Russie: L’Osservatore Romano rend hommage au p. Romano Scalfi

Mort du fondateur du centre d’études Russia Cristiana

Père Romano Scalfi, courtoisie de russiacristiana.blogspot.com

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Le père Romano Scalfi (1923-2016), prêtre catholique italien de rite oriental et fondateur du centre d’études Russia Cristiana (La Russie chrétienne), est décédé à Noël à l’âge de 93 ans. Pour lui, l’œcuménisme a été avant tout « l’offre d’une amitié sincère dans le Christ » estime L’Osservatore Romano en italien du 28 décembre 2016 qui lui rend hommage comme à l’une des personnalités qui ont le plus contribué au XXe siècle à la promotion en Occident de la connaissance et de l’amour de la tradition chrétienne du peuple russe et des peuples de l’Europe de l’Est.

Des hommes comme le père Romano Scalfi « ont été en mesure de nouer des amitiés et des relations où cela semblait impossible » et de mettre au centre de la « vie quotidienne le désir de connaissance et de l’unité entre les croyants » souligne le quotidien du Vatican.

Né le 12 octobre 1923 à Tione di Trento, le père Scalfi entre au séminaire de Trente où, en 1946, il fait une rencontre décisive pour sa vocation : celle du p. Gustavo Wetter, un jésuite du Collège pontifical Russicum de Rome, qui lui parle de la situation difficile des chrétiens en Union soviétique et célèbre en sa présence la divine liturgie selon le rite slavon. Le père Scalfi ressent un appel « à donner sa vie pour la Russie et les chrétiens qui vivent là-bas ».

Il termine ses études de la culture et de la langue russes au Russicum et, en 1957, se rend à Milan pour étudier les sciences politiques à l’Université catholique du Sacré-Cœur. À ce moment-là, il  commence l’apostolat dans la communauté russe de la ville. Le rêve d’aller comme missionnaire en Russie apparaît à cette époque comme irréalisable, mais il se transforme à une conviction qu’il est nécessaire de réveiller « l’intérêt des catholiques pour les problèmes concernant la Russie et l’unité de l’Église ».

Ce n’est pas une tâche facile : le père Scalfi est considéré par plusieurs comme un « prêtre étrange» et il se retrouve souvent devant les portes fermées des associations catholiques et des paroisses.

Heureusement, il rencontre le p. Luigi Giussani, professeur de la théologie orientale au séminaire de Milan, fondateur de Communion et Libération, qui salue son enthousiasme et lui propose de travailler ensemble.

C’est ainsi que naît « La Russie chrétienne », un centre d’études, qui publie aussi, à partir de 1960, le magazine « La Russie chrétienne hier et aujourd’hui » – un portail de nouvelles de Russie et d’Europe de l’Est. Une école d’iconographie et un chœur sont organisés au même moment.

Dans les années soixante, le père Scalfi entreprend de nombreux voyages en Union soviétique en essayant de rencontrer les chrétiens et de distribuer des bibles et des livres de prières.

Une activité qui ne passe pas inaperçue, car en 1970, son visa est retiré et il ne peut plus retourner en Russie jusqu’à l’effondrement du communisme. Néanmoins, il continue sa recherche d’informations sur les prisonniers politiques en URSS et la diffusion des écrits les plus importants de « samizdat » russe en Italie :  un système clandestin de circulation d’écrits dissidents en URSS et dans les pays du bloc de l’Est, manuscrits ou dactylographiés par les nombreux membres de ce réseau informel.

Dans les années 1990, le père Scalfi collabore activement avec le centre œcuménique de Moscou « Pokrovskie Vorota », un lieu d’échanges pour les catholiques, les orthodoxes et les gens qui cherchent la foi.

Les soixante ans de la vie sacerdotale du P. Romano Scalfi sont un exemple du service de la rencontre et de l’unité des chrétiens, conclut le quotidien du Vatican.

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