ONU : non à l’individualisme et au consumérisme excessifs, par Mgr Auza

La solidarité est un appel à la justice

Mgr Bernardito Auza, capture

Mgr Bernardito Auza, UNTV capture

« Le rejet de l’individualisme excessif et du consumérisme excessif est au centre de nos efforts pour parvenir à une vie décente pour tous sur une planète durable », déclare Mgr Auza qui souligne les effets des catastrophes naturelles, en particulier sur les pays les plus pauvres.

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège, est intervenu à la deuxième commission de la soixante-douzième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, sur le point 19 de l’ordre du jour : « Le développement durable », à New York, le 10 octobre 2017.

« La solidarité avec nos frères et sœurs souffrant des effets des catastrophes environnementales n’est pas un appel à la charité; c’est un appel à la justice », a-t-il encore affirmé. « Une grande partie des risques accrus, tels que l’élévation du niveau de la mer et la désertification, auxquels les États pauvres et vulnérables sont confrontés, sont souvent provoqués par des causes dont ils ne sont pas responsables. »

Voici notre traduction de l’intervention en anglais de Mgr Auza.

HG

Déclaration de Mgr Auza

Monsieur le Président,

Ma délégation se félicite des récents rapports du Secrétaire général sur le développement durable. En s’appuyant sur le concept de développement humain intégral, le développement durable va au-delà de la croissance économique pour elle-même. Il regarde plutôt le développement de toute la personne et de chaque personne dans le contexte de la communauté et de l’environnement naturel. Le développement durable exige une consommation durable et une production durable, reliant les gens à travers les chaînes d’approvisionnement mondiales, tout le monde dans la chaîne étant conscient des conséquences de ses actions sur les autres dans un monde global interdépendant. Le rejet de l’individualisme excessif et du consumérisme excessif est au centre de nos efforts pour parvenir à une vie décente pour tous sur une planète durable.

Monsieur le Président,

Il devient de plus en plus clair que le manque de durabilité environnementale et économique est un obstacle majeur au développement humain intégral. L’intensité et la fréquence des catastrophes naturelles pèsent sur les ressources et les capacités même des pays les plus riches et accablent et neutralisent rapidement les pays plus petits et moins développés. Les États insulaires, en particulier les petits États insulaires en développement [1], ont le problème supplémentaire de l’accès pour les secouristes et la fourniture d’aide. Le Saint-Siège soutient l’attention renouvelée de la communauté des Nations Unies sur le renforcement des capacités et les autres efforts visant à renforcer la résilience des communautés, en particulier dans les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés.

Des changements climatiques soudains peuvent entraîner des pluies excessives dans certaines régions, et la sécheresse et la désertification dans d’autres. L’Afrique a connu une grave sécheresse et la désertification, ce qui a endommagé des vies et des moyens de subsistance, exacerbé les conflits ethniques et tribaux et menacé sa sécurité, sa stabilité et sa durabilité [2]. Chaque année, 12 millions d’hectares, à peu près la taille du Nicaragua, sont perdus à cause de la désertification.

La solidarité avec nos frères et sœurs souffrant des effets des catastrophes environnementales n’est pas un appel à la charité; c’est un appel à la justice. Une grande partie des risques accrus, tels que l’élévation du niveau de la mer et la désertification, auxquels les États pauvres et vulnérables sont confrontés, sont souvent provoqués par des causes dont ils ne sont pas responsables. Comme le note le pape François dans Laudato si’ : « Il existe une véritable “dette écologique”, notamment entre le nord et le sud du monde, liée aux déséquilibres commerciaux ayant des effets sur l’environnement et à l’utilisation disproportionnée des ressources naturelles par certains pays pendant de longues périodes » (51).

Le pape François nous appelle à une « conversion écologique » (Laudato si’, 216). Les problèmes liés à la durabilité ne peuvent être résolus par la seule technologie ou l’aide, mais exigent un réexamen plus honnête de nos systèmes économiques pour les faire travailler non seulement pour les nantis mais aussi pour les démunis et pour changer les modes de vie personnels et sociaux afin de mieux protéger notre maison commune. Ma délégation est heureuse de noter que cette nécessité d’une nouvelle relation entre l’humanité et la planète est également soulignée dans le rapport du secrétaire général sur l’harmonie avec la nature [3].

Enfin, ma délégation voudrait souligner l’importance de la solidarité intergénérationnelle pour parvenir au développement durable et aux soins à long terme de l’environnement. Le pape François a déclaré dans Laudato si’ : « La notion du bien commun s’étend également aux générations futures. … Nous ne pouvons plus parler de développement durable en dehors de la solidarité intergénérationnelle. Une fois que nous commençons à penser au genre de monde que nous laissons aux générations futures, nous regardons les choses différemment ; nous réalisons que le monde est un don que nous avons reçu gratuitement et que nous devons partager avec les autres. Depuis que le monde nous a été donné, nous ne pouvons plus voir la réalité d’une manière purement utilitaire, où l’efficacité et la productivité sont entièrement axées sur notre avantage individuel. La justice intergénérationnelle n’est pas facultative, mais plutôt une question fondamentale de justice, puisque le monde que nous avons reçu appartient aussi à ceux qui nous suivront » (159).

Merci, Monsieur le Président.

  1. A/72/119.
  2. A/72/152.
  3. A/72/175.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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