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Audience générale du 30/08/2017, football Chapecoense © L'Osservatore Romano

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L’Eglise souligne les valeurs du sport et met en garde contre les déviances

Nouveau document du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

Un instrument de développement humain, d’inclusion, une école de vie, c’est ainsi que le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie définit le sport dans son nouveau document intitulé « Donner le meilleur de soi-même. Sur la perspective chrétienne du sport et de la personne humaine », publié ce 1er juin 2018. Il y souligne les valeurs du sport, met en garde contre les déviances actuelles et son instrumentalisation, et prône une vision écologique du sport.

« Donner le meilleur de soi-même est un aspect fondamental dans le sport », souligne l’introduction de ce texte publié en italien, espagnol et anglais : « Lorsque l’on donne le meilleur de soi-même, on expérimente la satisfaction et la joie de la réalisation personnelle. »

Ce document entend « aider à comprendre la relation entre donner le meilleur de soi-même dans le sport et la foi chrétienne vécue chaque jour ». Il réfute aussi les fausses idées selon lesquelles l’Eglise aurait eu « une approche hostile à l’égard du sport » dans l’histoire : un « malentendu de l’attitude catholique envers la corporéité » qui oublie les influences positives du christianisme en ce domaine.

L’Eglise, qui a une vision de la personne « comme unité de corps, d’âme et d’esprit », refuse « les idées de réductionnisme dans le sport qui avilissent la dignité de la personne humaine », poursuit le Chapitre 1, expliquant que le sport a « un aspect de rédemption quand le respect de la dignité de la personne est la priorité et quand [il] est au service de la croissance et du développement intégral de la personne ».

La beauté pour rencontrer Dieu 

« Le sport a le pouvoir de nous rappeler que la beauté est l’une des voies pour rencontrer Dieu », fait également observer le texte qui voit dans le sport, un « Parvis des Gentils moderne » de portée mondiale.

Exposant sa « vision chrétienne du sport », l’Eglise entend promouvoir « un sport pour la personne », en mesure de « donner sens et plénitude à la vie, de valoriser intégralement la personne, sa croissance personnelle et morale, sociale, éthique et spirituelle ».

« L’Eglise valorise le sport en soi, qui permet de développer les vertus de la tempérance, de l’humilité, du courage, de la patience, de rencontrer ce qui est beau, bon et vrai », affirme le texte. Elle souhaite le préserver des « dérives qui le menacent quotidiennement, comme la corruption, la malhonnêteté, les manipulations et l’exploitation commerciale ».

Les risques de propagande

Au chapitre 2, le document revient sur l’histoire du sport « phénomène universel » et « constante anthropologique de l’humanité ». Il met en garde contre les risques d’instrumentalisation idéologique à cause de la « dépendance structurelle » du sport qui a besoin de soutiens économiques.

Le terrain de jeu peut alors devenir « une propagande en faveur des pays occidentaux et riches », ou encore « promouvoir la vision culturelle d’une élite ». Le sport devient « un produit qui promet de satisfaire les intérêts de sujets et groupes variés, se pliant à des finalités idéologiques, politiques ou économiques étrangères aux valeurs du sport ».

Sport et sens de la vie 

Le chapitre 3 livre une réflexion anthropologique sur le sport qui apprend la « gratuité » : participant à « la recherche du sens de la vie », il est vu comme « un domaine extraordinaire où la personne fait l’expérience de vérités fondamentales sur elle-même et sur le sens ultime de son existence ».

Le sport promeut « la liberté et la créativité », estime l’Eglise : à une époque où « beaucoup croient que la liberté consiste à faire ce que l’on veut, sans aucune limite », il rappelle que la vraie liberté doit être aussi « responsabilité ».

Il est aussi expérience de justice, de sacrifice, de joie, d’harmonie, de courage, d’égalité, de respect et de solidarité, ainsi que d’esprit d’équipe pour combattre l’individualisme et l’égoïsme. Le document insiste sur le « fairplay » qui permet au sport « de devenir une occasion d’éducation pour toute la société ».

Non aux déviances

Au chapitre 4, le Dicastère invite le monde du sport à « ne pas céder son autonomie » en devenant « un instrument pour véhiculer des intérêts, des lignes politiques et des démonstrations de pouvoir, pour une recherche aveugle de profit financier ou pour soutenir des poussées nationalistes ».

Quand le sport est pratiqué pour “vaincre à tous les coûts”, il est aussi « sérieusement menacé », dénonce le document qui juge « inacceptable que les athlètes soient considérés comme des marchandises ». L’Eglise s’élève également contre les abus physiques, sexuels ou émotifs commis sur des enfants, « un affront à Dieu ».

Pour que le sport reste « humain et juste », l’Eglise pointe du doigt quatre déviances : tout d’abord, quand le corps humain est réduit à « un objet » et que des jeunes adolescentes gymnastes, par exemple, sous la pression de devoir « rester maigres », développent des troubles de l’alimentation. Les parents, peut-on lire dans le texte, « ont la responsabilité de montrer à leurs enfants qu’ils sont aimés pour ce qu’ils sont et non pas pour leurs succès, pour leur apparence ou leurs capacités physiques ». En outre, « les sports qui causent inévitablement des dommages au corps humain ne peut être éthiquement avalisés ».

Le Vatican s’attaque aussi au problème « complexe » du doping qui est de la responsabilité des organisations sportives ainsi que des spectateurs, et non seulement des athlètes individuels : il s’agit de modérer les « attentes d’améliorations continuelles » et la « super-spectacularisation ».

Après avoir traité de la « plaie » de la « corruption », troisième déviance, le document appelle les supporters au fair play : « Tout dénigrement ou violence dans les contextes sportifs doit être condamné. »

Une vision écologique du sport

Dans les sports qui impliquent des animaux, il faut s’assurer que leur traitement soit « moralement approprié » et qu’ils ne soient pas réduits à « de simples objets », poursuit le document qui appelle de ses vœux « une vision écologique du sport ».

Enfin, le chapitre 5 présente l’engagement de l’Eglise pour l’humanisation du sport qui est « un instrument efficace d’éducation et de formation aux valeurs », qui est « genérateur d’une culture de la rencontre et de la paix », qui crée « une culture de l’inclusion » et qui est « une œuvre de miséricorde » comme « occasion de se faire proche de personnes qui vivent en marge ou dans le besoin ».

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