Messe pour la paix à la cathédrale Saint-Étienne de Metz, 28 septembre 2026 © Vatican Media

Messe pour la paix à la cathédrale Saint-Étienne de Metz, 28 septembre 2026 © Vatican Media

La journée du pape à Metz : « Un phare d’espérance pour ce pays, pour l’Europe et pour le monde »

28 septembre 2026, dernière journée du pape Léon XIV en France

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Pour le quatrième jour et la dernière étape de son voyage apostolique en France, le pape Léon XIV est arrivé ce lundi matin 28 septembre 2026 à l’aéroport international de Metz. En choisissant de se rendre dans cette ville de Moselle, il suit les pas de son prédécesseur saint Jean-Paul II, venu lui aussi en octobre 1988. 

Si elle a beaucoup souffert au cours de son histoire, la ville de Metz incarne la réconciliation franco-allemande. Elle a également été profondément marquée par la figure du vénérable Robert Schuman (1886-1963), homme politique originaire de la région et l’un des pères fondateurs de l’Union européenne. 

Proche de l’Allemagne, du Luxembourg et de la Belgique, Metz a changé plusieurs fois de nationalité dans l’histoire : annexée à deux reprises par l’Allemagne, elle est redevenue française après la Seconde Guerre mondiale. C’est donc un lieu emblématique en Europe, véritable carrefour entre différentes langues, cultures et religions.

« Dialoguer ne diminue pas notre identité »
Des dizaines de milliers de personnes ont convergé vers la ville de Metz © facebook.com/Diocèse de Metz

Des dizaines de milliers de personnes ont convergé vers la ville de Metz © facebook.com/Diocèse de Metz

Le pape s’est d’abord rendu au Centre des congrès Robert Schuman pour une rencontre interreligieuse avec les responsables de culte en France (CRCF), à laquelle participait le président de la Conférence des évêques de France, le cardinal Jean-Marc Aveline, ainsi que les responsables des autres religions en France.

Dans son discours, le Saint-Père a souligné l’importance de continuer le dialogue interreligieux initié par le Concile Vatican II, et d’établir des moments de fraternité pour construire la paix entre les peuples. « Dialoguer ne diminue pas notre identité mais l’exprime avec simplicité et vérité en nous ouvrant à la différence de l’autre », a-t-il déclaré.

De même qu’à Lourdes, il a insisté sur le caractère sacré de toute vie humaine. Il a appelé une fois de plus à la responsabilité de chacun, car « les religions sont gardiennes de la vie : elles en affirment la valeur sacrée. Leur fécondité se démontre dans leur présence aimante auprès des personnes les plus vulnérables et les plus fragiles ».

Puis, à l’issue de la rencontre, les chefs religieux ont publié « l’appel de Metz », un texte dans lequel ils exhortent les croyants « à être des veilleurs, attentifs à la dignité de chacun et au soin de l’autre » : « Que cet appel de Metz devienne pour tous “une boussole d’espérance” et nous rappelle qu’aucune paix durable ne se construit sans l’autre, ni contre lui. Telle est notre volonté, tel est notre engagement », ont-ils écrit de concert.

Suivre le chemin de réconciliation initié par Robert Schuman
Rencontre interreligieuse au Centre des congrès Robert Schuman © facebook.com/Diocèse de Metz


Rencontre interreligieuse au Centre des congrès Robert Schuman © facebook.com/Diocèse de Metz

Cette réunion a été suivie d’une rencontre intitulée « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ». Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est déplacé pour l’occasion, ainsi que des représentants des institutions européennes, de la société civile et du dialogue franco-allemand.

Dans un nouveau discours, le pape a rendu hommage à Robert Schuman, dont l’enseignement incite à rechercher la paix avec réalisme. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, son projet était de remplacer l’hostilité entre la France et l’Allemagne par une véritable coopération entre les pays.

Enfin, après avoir reparlé de la place centrale de la dignité humaine, le Saint-Père s’est adressé aux jeunes, appelés à construire l’Europe d’aujourd’hui et de demain. Il leur a demandé de garder le « courage de vivre de manière responsable la mission de construire la paix » : « Soyez des bâtisseurs de communautés ! Et avec vous, l’Europe, solidement enracinée, continuera à s’épanouir et à inspirer le monde entier. »

« La brèche qui laisse passer la lumière »

En début d’après-midi, après avoir déjeuné et s’être reposé à l’archevêché, le pape a déambulé en papamobile dans les rues de la ville. Il ainsi fait un parcours de plus de 2 kilomètres, bénissant sur son chemin les milliers de fidèles. Il s’est ensuite arrêté pour entrer dans la cathédrale Saint-Étienne , surnommée « La lanterne du Bon Dieu » en raison de ses 6 500 m² de vitraux, dont certains réalisés par Marc Chagall.

Le Saint-Père a présidé la messe solennelle pour la paix, moment culminant de la journée. De nombreux évêques, prêtres, religieux et fidèles laïcs ont assisté à cette célébratio, de même que le président de la République française – qui a finalement décidé d’y participer. En tout, 2 000 personnes ont pu entrer à l’intérieur de l’édifice, tandis que 12 000 ont suivi la célébration dehors grâce aux écrans géants.

Le pape a donné deux discours au centre des congrès Robert Schuman ©  P. Jorge Mújica

Le pape a donné deux discours au centre des congrès Robert Schuman ©  P. Jorge Mújica

Dans son homélie, le pape a rappelé que la paix est un don de Dieu qui se construit, et qui « exige une réponse des hommes dans un effort partagé ». Cela passe par le dialogue, le pardon et la miséricorde. Puis, en contemplant la multiplicité des vitraux de la cathédrale et la lumière unifiée qui s’en dégageait, il a souligné que « l’avenir de l’Europe ne réside pas dans l’uniformisation, mais dans l’harmonie des différences, où la blessure du passé devient une brèche laissant passer la lumière ». Et il a conclu sur ces mots : « Votre communauté de Metz est appelée aujourd’hui plus que jamais à être un phare d’espérance pour ce pays, pour l’Europe et pour le monde. »

Enfin, après une journée intense et une cérémonie officielle d’au revoir à l’aéroport, le pape Léon XIV a décollé à 19 heures en direction de la Ville éternelle, laissant un peuple français ébloui d’avoir tant reçu, nourri par des célébrations profondes et encouragé par des messages de pardon, de vie et d’espérance. Le Saint-Père a offert quatre jours de sa vie de pape aux français : une grande grâce pour notre pays, à déployer largement et dans la durée.

 

 

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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