Œcuménisme: « nous partageons ce qui est essentiel dans la foi chrétienne »

Réflexion d’un membre du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens

Vêpres à St-Paul-hors-les-murs pour l'unité des chrétiens, capture CTV

Vêpres à St-Paul-hors-les-murs pour l'unité des chrétiens, capture CTV

« Nous sommes conscients que nous partageons ce qui est essentiel dans la foi chrétienne et que nous sommes pèlerins en chemin sur la même route », estime le père Anthony Currer, assistant pour la section occidentale du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et co-secrétaire de la Commission internationale anglicane-catholique pour l’unité et la mission (IARCCUM).

Dans les pages de L’Osservatore Romano, au terme de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, il dresse le bilan de l’année 2016 quant aux relations entre les catholiques et les anglicans.

Une Déclaration historique

Il évoque notamment la rencontre entre le pape François avec Justin Welby, archevêque de Canterbury,  le 5 octobre 2016 : ils ont signé une Déclaration commune et ensemble ont envoyé en mission des tandems d’évêques anglicans et catholiques, provenant de dix-neuf pays.

« En tant que pèlerins, écrit le père Currer, nous reconnaissons les uns chez les autres le désir de répondre fidèlement à l’appel du Seigneur, nous avons confiance que, en marchant ensemble, nous nous dirigeons vers un nouveau temps et un nouveau lieu où sera possible la pleine unité voulue par le Seigneur. »

« Pour la première fois dans l’histoire, rappelle le père Currer, fut signée une Déclaration commune entre un pape et un archevêque de Canterbury ». Cet événement qui a eu lieu à l’occasion du cinquantième anniversaire de la rencontre entre le bienheureux pape Paul VI et l’archevêque Michael Ramsey, témoigne « du désir des deux communautés de se mettre en chemin vers l’unité dans la vérité ».

« Le fait de nous reconnaître comme frères et sœurs dans le Christ, écrit le père Currer, ainsi que la foi et la sainteté que nous voyons les uns chez les autres, doivent s’exprimer nécessairement dans la prière : ‘non seulement nous pouvons prier ensemble’, insiste la Déclaration de 2016, ‘mais nous devons prier ensemble, en laissant s’exprimer la foi et la joie que nous partageons dans l’Évangile du Christ’ ».

Un geste sans précédent

Pour le père Anthony Currer, l’envoi en mission des tandems de membres de l’IARCUUM était un « geste sans précédent ». L’IARCUUM a été instituée à Mississauga, près de Toronto, au Canada, en 2000. Elle a deux co-présidents : l’évêque David Hamid (anglican) et l’archevêque Donald Bolen (catholique) et deux co-secrétaires, le révérend John Gibaut de l’Anglican Communion Office et le père Anthony Currer, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

 

Le 5 octobre, les évêques de l’IARCUUM ont publié une déclaration commune intitulée « Marcher ensemble : le service commun rendu au monde et le témoignage de l’Évangile ». Ils y affirment : « En priant et en étudiant ensemble, nous avons noté la complémentarité de notre doctrine sociale et de nos efforts pastoraux, ayant pour but celui de vivre l’Évangile de la miséricorde et de l’amour ». Ils distinguent un « œcuménisme de la croix » qui les pousse à se ranger du côté des pauvres et à « révéler la présence du Christ parmi ceux qui vivent aux marges du monde ».

Différences théologiques

Le chemin commun, note le co-secrétaire de la Commission, « prend au sérieux les différences théologiques » qui existent entre les catholiques et les anglicans : « Aujourd’hui, ces obstacles se centrent sur des thèmes relatifs à l’ordination des femmes et sur des aspects moraux liés à la sexualité humaine », précise-t-il. Il y a aussi « la question de savoir comment et où l’autorité est exercée à l’intérieur de la communauté chrétienne ».

Mais, ajoute le père Currer, « les obstacles, aussi grands soient-ils, ne devront pas nous conduire à « diminuer nos efforts œcuméniques ». « Comme deux communautés pèlerines, nous traversons une société qui a besoin de la bonne nouvelle de Jésus-Christ et de la guérison et de l’espérance », note le père Currer.

Vivre dès maintenant la communion

Enfin, il aborde les relations entre l’Église catholique et le Conseil méthodiste mondial (Cmm). Une Déclaration commune de la Commission internationale méthodiste-catholique intitulée « L’appel à la sainteté » a été achevée en 2016 et présentée à la Conférence méthodiste mondiale à Houston du 30 août au 3 septembre dernier. Prenant l’image des deux disciples sur la route d’Emmaüs, la commission écrit : « Nous sommes en chemin sur la même route, cherchant à suivre fidèlement le même Seigneur, dans le désir d’être guidés par le même Esprit et aspirant à trouver la même identité comme enfant du même Père ».

L’image du chemin commun « s’applique bien à nos relations avec les anglicans et avec les méthodistes », souligne le père Currer. « Cela signifie : vivre dès maintenant, de toutes les façons possibles, la communion qui nous unit déjà. »

Avec une traduction de Constance Roques

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