Léon XIV n'était pas seulement américain, mais aussi un supporter de longue date des Chicago White Sox © National Catholic Reporter

Léon XIV n'était pas seulement américain, mais aussi un supporter de longue date des Chicago White Sox © National Catholic Reporter

White Sox de Chicago : un match hommage au pape Léon XIV

Une casquette inspirée de la mitre papale sera distribuée lors d’une rencontre à Chicago

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(ZENIT News / Chicago, 12 avril 2026) – Lorsque l’Église catholique a élu son premier pape américain, l’attention du monde entier s’est rapidement portée sur les questions de théologie, de diplomatie et de leadership ecclésiastique. Cependant, à Chicago, un autre détail a captivé le public avec une force inhabituelle : le nouveau pontife, Léon XIV, était non seulement américain, mais aussi un fervent supporter des White Sox de Chicago depuis toujours. Ce qui aurait pu rester une simple anecdote biographique est devenu un phénomène culturel, culminant aujourd’hui en un hommage unique mêlant dévotion, identité et spectacle commercial. 

Le 11 août prochain, lors d’un match à domicile contre les Reds de Cincinnati, les White Sox distribueront aux supporters présents une coiffe en édition limitée inspirée de la mitre papale. Initialement conçue comme un article promotionnel lié à certains forfaits de billets, l’initiative a été étendue face à la forte demande et est désormais offerte à tous les spectateurs entrant dans le stade. La coiffe elle-même — noire et or, ornée du logo de l’équipe — transpose l’un des symboles les plus reconnaissables de l’autorité ecclésiastique dans le langage du merchandising sportif. 

Ce geste témoigne d’un lien authentique. Léon XIV, natif de Chicago, est depuis longtemps associé à la franchise du South Side. Sa présence lors du premier match des Séries mondiales de 2005 reste une source de fierté pour les supporters : assis dans la section 140, rangée 19, siège 2, il a assisté à la victoire 5-3 contre les Astros de Houston, l’une des quatre victoires consécutives qui a permis à l’équipe de remporter son premier titre depuis 1917. Ce moment a été immortalisé dans le stade lui-même, où une installation graphique près de ce même siège montre le futur pape saluant la foule, aux côtés d’une image extraite de la retransmission télévisée originale où il apparaît avec des amis. 

La relation entre le pape et l’équipe a continué de se développer symboliquement. En 2025, le stade – désormais appelé Rate Field – a accueilli un événement public pour commémorer son élection, tandis que l’ancien capitaine des White Sox, Paul Konerko, a reçu un maillot signé par le pape lors des célébrations du championnat. Cet échange, qui a uni deux personnalités associées au numéro 14, a renforcé le respect mutuel entre l’Église et le monde du sport. 

Léon XIV lui-même n’a pas démenti cette image. À plusieurs reprises, il a fait preuve d’une spontanéité surprenante, inhabituelle au sein du protocole vaticanais. Il a porté une casquette des White Sox lors d’une apparition publique, a répondu avec humour aux supporters des équipes rivales et a ouvertement exprimé son affection pour cette équipe. Ces gestes, bien que mineurs en soi, ont contribué à une plus grande perception d’accessibilité et de proximité culturelle, notamment aux États-Unis, où la papauté est souvent perçue d’un point de vue institutionnel plus distant.

 Cependant, la distribution prévue de chapeaux en forme de mitre a également suscité des inquiétudes dans certains milieux catholiques. La mitre n’est pas un simple ornement ; c’est un insigne liturgique réservé aux évêques, symbolisant leur autorité d’enseigner, de sanctifier et de gouverner. Ses origines remontent aux premiers siècles de l’Église et elle demeure étroitement liée à la structure visible de la hiérarchie ecclésiastique. C’est pourquoi certains observateurs se demandent si son utilisation comme objet promotionnel ne risque pas de banaliser un symbole de la charge sacrée. 

Parmi ceux qui expriment leur inquiétude figure le prêtre dominicain Patrick Mary Briscoe, qui a souligné la différence entre les manifestations d’enthousiasme spontanées et l’utilisation institutionnelle d’images religieuses à des fins commerciales. Tout en reconnaissant les bonnes intentions qui sous-tendent cette initiative, il a suggéré que d’autres formes d’hommage – comme des objets commémoratifs sans connotation liturgique – auraient été plus appropriées. L’archidiocèse de Chicago, quant à lui, a indiqué qu’il n’avait pas été consulté au sujet de l’utilisation de la mitre dans ce contexte. 

L’enthousiasme suscité par cette initiative est indéniable. Pour de nombreux supporters, l’événement représente un moment de partage et d’identité, l’occasion de célébrer une figure locale ayant acquis une renommée internationale sans renier ses racines. En ce sens, le stade devient bien plus qu’un simple lieu de rencontre sportive ; il se transforme en un espace où convergent fierté civique, appartenance religieuse et mémoire collective. 

Cette convergence révèle aussi quelque chose sur la papauté contemporaine. À l’ère de la communication de masse et de l’immédiateté symbolique, les traits de personnalité d’un pontife peuvent avoir un impact profond, bien au-delà des frontières ecclésiastiques traditionnelles. L’attachement de Léon XIV au baseball – en particulier à une équipe qui incarne l’esprit de la classe ouvrière du South Side de Chicago – a ouvert une voie de rapprochement inattendue, qui relève moins de la doctrine que d’une expérience culturelle partagée. 

Il reste à voir si ces chapeaux en forme de mitre seront finalement perçus comme un hommage créatif ou une appropriation malheureuse. Ce qui est d’ores et déjà clair, en revanche, c’est que la figure du pape est entrée dans un imaginaire collectif nouveau, où le sacré et le quotidien, le liturgique et le récréatif, coexistent de manière à défier les catégories conventionnelles. 

 

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Tim Daniels

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