« Dans la Bible, il faut tout lire! » : l’invitation du cardinal Barbarin

Sans découpages ni omissions

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ROME, Mardi 7 octobre 2008 (ZENIT.org) – « Dans la Bible, il faut tout lire! » : c’est l’invitation du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, lors de son intervention au synode des évêques sur la Parole de Dieu. Il invite à garder aux pages de l’Ecriture leur force « prophétique », recevoir leur « lumière », sans découpages ni omissions.

« Dans la Bible, il faut tout lire! Au coeur de la Parole de Dieu, l’Écriture est une source qui irrigue toute la vie de l’Église. Il est essentiel d’entourer la liturgie de la Parole d’une belle solennité, car elle est la rencontre habituelle entre Dieu et son peuple », a rappelé le primat des Gaules.

Il évoque ainsi les choix de la liturgie et des « découpages »: « Les lectures liturgiques doivent être choisies en fonction d’un critère essentiel: l’unité du message que nous offre cette Parole. Même si les découpages posent de vraies questions, certaines absences en posent davantage. Cela est dû à des peurs infondées qu’il faut dénoncer ».

Il donne cet exemple de la « colère » du Christ : « On ne lit jamais, le dimanche, Mat. 23, 13-31: ‘Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites…’ qui donne pourtant un éclairage si utile sur l’enseignement des Béatitudes (et les vendeurs chassés du Temple, une fois tous les trois ans). Douterions-nous que la colère de Jésus n’est qu’une expression de son amour? »

Mais c’est la catéchèse qui est touchée aussi par ce que l’archevêque appelle des « omissions » : « Certaines omissions affadissent notre catéchèse. En racontant l’histoire de l’enfant Samuel, on passe sous silence le contenu du message, si dur pour un enfant (1 Sam 3, 1-10; ou Jérémie 15. 16, 1 Rois 19, 12-18). Il ne faut pas cacher ce que la transmission de la Parole peut nous coûter ».

Il invite donc à garder à l’Ecriture sa force prophétique : « Il y a une autre cause dans l’omission de certains passages. En 2 Pi, 12-21, l’auteur veut laisser un message fort: « J’emploierai mon zèle à ce qu’en toute occasion, après mon départ, vous puissiez vous remettre ces choses en mémoire ».

Témoin oculaire de la Transfiguration, il rappelle que les Écritures donnent à connaître la Présence de Notre Seigneur. Son objectif est que l’on ne perde pas la mémoire, et le contact avec les Écritures, dont la vie de Jésus est l’accomplissement. Cette parole a, pour ainsi dire dans la Bible, la valeur d’un testament spirituel donné à toute l’Église: méfiez-vous de l’orgueil qui vous conduirait à penser que les paroles anciennes n’ont plus d’intérêt. Il nous faut au contraire tenir ‘plus fermement à la parole prophétique’ ».

Soucieux du dialogue avec le judaïsme, le cardinal Barbarin fait observer : « Cette exhortation n’est pas déplacée non plus pour les juifs. N’accueillent-ils pas la parole prophétique surtout comme une invitation renouvelée à obéir à la Torah ? En vérité, les prophètes nous rappellent que Dieu peut faire irruption librement dans la vie de son peuple. Tenons donc encore plus fermement à leur parole, après que Jésus nous en a montré le sens et la portée ».

A propos de ces lacunes, l’archevêque fait observer encore : « Toujours est-il qu’au fil des siècles, on a vu chez les chrétiens cette triste tendance à ‘oublier’ les Saintes Écritures, à les regarder comme ‘des fables sophistiquées’. Nous avons besoin au contraire que, ‘portés par l’Esprit Saint, des hommes continuent de nous parler de la part de Dieu’ ».

« Les Écritures, conclut le cardinal Barbarin, demeurent ‘une lampe qui brille’ dans nos ténèbres présentes. Elles nous gardent dans l’humilité,’en attendant que le jour rayonne et que l’étoile du matin se lève dans nos cœurs’. C’est pourquoi, jusqu’à la venue du Seigneur, il nous faut continuer à lire toutes les Écritures ».

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ZENIT Staff

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