Au pays où tout passe 

    J'ai cherché ce qui dure toujours,
L'eau qui étanche sans détruire la soif
Le feu qui réchauffe sans consumer le désir.

     Et l'Amour a conduit mes pas
Jusqu'au seuil de sa Demeure sainte 
Où violence et bruit succombent
Peine et doute s'épuisent.

     La mort ne peut ternir 
La vie perdue en la beauté 
Ni les ténèbres fermer
Les lèvres ouvertes à la respiration des anges.

     Vole, mon âme,
Comme la colombe au creux du rocher 
Dépose mon coeur en cette éternelle beauté 
Qui d'âge en âge porte le monde.

     La Beauté n'a pas déserté la terre 
Elle y joue
À s'y faire oublier -
Admire à l'Obscur -.


Extrait de Le coeur épousé, Ad Solem, 2012