour de cette relique d’autant plus précieux pour les fidèles. 

La relique a été officiellement restituée à la cathédrale le vendredi 6 mars, lors d’une messe matinale présidée par l’archevêque local, Jorge Lozano. La cérémonie a marqué non seulement le retour matériel de l’objet, mais aussi sa réintégration dans la vie liturgique et spirituelle de la communauté. 

Reliquaire contenant des fragments qui proviendraient de la croix de Jésus-Christ © Diario Cuyo En théologie catholique, les reliques telles que la Vraie Croix sont considérées comme des sacramentaux : des signes sacrés institués par l’Église pour aider les fidèles à progresser dans la sainteté. Contrairement aux sacrements, elles ne confèrent pas automatiquement la grâce, mais disposent les croyants à la recevoir par la foi et la dévotion. 

L’Église applique depuis longtemps des procédures rigoureuses pour l’authentification des reliques. Des documents, appelés certificats d’authenticité, accompagnent les reliques légitimes, attestant de leur origine et de leur intégrité. Dans le cas des fragments de saint Jean, des recherches archivistiques ont permis de retrouver un tel certificat, qui décrit le prélèvement des fragments sur une source authentifiée, leur placement dans un reliquaire scellé et l’autorisation de leur vénération publique. 

La tradition de vénérer des fragments de la soi-disant vraie Croix remonte aux premiers siècles du christianisme. Selon une tradition ancienne, la croix sur laquelle Jésus fut crucifié fut découverte au IVe siècle par Hélène, mère de l’empereur romain Constantin, lors d’un pèlerinage à Jérusalem. Au fil du temps, le bois fut divisé et distribué dans le monde chrétien, des fragments étant conservés dans d’importants centres tels que Jérusalem, Constantinople et Rome. 

Ce processus historique explique comment de petits fragments — souvent réduits à de minuscules éclats — se sont retrouvés dans des églises éloignées de la Terre sainte, même en Amérique latine. 

Reliquaire contenant des fragments qui proviendraient de la croix de Jésus-Christ © Diario Cuyo À San Juan, la relique redécouverte devrait jouer un rôle important dans les prochaines célébrations liturgiques. Pendant le Carême, elle sera exposée dans la cathédrale pour la vénération publique. Le Vendredi saint, elle sera portée en procession à travers les rues de la ville, selon le traditionnel Chemin de Croix, avant d’être installée définitivement derrière le presbytère. 

Les autorités ecclésiastiques locales ont souligné que l’événement ne visait pas seulement à récupérer un artefact historique, mais aussi à raviver la ferveur des fidèles. L’implication des sœurs dominicaines et des responsables de l’école, qui ont involontairement préservé l’objet pendant des décennies, a également été publiquement reconnue. 

Ce qui n’était au départ qu’une découverte fortuite dans une sacristie paisible est devenu un moment de mémoire collective pour une ville marquée par la perte et la reconstruction. Dans le retour de ces petits fragments, beaucoup à San Juan voient non seulement un lien avec les origines lointaines du christianisme, mais aussi un signe tangible de continuité : entre passé et présent, destruction et renaissance, foi et histoire. Merci d’avoir lu notre contenu. 

 

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Enrique Villegas

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