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S’engager aux côtés des enfants qui vivent des situations d’injustice

Campagne du BICE: « Stop au harcèlement sur Internet »

« Le Saint Siège a été parmi les tous premiers à ratifier la Convention sur les droits de l’enfance », rappelle le cardinal Turkson qui invite les catholiques à « s’engager aux côtés de tous les enfants qui vivent des situations d’injustice ».

« Stop au harcèlement sur Internet »: la conférence de presse de présentation de la campagne internationale du BICE pour la mobilisation, dans le contexte du 25 ème anniversaire de la Convention des droits de l’enfance, a eu lieu au Vatican, lundi, 9 décembre..

Participaient à la conférence de presse : le cardinal ghanéen Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical Justice et la Paix ; le père Fortunato Di Noto, Fondateur de l’Association Meter ; Olivier Duval, Président du Bureau international catholique de l’enfance (BICE) ; Laetitia Chanut, ancienne victime de cyber-harcèlement et témoin de la campagne du BICE « Stop au harcèlement sur Internet » ; et Flaminia Giovanelli, sous-secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix.

Voici notre traduction intégrale de l’intervention du cardinal Turkson.

Intervention du Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson

J’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue à la conférence de presse sur le thème Violence sur Internet : une nouvelle forme de violence à prendre en considération.

Le Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix, en collaboration avec le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE), a voulu organiser cette rencontre pour célébrer le 25 ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfance, et mettre en lumière cette nouvelle et assez préoccupante forme de violence contre les jeunes et les très jeunes, qui vient s’ajouter à une longue liste d’autres formes de violence et d’asservissement des mineurs que nous connaissons déjà.

Malheureusement les exemples se multiplient. Il suffit de penser aux mineurs qui sont victimes de la traite, pour une multiplicité d’objectifs, comme le marché de la prostitution, de la pornographie et de la revente de stupéfiants, la vente d’organes, ou le recrutement de soldats et de mendiants. Aux mineurs contraints de travailler dans des conditions assimilables à l’esclavage ou à la servitude, spécialement dans le secteur agricole, manufacturier, minier ou domestique. Aux mineurs étrangers non accompagnés, beaucoup d’entre eux finissent dans des centres d’identification, d’attente et d’expulsion après avoir affronté , dans le contexte d’immigration irrégulière, des conditions de voyages très dures. Aux jeunes filles victimes de mariages forcés et celle qui sont poussées à offrir le « confort sexuel » aux terroristes dans le contexte du phénomène, qui semble aller en se propageant, du Djihad. Aux nombreux enfants tués avant même d’être nés.

Comme on le remarque, la communauté internationale au cours des ans s’est progressivement dotée d’instruments juridiques contraignants pour contrer certains de ces phénomènes graves.

Parmi eux, apparaît particulièrement pertinent la Convention déjà citée relative aux droits de l’enfance qui, ensemble avec les deux Protocoles additionnels qui la complètent (celui sur les mineurs impliqués dans les conflits armés, et celui sur la vente des enfants, la prostitution des mineurs et la pornographie mettant en scène des enfants), propose d’assurer aux enfants une série de droits fondamentaux. Ces instruments juridiques se fondent sur la reconnaissance du fait que les mineurs, en raison du manque de maturité physique et intellectuelle, qui les caractérisent, nécessitent « une protection spéciale et des soins spéciaux, en particuliers une protection juridique appropriée, aussi bien avant qu’après la naissance ».

Le Saint Siège a été parmi les tous premiers à ratifier la Convention sur les droits de l’enfance et fait partie aussi des Protocoles ajoutés mentionnés précédemment.

Sans se s’éloigner de sa mission spécifique, qui est de caractère religieux et spirituel, le Saint Siège a voulu, à travers la ratification de ces traités, « exprimer sa préoccupation constante pour le bien être des enfants et des familles », avec l’espoir que ces accords réussiraient à garantir la protection des droits et des intérêts des enfants, que Saint Jean-Paul II, a défini un « trésor précieux … donné à toutes les générations comme défi à sa sagesse et son humanité ».

Malgré l’adoption de ces instruments normatifs et les différents programmes réalisés, au niveau de l’état ou de la société civile, l’humanité n’est pas encore arrivée à éradiquer complètement les diverses formes de violence et d’exploitation des enfants.

Dans ce contexte, je voudrais souligner le rôle central de l’éducation, en tant que partie essentielle de l’effort commun de l’humanité pour prévenir et éliminer les terribles plaies rappelées précédemment incluant les violences sur Internet. En fait, pour d’affronter ce phénomène il est nécessaire d’éduquer les jeunes a reconnaître chez les autres personnes la même dignité, à les considérer non pas comme « des ennemis ou des concurrents mais des frères qu’il faut accueillir et embrasser ». Il faut donc, les éduquer aux droits de l’homme, à la justice et à la paix. Ainsi que l’affirme le Pape Benoit XVI dans son Message pour la Journée Mondiale pour la Paix en 2012, ceci implique d’aider les jeunes à découvrir dans l’intimité de leur conscience la loi naturelle, une loi qu’ils ne se donnent pas à eux mêmes et qui les induits « à faire le bien et a fuir le mal, à assumer la responsabilité du bien accompli et du mal commis ».

De son côté, le Saint Siège, dans le cadre de sa participation aux instances multilatérales, ne perd pas l’occasion de rappeler aux Etats et aux organisations intergouvernementales leur devoir d’assurer à chaque enfant le droit à la vie et à des conditions de vie compatibles avec la dignité intrinsèque de toutes les personnes humaines. 

Elle encourage aussi les Eglises locales et les organisations catholiques ou d’inspiration catholique à s’engager aux côtés de tous les enfants qui vivent des situations d’injustice, de violence et d’exploitation. Quelques unes de ces organisations, le Bureau International Catholique et l’Association Meter, sont présentes ici, représentées par leurs responsables, auxquels je cède volontiers la parole. 

© Traduction de Zenit, Hugues de Warren

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