Bologne : l’étrange « mathématique de Dieu » (Traduction intégrale)

Déjeuner du pape avec des pauvres, des réfugiés et des détenus

Déjeuner avec des pauvres, migrants, détenus, Bologne © L'Osservatore Romano

Déjeuner avec des pauvres, migrants, détenus, Bologne © L'Osservatore Romano

« Que la mathématique de Dieu est étrange : elle se multiplie seulement si elle se divise ! », a souligné le pape François au cours de sa visite pastorale dans les diocèses de Cesena et de Bologne (Emilie-Romagne, nord de l’Italie), le 1er octobre 2017.

Après s’être rendu à Cesena, puis après avoir rencontré les migrants et le monde du travail à Bologne, le pape a déjeuné dans la basilique de San Petronio, avec des pauvres, des réfugiés et des détenus. « L’Eglise est de tous, particulièrement des pauvres », a-t-il affirmé dans un discours à la fin du repas.

« Apprêtons toujours un repas d’amour pour qui en a besoin », a ajouté le pape avant d’inviter à « dépasser toute forme d’égoïsme pour accéder à la joie de l’accueil réciproque ».

« Notre vie est toujours précieuse et nous avons tous quelque chose à donner aux autres », a-t-il ajouté en exhortant : « Offrez à tous sympathie et amitié… Vous avez une sensibilité particulière pour saisir la dimension humaine parce que vous savez ce qu’est la fragilité, le besoin de tendre les mains, de se faire aider en mettant de côté l’orgueil. »

Paroles du pape François

Chers frères et sœurs,

Quelle joie de vous voir nombreux en cette maison ! C’est comme la maison de Notre Mère, la maison de la miséricorde, l’Eglise qui accueille tout le monde, spécialement ceux qui ont besoin d’une place. Vous êtes au centre de cette maison. L’Eglise vous veut au centre. Elle ne prépare pas un lieu spécial ou différent : au centre et ensemble. L’Eglise est de tous, particulièrement des pauvres. Nous sommes tous des invités, seulement par grâce. C’est un mystère d’amour gratuit de Dieu qui nous veut ici, non par mérite, mais par son amour.

Dans cette maison, normalement on célèbre le mystère de l’Eucharistie, le repas sur lequel est déposé le pain et le vin qui deviennent le Corps et le Sang de Jésus, rompu et versé pour la multitude des hommes qu’Il aime. Que la mathématique de Dieu est étrange : elle se multiplie seulement si elle se divise !

Apprêtons toujours un repas d’amour pour qui en a besoin.

La charité n’est jamais à sens unique, elle est toujours circulaire et tous donnent et reçoivent quelque chose. Tous nous recevons et tous nous savons et nous pouvons donner beaucoup. Jésus n’écarte personne, il ne méprise pas. Il a soif et il nous demande de lui donner à boire car il marche avec nous et souffre avec nous. Et nous avons cette cruche, peut-être un peu usée, qui peut lui donner de l’eau, qui est notre cœur ! Notre vie est toujours précieuse et nous avons tous quelque chose à donner aux autres.

A la fin, vous sera remise la nourriture la plus précieuse, l’Evangile, la Parole de ce Dieu que nous portons tous dans le cœur, qui pour nous chrétiens a le bon visage de Jésus. Il est pour vous ! Il est tourné justement vers ceux qui en ont besoin ! Prenez-le tous et portez-le comme signe, marque personnelle d’amitié avec Dieu qui se fait pèlerin et sans place pour la préparer à tous.

Nous sommes tous des voyageurs, des mendiants d’amour et d’espérance, et nous avons besoin de ce Dieu qui se fait proche et se révèle dans la fraction du pain.

Ce pain d’amour qu’aujourd’hui nous partageons, apportez-le vous aussi aux autres. Offrez à tous sympathie et amitié. C’est l’engagement que nous pouvons tous avoir. Il y en a grand besoin. Vous avez une sensibilité particulière pour saisir la dimension humaine, parce que vous savez ce qu’est la fragilité, le besoin de tendre les mains, de se faire aider en mettant de côté l’orgueil.

Le “Notre Père” que nous réciterons à la fin est vraiment la prière des pauvres. La demande de pain, en effet, exprime la confiance en Dieu pour les besoins primaires de notre vie. Ce que Jésus nous a enseigné par cette prière exprime et recueille la voix de ceux qui souffrent de la précarité de l’existence et du manque du nécessaire. Aux disciples qui demandaient à Jésus de leur enseigner à prier, Il a répondu avec les paroles des pauvres qui s’adressent à l’unique Père dans lequel tous se reconnaissent comme frères. Le “Notre Père” est une prière qui s’exprime au pluriel : le pain qui se demande est “notre”, et cela implique partage, participation et responsabilité commune. Dans cette prière, nous reconnaissons tous l’exigence de dépasser toute forme d’égoïsme pour accéder à la joie de l’accueil réciproque.

Aujourd’hui nous pouvons partager notre pain quotidien. Et nous voulons tous en remercier Dieu.

© Traduction de Zenit, Anne Kurian

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