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Synode 2018 @ Vatican Media

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Synode 2018 : les jeunes ont besoin de plus que des sermons

Réflexions du card. Baldisseri au terme de l’année

« Plus que de grands sermons ou de discours convaincants, les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de personnes crédibles à leurs côtés » : c’est ce que souligne le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques, dans un entretien avec L’Osservatore Romano au terme de l’année 2018.

L’assemblée synodale sur les jeunes, en octobre, « fut une belle expérience ecclésiale et humaine, qui a enrichi tout le monde ». Les jeunes, estime-t-il, « ont donné le meilleur de leur expérience et de leur enthousiasme, au point de constituer une référence dans la vie pastorale des communautés ecclésiales ».

Il s’agit désormais, poursuit-il, de « favoriser et d’apprécier » la participation des jeunes dans l’Eglise, « en accueillant aussi dans les organes de décision la contribution qu’ils peuvent apporter ». Mais il faut aussi « s’engager à les accompagner dans leur cheminement à la suite de Jésus, en leur consacrant du temps. Ce sont les jeunes eux-mêmes qui le demandent à leurs pasteurs et aux adultes en général. Concrètement, il faut être présent dans les lieux où ils passent leur journée, savoir écouter leurs doutes et leurs incertitudes, ainsi que leurs espoirs et leur désir de bien ».

« Plus que de grands sermons ou de discours convaincants, insiste le cardinal Baldisseri, les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de personnes crédibles à leurs côtés, qui incarnent la nouveauté de l’Évangile, tout en reconnaissant leurs propres limites et difficultés ».

Pour le cardinal, la nouveauté la plus significative des récents synodes a été « la transformation d’un événement en un processus dans lequel non seulement les évêques, mais aussi tous les autres membres du peuple de Dieu sont impliqués sous différentes formes ». Il cite les nouveautés du synode sur les jeunes : l’intronisation initiale des Évangiles, pour rappeler que « le magistère n’est pas supérieur à la Parole de Dieu, mais à son service » (Dei Verbum 10) ; plus d’espace réservé aux cercles mineurs, pour favoriser le libre échange des opinions ; de nouvelles formes d’élection des organes synodaux, dont le Conseil du Secrétariat général, plus représentatif.

Enfin, il exprime ainsi le message lancé par ce synode des jeunes : « C’est un message fort, un message de confiance et d’espérance. Confiance dans les jeunes, dans leurs capacités, dans leur désir de vivre une vie pleine et significative, dans le courant d’amour sincère et de bien authentique qui est présent dans leur cœur… Pour moi, ce synode des jeunes était le synode de l’espérance, comme une occasion juste et prometteuse de renouveler les structures et les voies pastorales dans l’Église, et comme une référence forte pour la société et les instances civiles. Les jeunes nous demandent de les aider à traduire cette espérance dans la réalité. »

La région amazonienne est une préoccupation de François

Le secrétaire évoque par ailleurs le synode sur l’Amazonie prévu en octobre 2019 : « le pape a voulu attirer l’attention sur une région de la terre qui, pour l’Église et la planète, est d’une extrême importance et urgence ». Cet événement sera centré sur deux aspects, rappelle-t-il : la mission de l’Église dans la région amazonienne ; l’écologie intégrale, proposée comme une véritable alternative à la crise de la forêt amazonienne.

« La région amazonienne est une préoccupation de François », poursuit-il : déjà lorsqu’il était cardinal archevêque de Buenos Aires, lors de la cinquième conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes, célébrée à Aparecida en 2007, il rédigea le document final, parlant « expressément de l’Amazonie avec des accents dramatiques en référence à la protection de la biodiversité et à la riche diversité sociale ».

Les participants au synode parleront aussi « d’actualité sociale et économique » : « L’Amazonie est une vaste région aux immenses ressources liées à des intérêts mondiaux gigantesques. Le pape François, dans son discours, stigmatise cette réalité et énumère les menaces qui pèsent sur le territoire amazonien : d’une part, le néo-extractivisme et la forte pression des grands intérêts économiques qui dirigent leur avidité sur le pétrole, le gaz, le bois, l’or, les monocultures agro-industrielles ; d’autre part, la menace de certaines politiques qui favorisent la ‘conservation’ de la nature sans tenir compte de l’être humain et, concrètement, des populations amazoniennes. »

Avec une traduction de Zenit

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