(ZENIT News / Washington, 12.09.2026).- Près de 170 ans après qu’une jeune fille de 14 ans soit devenue la protagoniste inattendue de l’une des histoires de pèlerinage les plus durables du catholicisme, Bernadette Soubirous se prépare à retourner aux États-Unis.
Le voyage débutera le 18 septembre à la basilique du Sanctuaire national de l’Immaculée Conception à Washington, D.C., et se poursuivra jusqu’en août 2027. Connu sous le nom de « Chemin de Grâce », ce pèlerinage comprendra près de 140 étapes à travers le pays, soit presque le double du nombre d’étapes de la première tournée américaine en 2022.
Le précédent voyage, qui avait permis de visiter 45 localités entre avril et août, avait révélé un regain d’intérêt pour les dévotions catholiques populaires qui avait même surpris certains organisateurs. Plus de 3 000 personnes s’étaient rassemblées dans une paroisse de Mineral Wells, au Texas, en un seul week-end. À Port St. Lucie, en Floride, un curé a décrit avoir entendu des confessions « sans interruption », tandis que le père Kenneth Schwanger, curé de Notre-Dame de Lourdes à Miami, se souvenait que de nombreuses petites paroisses n’avaient pas connu une telle affluence depuis des années.
Ce nouveau pèlerinage vise non seulement à renouveler cette expérience, mais aussi à l’enrichir. Pour la première fois, les reliques de Bernadette seront exposées dans des universités, portant ainsi l’histoire de Lourdes dans des lieux où la foi catholique est de plus en plus confrontée au défi de toucher les jeunes générations. L’une des étapes prévues est l’université Villanova en Pennsylvanie, l’alma mater du pape Léon XIV.
Le moment choisi est curieux. Le pape doit se rendre à Lourdes le 27 septembre, la veille de l’arrivée des reliques de Bernadette à Villanova. La coordinatrice de la tournée américaine, Toni J. Pallatto, a présenté ces visites universitaires comme une initiative visant à toucher les jeunes, qu’elle considère comme « l’avenir du catholicisme ».
Le fait de se concentrer sur Bernadette elle-même est significatif. L’histoire de Lourdes n’a pas commencé avec une figure religieuse influente, mais avec une jeune fille pauvre qui, à première vue, n’avait aucune raison apparente d’attirer l’attention des évêques, des chercheurs ou des foules.
Entre février et juillet 1858, Bernadette relata dix-huit rencontres avec une femme mystérieuse dans la grotte de Massabielle, près de Lourdes. Cette figure fut finalement identifiée comme l’Immaculée Conception et demanda la construction d’une chapelle à cet endroit.
L’un des épisodes les plus marquants eut lieu le 25 février, lorsque Bernadette reçut l’ordre de boire et de se laver à une source qui n’existait pas encore. Elle creusa dans la boue et finit par découvrir l’eau qui deviendrait la source de Lourdes et, avec le temps, l’un des éléments dévotionnels centraux du sanctuaire.
L’Église a toujours fait la distinction entre la foi et les affirmations de guérisons miraculeuses. Plus de 7 000 guérisons ont été rapportées en lien avec le sanctuaire, dont 70 ont été officiellement reconnues comme miraculeuses. Cette distinction est importante : le grand nombre de guérisons rapportées ne signifie pas que chaque guérison ait reçu une reconnaissance ecclésiastique.
Bernadette elle-même ne recherchait pas la gloire. Lors de ses interrogatoires, elle répétait sans cesse qu’on lui avait confié un message, et non la tâche de contraindre quiconque à croire. Elle entra ensuite dans les ordres et mourut en 1879 à l’âge de 35 ans. Sa spiritualité se résumait à son aspiration à ce que toute son existence soit inspirée par l’amour. Le pape Pie XI la canonisa en 1933.
Le pèlerinage américain offre une expérience différente d’une visite classique d’un lieu de culte. Les reliques relient les catholiques contemporains à une personne dont la vie est entrée dans la mémoire collective de l’Église, tandis que le pèlerinage offre l’occasion de vivre cette mémoire en communauté, plutôt que de simplement la lire.
Les organisateurs associent le pèlerinage à travers les États-Unis à la prière, au-delà des lieux visités par les reliques. Sur le site officiel du pèlerinage, les catholiques peuvent suivre l’itinéraire, s’abonner aux alertes, demander des messes pour des intentions particulières au Sanctuaire de Lourdes, allumer un cierge à distance et soumettre des intentions de prière qui seront portées en France. Les paroisses souhaitant accueillir les reliques peuvent également en faire la demande, et un parcours de prière complémentaire est proposé via l’application Hallow.
Pour Schwanger, témoin de l’engouement extraordinaire suscité par le pèlerinage de 2022, cet attrait ne s’explique pas entièrement par des statistiques ou des données historiques. « L’information a ses limites », a-t-il déclaré. « Ce qui compte vraiment, c’est l’expérience. »
Cela pourrait expliquer pourquoi l’histoire de cette adolescente française continue de voyager à travers le monde. Bernadette n’a jamais cherché à créer un mouvement, ni prétendu avoir l’autorité nécessaire pour imposer ses croyances. Elle a simplement insisté pour raconter ce qu’elle disait avoir vu.
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