Eglise en sortie : le pape montre l'exemple !

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«Il enseigne à vivre une Eglise qui soit une famille solidaire»

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Si le pape invite « à être une Église en sortie », il en « montre l’exemple par sa vie, son ministère, ses gestes, ses paroles, son désir d’une Église pauvre pour les pauvres. Il est en train de nous enseigner à vivre l’image d’une Église qui soit une famille solidaire, une communauté d’amour plus qu’une ONG », affirme Michel Roy, Secrétaire général de Caritas Internationalis.

Michel Roy a présenté le Message du pape pour le carême 2015, «Tenez ferme» (Jc 5,8), au côté du secrétaire du Conseil pontifical Cor Unum, Mgr Giampietro Dal Toso, et du sous-secrétaire, Mgr Segundo Tejado Muñoz, ce mardi matin, 27 janvier, au Vatican.

Intervention de Michel Roy

Je remercie le Conseil Pontifical Cor Unum qui m’a donné l’opportunité de participer, en ma qualité de Secrétaire Général de Caritas Internationalis, à la présentation du Message du Saint Père François pour le Carême 2015.

Caritas Internationalis est une Confédération d’organisations catholiques pour la charité et la justice sociale au nom de l’Évangile et de l’Enseignement Social de l’Eglise. Elles sont aujourd’hui au nombre de 164 travaillant dans 200 pays et territoires à travers le monde, agissant ensemble et en communion avec les Églises locales pour répondre aux situations d’urgence et pour soutenir les efforts des communautés qui s’engagent pour améliorer leurs conditions de vie.

Dans son message de cette année le Pape nous rappelle que le Carême est un temps d’invitation au renouveau pour l’Église, les communautés et les fidèles.

Pour réponse à cette invitation, le Pape François insiste de nouveau sur la mondialisation de l’indifférence, demandant à l’Église et à ses dirigeants, aux communautés chrétiennes et à chacun de nous de s’engager à dépasser cette indifférence avec la force de la foi, de la prière et de la charité fraternelle, en écoutant le cri de ceux qui souffrent de toute forme de pauvreté, d’exclusion et d’oppression. Il s’agit d’imiter Dieu lui-même, un Dieu qui rend justice aux opprimés, protège l’étranger, soutient la veuve et l’orphelin…(Cf. Psaume 146). Il s’agit d’agir en son nom, Lui qui s’est manifesté à nous en Jésus Christ qui s’est identifié avec les pauvres et les opprimés (Cf. Mt 25) et qui est venu pour que tous aient la vie en abondance (Cf. Jn 10 :10). Il s’agit d’opposer à la mondialisation de l’indifférence, la mondialisation de la solidarité !</p>

A cet effet, il faut écouter les prophètes de notre temps, dans l’Eglise et dans la société. En particulier les pauvres eux-mêmes et ceux et celles qui agissent avec eux pour défier, contester la domination de l’argent, la destruction de l’environnement, l’exploitation des ressources des pays pauvres, le trafic des êtres humains, le commerce des armes, etc. Certains de ces prophètes risquent leur vie au quotidien ou sont simplement accusés d’ignorance !

Le Pape nous invite à être une Église en sortie pour aller vers les périphéries, pour se confronter avec les réalités de notre monde et pour les évangéliser avec joie.

En fait, le Pape en personne nous en montre l’exemple par sa vie, son ministère, ses gestes, ses paroles, son désir d’une Église pauvre pour les pauvres ! Il est en train de nous enseigner à vivre l’image d’une Église qui soit une famille solidaire, une communauté d’amour plus qu’une ONG.

Le Saint Père, à l’instar de Jésus qui ne s’était jamais montré indifférent devant aucune forme de souffrance, de misère et d’oppression vient de nous montrer des voies et moyens pour nous

engager concrètement pour vaincre la mondialisation de l’indifférence à l’occasion de ses récents voyages apostoliques au Sri Lanka et aux Philippines.

Ses appels pour la paix et la réconciliation, pour le dialogue entre les religions au Sri Lanka, un pays qui a vécu la tragédie du Tsunami il y a 10 ans et qui a connu aussi des décennies de conflit et d’une guerre meurtrière dont les plaies sont encore ouvertes.

Et que dire des Philippines où le Pape est allé à la rencontres des millions de philippins et où sa présence, ses paroles, ses gestes n’ont laissé personne indifférent. !

Nous l’avons suivi à Manilles, avec les enfants de la rue et les jeunes. Nous l’avons vu profondément touché par les paroles d’une petite fille incapable de comprendre comment Dieu peut permettre que des enfants qui sont innocents souffrent et subissent des mauvais traitements. Nous l’avons observé à Tacloban après avoir bravé le typhon qui menaçait. Nous l’avons accompagné lors de ses offices religieux inoubliables non seulement pour les Philippins, mais aussi pour le monde tout entier. Nous l’avons entendu parler aux responsables politiques de ce pays et à tous les dirigeants du monde qui continuent à faire des choix dans le domaine politique, économique, et social qui accroissent les inégalités et les souffrances pour les plus pauvres. Nous l’avons entendu dénoncer « une forme de colonisation idéologique » avec les attaques contre les valeurs fondamentales de toute société que sont la famille, l’ouverture à la vie, la paternité-maternité responsable, le soin pour toute la création, la solidarité, la dignité humaine.

Le Pape ne cesse d’attirer l’attention sur d’autres situations de détresse. Avec lui, nous nous sentons appelés et encouragés à agir sur tous les fronts pour accueillir avec dignité les migrants (souvenons-nous de sa visite à Lampedusa), pour promouvoir la paix au Moyen Orient, en Ukraine, au Nigeria, en République Centrafricaine où il compte se rendre le moment venu. Nous sommes appelés à soutenir toute initiative de paix au Soudan et au Sud Soudan, à apporter de l’aide humanitaire aux réfugiés, à ne pas oublier les pays touchés par le virus d’Ebola, à promouvoir le droit à une alimentation suffisante et de qualité pour tous. Le Pape continue à soutenir la Campagne « Une seule famille, de la nourriture pour tous », lancée par Caritas Internationalis et dans laquelle la plupart des Caritas sont engagées de par le monde.

Cette année au mois de mai, il y aura l’Assemblée Générale de Caritas Internationalis du 12 au 17 mai à Rome. Le fil conducteur pour nous durant ce rendez-vous important pour Caritas sera l’appel du Pape François pour une Église pauvre pour les pauvres. Avec cet appel, avec son Exhortation Apostolique Evangeli Gaudium, avec ses homélies, ses interventions diverses, ses voyages apostoliques, bref, ses paroles et gestes que son message de Carême de cette année illustre bien, notre Assemblée de cette année aura une résonance toute particulière, C’est un grand défi que le Pape lance en particulier à sa Caritas pour l’inviter à être ce qu’elle est : un signe de l’amour de Dieu pour l’humanité, la caresse de la Mère Église à ses enfants.

C’est un privilège et une responsabilité pour nous de contribuer à relever ce défi pour que Caritas et ses membres, en communion avec les autres organismes ecclésiaux ou d’inspiration chrétienne, deviennent l’expression d’une Église pauvre pour les pauvres. Une Église qui nous montre la voie de la conversion, du retour à l’essentiel, du partage et de la simplicité de notre style de vie, à l’exemple de tant de saints.

Merci de votre attention.

© Caritas Internationalis

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Michel Roy

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