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Du catholicisme en Amérique

Entre intégration sociale, influence politique et tensions avec le Saint-Siège, le catholicisme américain traverse une nouvelle phase de visibilité et de confrontation

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Première publication le 10 avril sur le blog La Nouvelle Ligne

Lorsqu’il faisait campagne en vue des élections présidentielles de 1960, John Kennedy, alors candidat, s’était senti obligé d’assurer à son électorat qu’il ne prendrait pas ses ordres au Vatican. A cette époque, le parti démocrate, dont Kennedy était le champion, se voulait entre autres le parti des minorités, y compris catholique, cette dernière composée alors des Irlandais, des Polonais et des Italiens. Si les catholiques d’alors sont bien entendu admis dans la société, ils font l’objet d’une certaine condescendance par une Amérique dont la culture s’est forgée dans la matrice du protestantisme, en particulier dans sa dimension réformée.

Soixante ans plus tard, Joe Biden, deuxième président catholique de l’histoire des Etats-Unis, non seulement ne se sent plus tenu de justifier son appartenance religieuse, mais n’en fait guère mystère et s’affiche volontiers un chapelet à la main. Entretemps, d’une part des millions de latinos sont venus gonfler l’Amérique catholique, tandis que d’autre part le vote catholique en tant que tel a disparu si bien que de nos jours les catholiques votent comme les autres Américains, pour l’un ou l’autre parti.

Les catholiques dans la cité

Bien plus, les catholiques forment désormais une composante de la société américaine, qui s’affiche sans complexe en tant que telle. Ils fournissent des intellectuels de premier plan, Monseigneur Robert Barron, Dr. Scott Hahn et George Weigel parmi eux, des journalistes ou influenceurs parmi lesquels on retiendra les noms de Megyn Kelly et de Ross Douthat aux côtés de celui de Steve Bannon. Mais ce qui frappe en 2026, c’est le poids des personnalités de confession catholique au sein de l’administration Trump : J.D. Vance le vice-président, Marco Rubio, le secrétaire d’État, l’un et l’autre tenants du courant MAGA, auxquels s’ajoutent six des neuf juges de la cour suprême. A l’heure où les Etats-Unis célèbrent le 250e anniversaire de leur indépendance, le catholicisme s’y est banalisé.

Du sionisme au sionisme chrétien

Pourtant, avec le déclenchement de la guerre d’Iran, cette dimension religieuse de la vie américaine a refait surface de manière soudaine. Cette guerre semble avoir été non seulement portée mais voulue d’une part par Jared Kushner, le gendre du président Trump et un proche du premier ministre israélien Netanyahou, et d’autre part par les tenants d’un sionisme chrétien, un courant très présent parmi les évangéliques. Selon ces derniers, dans une vision littérale de la fin des temps, il est nécessaire que le peuple juif assure son emprise sur la terre d’Israël afin de hâter le second avènement du Messie. Le sénateur Ted Cruz comme Paula White en sont des représentants importants, tandis que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, lui-même conseillé par Doug Wilson, recourt à un langage biblique en vue de justifier la guerre qu’il est chargé de mener.

Léon XIV vs Donald Trump

A l’heure même donc où le catholicisme s’est établi dans la société américaine, un choc frontal se produit entre l’administration Trump et le Saint-Siège.

 

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Dominique de la Barre

Dominique de la Barre est un Belge de l'étranger naturalisé suisse, amateur d'histoire et du patrimoine culturel européen, attaché aux questions liées à la transmission. Retrouvez son blog La Nouvelle Ligne sur lanouvelleligne.com

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