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Card. George Pell, wikimedia commons, Kerry Myers

Card. George Pell, wikimedia commons, Kerry Myers

Australie: rejet de l’appel du card. George Pell

Le cardinal Pell « maintient son innocence »

« La Cour suprême de Victoria, en Australie, a confirmé la condamnation prononcée en février lors du procès en première instance pour abus sexuels sur mineurs. Les avocats du cardinal ont 28 jours pour présenter un dernier recours », annonce le Saint-Siège, ce mercredi 21 août 2019.

« Le cardinal Pell est évidemment déçu par la décision prise aujourd’hui», il « maintient son innocence », a déclaré son porte-parole peu de temps après l’annonce de la décision prise à deux juges contre un. « Son équipe juridique, a ajouté le porte-parole, examinera minutieusement le jugement afin de déterminer une demande spéciale auprès de la Haute Cour. »

Mgr Mark Coleridge, président de l’épiscopat australien, l’archevêque de Melbourne, Mgr Peter Comensoli, ainsi que Mgr Anthony Fisher, archevêque de Sydney, ont fait leurs déclarations après l’annonce de la décision par les juges.

Peu après 9h30 à Melbourne (1h30 à Rome), les juges ont annoncé leur décision dans le cadre de l’audience d’appel de juin dernier.
A l’issue de l’audience du 13 mars 2019, le cardinal Pell a été condamné à six ans de prison, dont il doit accomplir au moins trois ans et huit mois. Tout de suite après la condamnation, le cardinal avait fait appel, mais il avait été immédiatement écroué. L’audience d’appel s’est tenue les 5 et 6 juin.

Le Saint-Siège exprime à nouveau, comme le 26 février dernier, son « respect pour les autorités judiciaires australiennes » et « prend acte » de la décision de rejeter l’appel du cardinal George Pell, a déclaré le directeur de la Salle de presse du Vatican, Matteo Bruni, dans un communiqué en italien et en anglais.

Le Saint-Siège attend d’être informé de l’évolution de la procédure judiciaire, mais rappelle aussi que le cardinal a toujours protesté de son innocence, et qu’il peut faire appel à la Haute Cour.

Le Saint-Siège redit sa proximité avec les victimes d’abus sexuels et son engagement à poursuivre en justice les membres du clergé qui en seraient coupables.

Un premier procès du cardinal Pell pour des délits anciens d’abus sexuels s’était conclu sans verdict, et il a été suivi d’un second procès avec verdict de culpabilité. Un deuxième chef d’inculpation a été rejeté par le tribunal pour manque de preuves admissibles.
Le card. Pell proteste de son innocence
Mgr George Pell avait été nommé évêque auxiliaire à Melbourne en 1987, puis archevêque en 1996. Il a été nommé archevêque de Sydney en 2001 et il a été créé cardinal en 2003 par Jean-Paul II. En avril 2013, le pape François l’a nommé membre du Conseil des cardinaux et en février 2014, préfet du Secrétariat pour l’Économie, rappelle Vatican.

En juin 2017, après deux ans d’enquête en Australie, il a été formellement incriminé avec divers chefs d’inculpation pour des « délits anciens de violence sexuelle », dans deux affaires distinctes. Le cardinal Pell s’était déclaré « innocent de ces accusations », en les qualifiant de « fausses » en protestant: « l’idée d’abus sexuels est pour moi aberrante ». Il avait annoncé son retour en Australie pour « laver l’honneur de son nom ». Le pape François lui a alors accordé une période de congé pour lui permettre de « se défendre » en Australie.

Le 26 février dernier le Vatican a annoncé que le pape François a confirmé les mesures conservatoires prises vis-à-vis du cardinal Pell par l’évêque local qui lui interdisent « l’exercice public du ministère» et «le contact sous quelque mode et forme avec des mineurs ».

Le 12 décembre 2018, le Vatican avait expliqué que le pape avait retiré le cardinal Pell du Conseil des cardinaux en raison de son « âge avancé », et, fin février, que le mandat du cardinal Pell comme préfet du Secrétariat pour l’Économie était arrivé à son terme (cinq ans).

Le « procès de la cathédrale »

Convoqué devant le tribunal de Melbourne, le 1er mai 2018, le cardinal Pell s’est déclaré non-coupable. Les accusations ont mené à deux procédures, dénommées « procès de la cathédrale » et « procès des nageurs », rappelle le même source.

Dans la première affaire, le cardinal Pell a été accusé d’agression sexuelle contre deux enfants de chœur dans la sacristie de la cathédrale de Melbourne après une messe à la fin 1996, et de nouveau début 1997.

Dans la deuxième affaire, il a été accusé d’agression à caractère sexuel contre deux garçons qui l’accusaient d’attouchements pendant, à la piscine, à la fin des années 70.

Les délibérations du jury sur le « procès de la cathédrale », qui a commencé en août 2018, n’ont pas abouti, les jurés n’ayant pas réussi à atteindre un verdict unanime ou majoritaire. Un nouveau procès, en novembre, avec un nouveau jury est arrivé en décembre à la conclusion que, sur la base des éléments présentées au tribunal, Pell est coupable.

Le second procès, prévu pour avril, n’a pas eu lieu du fait de « manque de preuves admissibles ».

 

 

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