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Mgr Salvatore Fisichella @ ZENIT - HSM

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Du «bon usage de la beauté» comme chemin vers la foi, par Mgr Fisichella

L’art et le sacré, une exposition à Rome

Des participants de l’ « Expo Internazionale Via Pulchritudinis » étaient présent à l’audience générale du pape François, mercredi 8 février 2018, en la salle Paul VI du Vatican.

Il est important de faire bon usage de la beauté comme un chemin pour accéder à la foi, parce que « la beauté a toujours été un chemin pour l’évangélisation », affirme Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. C’est l’intention qui sous-tend l’organisation de l’exposition « Via Pulchritudinis » (Chemin de la beauté) – qui s’est tenue du 3 au 6 février dans les pavillons de la Nouvelle foire de Rome. Deborah Castellano Lublov en dit davantage aux lecteurs de ZENIT.

AB

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Pour aborder le thème de la relation entre la beauté et la sphère sacrée, le programme de « Via Pulchritudinis » a compté quatre jours d’événements et de rencontres entre la foi, la culture et, non le moindre, le marketing. En effet, il y avait deux pavillons avec toutes sortes de produits exposés pour l’art sacré et la liturgie. Des entreprises italiennes et étrangères proposaient du mobilier pour les églises, des objets de dévotion comme des images saintes, des vêtements liturgiques, des bougies et de l’encens, et même du vin et des hosties pour célébrer la messe. Les hôtels et les maisons d’hôtes pouvaient trouver toutes sortes de services pour nourrir et héberger les pèlerins visitant les traditionnels lieux de tourisme religieux, un secteur qui, selon les statistiques, implique 300 millions de personnes chaque année pour un chiffre d’affaires de près de 18 milliards de dollars américains.

Les rencontres pour les professionnels n’étaient pas en manque, de même que les ateliers et séminaires pour réfléchir davantage et concrètement sur les aspects normatifs et les questions d’impôts des entités religieuses, des biens culturels et des services de restauration, du tourisme et de l’hébergement professionnel.

Un autre pavillon hébergeait quatre tables rondes consacrées en particulier aux relations entre la beauté d’une part et le langage de la liturgie et le mobilier liturgique d’autre part. Il était possible d’assister à des conférences sur « la musique sacrée », « l’architecture sacrée et l’espace liturgique », « le mobilier liturgique » et « Sculpture, mosaïque et vitraux », avec les interventions d’experts en la matière, tels que Mgr Massimo Palombella, Maître de chœur de la Chapelle Sixtine, Mgr Corrado Maggioni, sous-secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Ivan Rupnik, spécialiste en art de la mosaïque et connu pour ses créations à travers le monde, à commencer par la Chapelle Redemptoris Mater du Vatican. Enfin, à l’occasion de la « Via Pulchritudinis », la Chapelle Sixtine a accueilli samedi soir un concert donné par le Chœur de cette même chapelle.

L’exposition était organisée par la Foire de Rome en collaboration avec le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. « Comme le disent nos frères orthodoxes, quand nous célébrons la liturgie, nous célébrons le paradis sur terre », a déclaré le président du Conseil pontifical, Mgr Rino Fisichella ; alors pourquoi avoir peur des beaux espaces où celui qui prie est davantage poussé à prier, celui qui ne connaît pas l’Église est davantage tenté de s’en approcher, celui qui est loin de nous entre en dialogue avec nous ?

Nos églises, les œuvres d’art qu’elles contiennent, les vitraux, le mobilier liturgique même peuvent être un chemin par lequel, grâce au mystère de leur beauté, nous sommes ramenés au plus grand mystère qui nous dépasse tous ».

Parmi les pavillons de la nouvelle Foire de Rome, un musée, petit mais très joli, a été créé pour toute la durée de l’exposition. On pouvait y admirer des dessins du Bernin et la fameuse statue du Bon Berger du 3ème siècle, du Christian Pio Museum des Musées du Vatican, ainsi que des vêtements liturgiques et pastoraux et des tiares ayant appartenu à saint Jean-Paul II et au bienheureux Paul VI. On y trouvait aussi des marteaux et des truelles ayant été utilisés jusqu’à il y a quelques décennies pour ouvrir les Portes saintes des basiliques romaines lors des Années saintes.

Cette exposition peut être considérée comme une preuve de toute la beauté produite par la chrétienté en deux mille ans d’histoire. Et aujourd’hui, à une époque comme celle-ci où l’art sacré semble traverser une profonde crise d’identité, est-elle encore capable d’en produire ?

« Je suis certain que oui, et je l’espère », répond Mgr Fisichella, qui explique que « le concept de beauté  n’est pas un concept statique, c’est un concept dynamique ; la beauté grandit, la beauté se mélange aussi avec la richesse que chaque personne porte en elle. Il s’agit d’exprimer la beauté selon l’esprit de notre époque, de la part d’artistes et de musiciens et tous ceux qui sont des producteurs de beauté dans l’Église, pour donner à ceux qui viennent après nous le sens de la manière dont nous avons reçu et vécu la beauté aujourd’hui ».

Enfin, en lien avec le tourisme religieux, Mgr Fisichella rappelle que le pape François vient de confier la compétence sur les sanctuaires au dicastère à la tête duquel il se trouve. « Les sanctuaires sont des lieux extrêmement importants pour la nouvelle évangélisation. Toutefois, pour atteindre un sanctuaire, il faut se mettre en route vers un lieu. Par conséquent, cela peut aussi être une occasion pour beaucoup de découvrir la richesse culturelle que l’Église a produite dans l’histoire et j’espère qu’elle sera capable de continuer à en produire ».

Traduction d’Hélène Ginabat

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