Huit cardinaux viennent des pays africains © Vatican Media 

« Un souffle nouveau » : Léon XIV recentre la mission de l’Église sur le kérygme

Dans une lettre aux cardinaux, le pape appelle à relancer Evangelii gaudium et à raviver l’élan missionnaire

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À l’occasion de Pâques, le pape Léon XIV a adressé une lettre aux cardinaux pour les remercier de leur travail et les inviter à approfondir une Église plus missionnaire, centrée sur la rencontre avec le Christ et le témoignage vivant de la foi.

 

Éminence Révérendissime,

en cette période sainte de Pâques, je tiens à vous adresser mes vœux cordiaux et fraternels, afin que la paix du Seigneur ressuscité soutienne et renouvelle notre monde qui souffre.

Je saisis volontiers cette occasion pour vous renouveler ma gratitude pour votre participation au Consistoire de janvier dernier. J’ai beaucoup apprécié le travail accompli au sein des groupes, qui a permis un échange libre, concret et spirituellement fécond, ainsi que la qualité des interventions en assemblée. Les contributions recueillies constituent un patrimoine précieux, que je souhaite continuer à préserver et à faire mûrir dans le discernement ecclésial.

Dans le discours de clôture de cette rencontre, j’ai déjà rappelé certains éléments qui sont ressortis des groupes consacrés à la synodalité. Je souhaite maintenant m’attarder tout particulièrement sur ce qui a mûri dans les groupes concernant Evangelii gaudium, surtout en référence à la mission et à la transmission de la foi.

Il ressort clairement de vos contributions que cette Exhortation continue de représenter un point de référence décisif : elle n’introduit pas simplement de nouveaux contenus, mais recentre tout sur le kérygme comme cœur de l’identité chrétienne et ecclésiale. Elle a été reconnue comme un véritable « souffle nouveau », capable d’amorcer des processus de conversion pastorale et missionnaire, plus que de produire des réformes structurelles immédiates, orientant ainsi en profondeur le cheminement de l’Église

Vous avez souligné comment cette perspective interpelle l’Église à tous les niveaux. Au niveau personnel, elle appelle chaque baptisé à renouveler sa rencontre avec le Christ, en passant d’une foi simplement reçue à une foi réellement vécue et expérimentée ; dans ce cheminement, la qualité même de la vie spirituelle est également touchée, dans la primauté de la prière, dans le témoignage qui précède les paroles et dans la cohérence entre foi et vie. Au niveau communautaire, elle sollicite le passage d’une pastorale de conservation à une pastorale missionnaire, dans laquelle les communautés sont des sujets vivants de l’annonce : des communautés accueillantes, capables d’un langage compréhensible, attentives à la qualité des relations et capables d’offrir des espaces d’écoute, d’accompagnement et de guérison. Au niveau diocésain, la responsabilité des pasteurs de soutenir avec détermination l’audace missionnaire apparaît clairement, en veillant à ce qu’elle ne soit pas alourdie ou étouffée par des excès organisationnels, et en favorisant un discernement qui aide à reconnaître ce qui est essentiel.

De tout cela découle une conception profondément unitaire de la mission : une mission christocentrique et kérygmatique, qui naît d’une rencontre avec le Christ capable de transformer la vie et qui se répand par attraction plutôt que par conquête. C’est une mission intégrale, qui réunit l’annonce explicite, le témoignage, l’engagement et le dialogue, sans céder à la tentation du prosélytisme ni à une logique de simple conservation ou d’expansion institutionnelle. Même lorsqu’elle se reconnaît minoritaire, l’Église est appelée à vivre sans complexes, comme un petit troupeau porteur d’espérance pour tous, en se rappelant que le but de la mission n’est pas sa propre survie, mais la communication de l’amour avec lequel Dieu aime le monde.

Parmi les indications spécifiques qui ont émergé, certaines méritent d’être accueillies et approfondies : la nécessité de relancer Evangelii gaudium pour vérifier en toute honnêteté ce qui, après plusieurs années, a été réellement assimilé et ce qui, au contraire, reste encore inconnu et inappliqué, en accordant une attention particulière à la nécessaire réforme des parcours d’initiation chrétienne, l’attention à valoriser également les visites apostoliques et pastorales comme de véritables occasions kérygmatiques et de croissance dans la qualité des relations ; ainsi que la nécessité de reconsidérer l’efficacité de la communication ecclésiale, y compris au niveau du Saint-Siège, dans une perspective plus clairement missionnaire.

Avec un cœur reconnaissant, je vous renouvelle mes remerciements pour votre service et pour la contribution que vous apportez à la vie de l’Église. En vue du prochain Consistoire, qui se tiendra les 26 et 27 juin, une communication plus détaillée suivra afin d’accompagner de manière adéquate sa préparation.

Dans le Seigneur ressuscité, source de notre espérance, je vous adresse mes vœux pascals les plus cordiaux.

Avec une estime fraternelle, dans le Christ

Du Vatican, 12 avril 2026

LEON PP. XIV 

 

Traduction réalisée par ZENIT

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Pape Léon XIV

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