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Le pape François ouvre la première Porte sainte du Jubilé de la miséricorde, cathédrale de Bangui, 29 novembre 2015

Le pape François ouvre la première Porte sainte du Jubilé de la miséricorde, cathédrale de Bangui, 29 novembre 2015

L’héritage de l’Année de la miséricorde, par le card. Piacenza

Et les perspectives pastorales qui en découlent

Dans le contexte actuel « où l’homme semble avoir perdu le sens du surnaturel et de la transcendance et, parallèlement, avoir perdu la capacité d’utiliser sa raison de manière rigoureuse et cohérente, l’annonce et l’expérience de la miséricorde apparaissent comme une voie alternative praticable, pour que le “Dieu oublié” redevienne présent et pour que la “raison obscurcie” se réveille », estime le cardinal Mauro Piacenza.

Le Grand pénitencier, en charge de la Pénitencerie apostolique, a livré une Lectio magistralis dans le cadre du Cours organisé au Vatican par le dicastère sur le for interne du 14 au 17 mars 2017. Dans son intervention intitulée « Héritage et perspectives de l’Année de la miséricorde dans la pastorale de l’Église », il a souligné que « le premier grand héritage de l’Année de la miséricorde est spirituel, insondable, caché dans le cœur de Dieu et reversé dans le cœur des hommes ». C’est « la centaine de milliers… de confessions sacramentelles, d’actes de conversion, d’œuvres de miséricorde que le Jubilé extraordinaire a favorisés ».

Le cardinal Piacenza a évoqué aussi trois perspectives pastorales découlant du Jubilé : l’appel à « une conversion missionnaire de la pastorale » ; la formation, « pour que la miséricorde ne demeure pas une parole vide » ; et « une relation renouvelée entre la foi et les œuvres ».

AK

Voici notre traduction d’extraits de l’intervention du cardinal :

Extraits de l’intervention du card. Piacenza

Le premier grand héritage de l’Année de la miséricorde est spirituel, insondable, caché dans le cœur de Dieu et reversé dans le cœur des hommes. Il n’existe ni analyse, ni paramètres pour “mesurer” la hauteur, la largeur et la profondeur des dons surnaturels de grâce que l’Esprit-Saint a prodigués à l’Église en cette année. La centaine de milliers – oserai-je dire les millions – de confessions sacramentelles, d’actes de conversion, d’œuvres de miséricorde que le Jubilé extraordinaire a favorisés, constituent le vrai trésor spirituel de tout jubié et en particulier de ce jubilé.

Certes, cette abondance de fruits surnaturels fécondera la terre et la fera germer, comment et où, il ne nous est pas donné de le savoir, tandis que nous savons avec certitude que « celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose ; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu” (1Cor 3,7).

(…) Tous les événements qui se sont produits en cette Année de la miséricorde pourraient utilement être synthétisés par la catégorie théologique de la “proximité”. Nous pourrions dire qu’un héritage du jubilé est l’expérience de la proximité de la miséricorde, comme voie maîtresse pour faire l’expérience de la proximité de Dieu. Dans un contexte culturel comme le contexte contemporain, où l’homme semble avoir perdu le sens du surnaturel et de la transcendance et, parallèlement, avoir perdu la capacité d’utiliser sa raison de manière rigoureuse et cohérente, l’annonce et l’expérience de la miséricorde apparaissent comme une voie alternative praticable, pour que le “Dieu oublié” redevienne présent et pour que la “raison obscurcie” se réveille.

(…) Un autre aspect qui synthétise l’héritage du Jubilé extraordinaire de la miséricorde me semble pouvoir être la redécouverte du caractère central de l’humain en tant que lieu de la rencontre avec l’autre. Le Jubilé – et avec lui les oeuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, dans leur formulation originelle et dans toutes les traductions actuelles que l’on peut en faire – a tenté d’aider l’homme contemporain à tourner son regard sur lui-même, sur la vérité profonde de son “je”, sur ses besoins essentiels et, par conséquent, sur l’autre, compris comme le frère.

L’attention aux pauvres, si clairement indiquée par les paroles et par les gestes du pape François (…) est un héritage du Jubilé, à lire sur l’horizon de ce caractère central de l’humain, pour lequel rien de ce qui est authentiquement humain n’est étranger à Dieu et rien de ce qui est authentiquement divin n’est étranger à l’homme.

Sous ce second aspect, apparaît évidente la centralité du mystère de l’Incarnation, à la lumière duquel et par lequel il est possible de faire une authentique expérience de la proximité de Dieu et de vivre la juste centralité de l’humain que Dieu a voulu assumer et ainsi, sauver.

Parmi les perspectives pastorales possibles découlant de l’héritage spirituel du Jubilé de la miséricorde, il me semble pouvoir en souligner trois.

La première pourrait être l’appel à une conversion missionnaire de notre pastorale. Il ne s’agit pas tant “d’inventer des choses nouvelles” que de concevoir chaque geste, de la plus simple salutation à un fidèle rencontré, jusqu’à la célébration de l’Eucharistie (…) comme une occasion pour que l’autre rencontre Celui que nous avons rencontré: Jésus-Christ.

(…) Une pastorale missionnaire est une pastorale dans laquelle les acteurs de l’agir pastoral ne sont pas simplement les “préposés aux travaux” mais où chaque membre de la Communauté, simplement en vertu du baptême qu’il a reçu, est capable d’annoncer, est capable d’apostolat, est capable de redire ce “Viens et vois” à partir duquel a commencé toute l’aventure chrétienne.

La seconde perspective pastorale est (…) celle de la formation, pour que la miséricorde ne demeure pas une parole vide et ne soit pas une expérience sentimentale mais qu’elle soit connue, introduite pour ce qu’elle est vraiment: Dieu qui se penche sur notre faiblesse, jusqu’à nous envoyer son fils mort pour nos péchés et ressuscité pour nous donner la vie éternelle.

La troisième et dernière perspective de l’Année de la miséricorde me semble être l’exigence d’une urgence personnelle et ecclésiale renouvelée: celle de la fidélité (…) une fidélité plus radicale de notre vie personnelle et de la vie de l’Église à la divine Révélation. Une fidélité qui se nourrit de la grâce surnaturelle, une fidélité qui est guidée par l’Esprit-Saint et qui demande nécessairement la collaboration de notre liberté. (…) une fidélité inclusive (…) en msure de soutenir toutes les oeuvres de charité dont nos frères et nous-mêmes avons besoin puisque personne n’est simplement l’objet de la charité et personne n’est simplement sujet de la charité. (…) La troisième perspective pastorale pourrait être celle d’une unité renouvelée, d’une relation renouvelée entre la foi et les oeuvres.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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