S. Ém. le Cardinal Jean-Marc Aveline accueille le pape Léon XIV à Metz

S. Ém. le Cardinal Jean-Marc Aveline accueille le pape Léon XIV à Metz

À Metz, le cardinal Aveline rappelle les racines chrétiennes de l’Europe

Le président de la CEF souligne la vocation de l’Europe à la paix et à la réconciliation

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Metz, 28 septembre 2026 — En accueillant le pape Léon XIV à Metz pour la rencontre « Aux racines de l’Europe, pour la paix et l’unité », S. Ém. le Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des Évêques de France a rappelé l’histoire de réconciliation entre les peuples européens et les profondes racines chrétiennes du continent, appelant l’Europe à porter aujourd’hui un message de paix dans le monde.

 

Très Saint-Père,

Je me souviens que, lorsqu’il m’a été donné de travailler avec vous afin d’ébaucher les grandes lignes de votre voyage en France, nous avions évoqué plusieurs hypothèses en plus des passages, en quelque sorte obligés, à Paris et à Lourdes. J’avais inscrit Metz parmi les nombreuses villes de France où vous pourriez vous rendre, comme Ars, Lisieux, Lyon ou bien d’autres encore, en indiquant simplement pour Metz qu’une étape en Lorraine vous permettrait d’évoquer la guerre et la paix, l’Europe et la réconciliation. Et lors d’un autre entretien, celui où il fallait choisir, vous m’aviez dit : Metz, à cause de l’Europe !

Et nous voilà à Metz, Très Saint-Père ! Averti de ce projet, le Président de la République française a fait le choix de nous rejoindre ici et je tiens à lui exprimer, avant de lui donner la parole dans un instant, nos plus sincères remerciements, non seulement pour sa présence ce matin, mais aussi pour son implication personnelle, déterminée et efficace, pour le bon déroulement de tout votre voyage. Lui-même a décidé d’inviter ses homologues de différents pays européens, et j’ai moi-même convié les autres présidents de conférences épiscopales d’Europe, ainsi que plusieurs pères abbés et mères abbesses de monastères frontaliers. Au nom de toute l’Église qui est en France, et en communion avec Mgr Philippe Ballot, archevêque ad personam de Metz, je souhaite à tous la bienvenue pour cette matinée, exceptionnelle à plus d’un titre.

D’abord et avant tout, parce que nous sommes ici non pas en un lieu où siègent des institutions européennes, comme c’est le cas à Bruxelles, à Strasbourg, ou à Luxembourg, mais plutôt dans une région, la Lorraine, où ont grandi, sur l’humus d’un sol ensanglanté par les guerres et la haine, les désirs audacieux d’une réconciliation entre les peuples. Robert Schuman ici, Alcide de Gasperi en Italie, Konrad Adenauer en Allemagne, et tant d’autres dans toute l’Europe, ont permis à ces intuitions de donner naissance à des institutions, afin de sortir du cycle infernal de la vengeance et de poser les bases d’une nouvelle espérance, une petite et fragile espérance, comme aurait dit Charles Péguy, tombé, comme tant d’autres jeunes de son âge, au tout début de la Première Guerre mondiale.

Grâce à la présence dans notre assemblée des abbés et abbesses de divers monastères, nous nous souvenons que l’Europe, dont les racines sont fortement imprégnées de christianisme, préexiste aux constructions politiques qui actuellement tentent de lui donner un visage. Séjournant récemment à l’abbaye de Cîteaux, j’ai pu voir le bâtiment du Définitoire, où siégeait une sorte de premier Parlement européen, dans lequel se réunissaient chaque année les responsables de toutes ces communautés, tissant patiemment la toile de l’Europe, des rivages de l’Atlantique aux confins des grandes plaines de l’Est. Depuis des siècles, en effet, l’Europe a pris forme, grâce au génie des peuples qui la composent, dans la diversité de leurs langages et de leurs cultures, et par un débat constant entre la foi et la raison. Et qui pourrait ignorer, dans la diversité des composantes spirituelles de l’Europe, la part immense du peuple Juif, dont la contribution intellectuelle fut si grande et le martyre si effrayant ?

Aujourd’hui, en votre présence, Très Saint-Père, les responsables des différents cultes qui sont en France ont voulu témoigner de leur engagement commun, œcuménique et interreligieux, au service de la paix, par le dialogue et la fraternité. L’appel de Metz, que nous avons signé tout à l’heure, fait écho à celui que des jeunes de cent-trente-cinq pays vous ont remis à l’UNESCO au début de votre voyage, témoignant de la soif de paix qui habite tant de jeunes dans le monde, comme ceux de Méditerranée, Juifs, Chrétiens et Musulmans, que vous étiez venus encourager l’année dernière sur un navire-école pour la paix, le Bel-Espoir, dans le port d’Ostie.

Ici, à Metz, on sait le prix de la guerre ! Mais on sait aussi qu’une réconciliation est toujours possible, envers et contre tout : car qui aurait pu penser qu’entre le peuple d’Allemagne et celui de France, tous deux meurtris l’un par l’autre, une solide amitié puisse naître, comme celle qui s’était forgée entre Robert Schuman et Konrad Adenauer ? Il fallut beaucoup de courage et d’audace pour avancer, après tant de douleurs, sur ce chemin de réconciliation. Mais l’histoire nous apprend – comme vous l’écrivez dans votre encyclique – que « même dans les nuits les plus sombres, le Seigneur suscite des hommes et des femmes capables de ne pas se résigner et de faire le bien. »

Comme nous le savons, ceux qui se sont engagés sur ce chemin de paix dans l’Europe de l’après-guerre ont puisé dans leur foi chrétienne en la Résurrection la certitude que la mort n’aura jamais le dernier mot sur notre « magnifique humanité », puisque le Christ est venu « pour que le monde ait la vie ». Et aujourd’hui, nous avons la faiblesse de croire que ce message européen, en dépit des imperfections inévitables des institutions qui sont nées de ces intuitions, pourrait être utile dans bien des régions du monde ! C’est, pour l’Europe, une immense responsabilité, dans un contexte où, de plus en plus, la force semble vouloir se passer du droit.

La diplomatie française, proche à bien des égards de celle du Saint-Siège, tente d’œuvrer en ce sens. Avant de vous écouter, Très Saint-Père, et de nous laisser conduire par vous « Aux racines de l’Europe, pour la paix et l’unité », je donne la parole à M. Emmanuel Macron, Président de la République française.

 

 

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Rédaction Zenit

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