L’œcuménisme des martyrs, « défi central », par le card. Koch

Bilan de l’année jubilaire des 500 ans de la Réforme

Rév. Martin Junge et card. Koch

Le Rév. Martin Junge (à gauche) et le Cardinal Koch. Photo: LWF/S. Gallay

« L’œcuménisme des martyrs » est « le défi central de l’œcuménisme, estime le cardinal Kurt Koch, surtout aujourd’hui où 80% de tous ceux qui sont persécutés le sont pour leur foi ».

C’est ce que le président du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens affirme dans une interview au Katholische Kirche in Deutschland (www.katholisch.de) et traduite en italien par L’Osservatore Romano. Le cardinal trace un bilan de l’année anniversaire des cinq siècles de la Réforme qui s’achève ce 31 octobre 2017.

« L’œcuménisme des martyrs, dit le cardinal Koch, constituait déjà une question importante avec le pape Jean-Paul II qui a fait l’expérience, durant la dictature rouge-brune, de cette appartenance commune, les uns avec les autres. Cette question trouve aujourd’hui une continuité chez le pape François qui évoque souvent les martyrs de Lubeck (victimes du nazisme). Il dit sur le défi des martyrs : ‘Si les dictateurs unissent les chrétiens dans la mort, comment pouvons-nous arriver à nous diviser dans la vie ?’ »

Au cours de l’année jubilaire des 500 ans de la Réforme, explique le cardinal Koch, « on s’est concentrés sur ce qu’il y a de commun pour célébrer ensemble une fête du Christ ». « L’accent a plus été mis sur ce qui nous unit : la foi en Jésus Christ », ajoute-t-il.

« Pour moi, dit le cardinal, l’événement culminant fut à Lund, en Suède, le 31 octobre 2016, quand le pape François et le président et le secrétaire général de la fédération mondiale luthérienne ont présidé ensemble la cérémonie commémorative. Ce fut un geste œcuménique fort. »

« Des problèmes ouverts »

Cependant, souligne le cardinal, malgré plusieurs avancées dans les relations entre catholiques et protestants, « il reste, aussi bien avant qu’après, des problèmes ouverts » : « Les relations entre le Christ et son Corps restent encore un problème ouvert.. Nous sommes d’accord sur le Christ, mais pas sur son Corps, c’est-à-dire sur l’Église. »

« Nous avons rejoint un consensus sur beaucoup de problèmes concernant la foi, poursuit le cardinal, mais pas encore sur ce qu’est » le « but » de l’œcuménisme.  « C’est en effet le problème principal », estime-t-il. « Sans un but commun, il devient difficile de trouver de nouvelles étapes pour avancer. »

« Pour beaucoup de chrétiens évangéliques, explique le président du dicastère, la situation actuelle est comprise de la manière suivante : nous sommes déjà réconciliés, mais restons différents, nous devrions maintenant juste nous reconnaître réciproquement comme Église ; alors le but serait atteint. » « D’un point de vue catholique, dit-il, la ‘diversité réconciliée’ est l’objectif à atteindre: nous devons travailler sur les problèmes encore ouverts de manière à ce qu’il n’y ait plus motif de division d’un point de vue ecclésial. Une fois réconciliés sur ces problèmes, les différences peuvent alors rester. »

Parmi les « problèmes ouverts », le cardinal note ceux qui sont liés à « l’Église, l’eucharistie et le ministère » et évoque l’initiative d’« une nouvelle déclaration commune » sur ces questions. « Aux thèmes qui concernent l’Église, l’eucharistie et le ministère, poursuit-il, il faut ajouter les questions éthiques qui doivent être davantage approfondies pour élaborer une vision commune aussi sur ces sujets. »

L’Église catholique et les pentecôtistes

Le cardinal Koch réfléchit aussi sur la grande croissance des communautés évangéliques, « en particulier dans les mouvements pentecôtistes ». « Le pentecôtisme, explique-t-il,  représente aujourd’hui la deuxième plus grande réalité chrétienne après l’Église catholique romaine. » Pourtant, le cardinal ne croit pas « que ces mouvements deviendront un jour l’unique forme du christianisme » : « Ils proviennent en effet eux aussi des grandes Églises historiques, explique-t-il, et ne peuvent tout simplement pas les remplacer. »

Le cardinal Koch estime que l’Église catholique pourrait tirer certains fruits de ces mouvements : « Pour les Églises pentecôtistes, dit-il, l’expérience concrète de la foi dans la vie quotidienne, mais surtout dans l’action de l’Esprit saint, est un élément capital…C’est en cela que nous pouvons sans doute apprendre quelque chose. »

Avec une traduction d’Océane Le Gall

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