Soixante ans de dialogue et de fraternité interreligieuse à la lumière de la Déclaration conciliaire Nostra aetate

Soixante ans de dialogue et de fraternité interreligieuse à la lumière de la Déclaration conciliaire Nostra aetate

« Un chemin d’espérance » : 60 ans de dialogue interreligieux à la lumière de Nostra aetate

Une note des trois dicastères publiée le 16 septembre à l’occasion du 60ᵉ anniversaire de Nostra aetate

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À l’occasion des 60 ans de la Déclaration conciliaire Nostra aetate, les Dicastères pour la Doctrine de la foi, pour la Promotion de l’unité des chrétiens et pour le Dialogue interreligieux proposent la note « Un chemin d’espérance ».

Publié le 16 septembre 2026, ce document revient sur les six décennies de dialogue interreligieux, en retrace les principales étapes, notamment dans les relations avec le judaïsme, et examine ses fruits, ses défis et ses perspectives d’avenir. Il invite à poursuivre ce chemin dans le respect, l’écoute et la fraternité, sans renoncer à l’identité chrétienne.

I. Introduction

Le 28 octobre 1965, la Déclaration du Concile Vatican II Nostra aetate « sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes » ouvrait un nouveau chapitre dans l’histoire des rapports entre catholiques, juifs et croyants d’autres confessions ou traditions spirituelles. Bien plus qu’un simple texte, elle marquait un changement profond dans la compréhension et l’expression du rapport de l’Église avec les croyants d’autres religions. Dans cette Déclaration, l’Église affirmait explicitement qu’elle « ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions», invitant les fidèles à considérer avec estime et respect « ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines»[1]. Rédigé dans le contexte de la vitalité créative et fraternelle du Concile, ce document garde toute son actualité dans un monde marqué, d’un côté par des attitudes généralisées de fermeture et de l’autre par une recherche de coexistence au sein d’une citoyenneté universelle, fondée sur la fraternité et la reconnaissance mutuelle.

Sous cet angle, Nostra aetate s’inscrit dans la même trame qu’une autre déclaration conciliaire, Dignitatis humanae, centrée sur le droit à la liberté religieuse. Aucune relation respectueuse des autres religions n’est ni sincère ni viable, sans un respect parallèle de la liberté religieuse d’autrui : « Cette exigence de liberté dans la société humaine regarde principalement les biens spirituels de l’homme, et, au premier chef, ce qui concerne le libre exercice de la religion dans la société »[2]. Cette conviction nous amène à réclamer la même liberté pour les chrétiens dans les pays où ils sont minoritaires[3].

Soixante ans après sa publication, la Déclaration Nostra aetate continue d’inspirer les choix pastoraux et théologiques de l’Église ; elle soutient également ce dialogue, qui, en étant la forme du développement de la vie humaine, est devenu de plus en plus indispensable dans les sociétés contemporaines. Toutefois, ce dialogue même constitue aussi un défi permanent : comment concilier la fidélité à l’identité chrétienne et l’ouverture sincère à l’altérité ? Comment vivre concrètement l’appel à une fraternité universelle dans des sociétés marquées par une diversité culturelle et religieuse croissante, par la guerre et la violence, et caractérisées par une tendance croissante à la sécularisation ? Ce document commémoratif vise à retracer les étapes essentielles du dialogue interreligieux après Nostra aetate, à en évaluer les acquis et les défis, afin d’esquisser quelques perspectives pour l’avenir.

La Déclaration Nostra aetate a vu le jour après la Seconde Guerre mondiale ; à l’origine, elle ne concernait pas le dialogue avec les autres religions, mais se voulait plutôt une réponse aux conséquences tragiques de l’antisémitisme qui a culminé avec la Shoah. Déjà très sensible à cette question, saint Jean XXIII, après une rencontre avec le juif Jules Isaac rendue possible grâce à la médiation de Maria Vingiani, fondatrice du Secrétariat pour les activités œcuméniques, chargea le cardinal Augustin Bea de rédiger un texte conciliaire visant à apaiser et à renouveler les relations entre l’Église et le peuple juif. Ce projet fut développé lors des sessions duConcile Vatican II et s’est concrétisé dans un texte qui, à l’instar du grain de moutarde de l’Évangile (cf. Mc 4, 31-32), a grandi au-delà de toute prévision, jusqu’à devenir un arbre majestueux qui a embrassé, outre la relation avec le judaïsme, le dialogue avec les différentes religions. Il reflète le dessein d’un accueil toujours plus universel, que l’Église souhaite offrir aux frères et aux sœurs des autres traditions religieuses, dans le respect et la recherche commune de la vérité.

À lire dans son intégralité en ligne.

 

 

[1] Conc. Œcum. Vat. II, Décl. Nostra aetate (28 octobre 1965), n. 2 : AAS 58 (1966), 741.

[2] Conc. Œcum. Vat. II, Décl. Dignitatis humanae (7 décembre 1965), n. 1 : AAS 58 (1966), 929-930.

[3] Cf. François, Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 253 : AAS 105 (2013), 1121.

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Rédaction

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