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Mgr Bernardito Auza © Mission du Saint-Siège à l'ONU

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Protection des migrants: le rôle «crucial» des organisations confessionnelles, par Mgr Auza (traduction complète)

Pour la collaboration entre gouvernements et institutions religieuses

Mgr Auza s’est félicité du deuxième projet de révision du « Pacte mondial pour une migration sûre » dans lequel « la communauté internationale entend s’engager à mettre en œuvre le Pacte Mondial “en coopération et en partenariat avec […] les organisations confessionnelles” ».

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique et observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, a prononcé le discours d’ouverture lors d’un événement parallèle intitulé « La protection et l’intégration des migrants en situation de vulnérabilité : le cas des organisations confessionnelles », à New York, le 4 juin 2018.

Ces organisations, a-t-il dit, sont « uniques dans leur portée et leur présence à tous les stades du parcours migratoire, comblant souvent des lacunes dans les services aux migrants que les gouvernements et les autres acteurs de la société civile sont incapables ou réticents à combler par leurs propres moyens ».

« Je suis convaincu, a conclu le représentant du Saint-Siège, que les organisations confessionnelles sont très disposées à collaborer dans un partenariat avec le gouvernement et d’autres institutions de la société civile pour fournir des services d’aide aux personnes en déplacement, en particulier celles qui se trouvent dans des situations très vulnérables. »

Voici notre traduction du discours de Mgr Auza, prononcé en anglais.

HG

Discours d’ouverture de Mgr Bernardito Auza

Monsieur l’Ambassadeur Skinner-Klee,

Excellences,

Mesdames et Messieurs les panélistes,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de participer à l’important événement parallèle sur la protection et l’intégration des migrants en situation de vulnérabilité et de me joindre à la Mission permanente du Guatemala et au Réseau international de migration scalabrinien pour mettre en lumière le travail des organisations confessionnelles afin d’aider à assurer cette protection et cette intégration.

J’ai été heureux de constater que, dans le deuxième projet de révision du Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière, le rôle crucial joué par les organisations confessionnelles a été souligné au paragraphe 43, où la communauté internationale entend s’engager à mettre en œuvre le Pacte Mondial « en coopération et en partenariat avec les migrants, la société civile…, les organisations confessionnelles » et plusieurs autres acteurs clés qui sont essentiels aux efforts sur le terrain et dont la coopération est fondamentale pour la mise en œuvre du Pacte mondial.

Les organisations confessionnelles sont uniques dans leur portée et leur présence à tous les stades du parcours migratoire, comblant souvent des lacunes dans les services aux migrants que les gouvernements et les autres acteurs de la société civile sont incapables ou réticents à combler par leurs propres moyens. Elles sont en première ligne dans la protection des droits humains et de la dignité des migrants, et dans la fourniture de nourriture, d’abris, d’éducation, de soutien médical et psychologique, et bien plus encore.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les organisations confessionnelles sont très efficaces pour prendre soin des millions de personnes qui se déplacent.

Tout d’abord, de nombreuses organisations confessionnelles ont une présence bien établie à travers le monde, fusionnant des programmes locaux avec un soutien international, fournissant un personnel hautement qualifié, un grand savoir-faire local et des ressources. Elles ont les moyens et la volonté de mobiliser ce qui est nécessaire pour combler les lacunes, souvent tout au long du voyage migratoire.

Deuxièmement, les migrants de confessions particulières ont une confiance spéciale dans leurs institutions religieuses et parfois, bien avant d’avoir accès aux services fournis par les gouvernements et les organisations internationales, ils viennent dans les églises et les organisations caritatives de leur tradition religieuse pour obtenir un soutien de leurs besoins fondamentaux. Quatre-vingt-quatre pour cent des personnes se définissent comme appartenant à un groupe religieux et lorsqu’elles peuvent se connecter à des membres de leur religion, cela peut aider à apaiser le sentiment de peur et de solitude. Elles ont confiance dans le fait que leurs chefs religieux et leurs compagnons croyants ne leur feront pas de mal. Cependant, même si les personnes sont d’une foi différente, beaucoup connaissent la réputation des organisations confessionnelles qui offrent des soins à ceux qui en ont besoin en raison des principes de charité, de miséricorde et de solidarité qui découlent de cette foi.

Troisièmement, les organisations confessionnelles sont également reconnues et respectées par les gouvernements et les autres parties prenantes, ce qui leur permet de jouer un rôle important dans le rapprochement avec les personnes concernées. Elles sont également efficaces pour sensibiliser les gouvernements, les prestataires de services et les autres parties prenantes des besoins des migrants. Les organisations fondées sur la foi commencent non pas par des perspectives politiques ou économiques, mais par l’affirmation de la dignité humaine de tous avant tout le reste. Cette approche centrée sur la personne, bien qu’elle ne soit pas propre aux organisations confessionnelles, est au cœur de tout leur travail et peut, et souvent inspire, une approche plus holistique de manière générale.

Quatrièmement, les organisations confessionnelles ont une voix puissante à élever pour défendre la dignité et les droits humains des migrants en ce qui concerne, entre autres choses, la protection physique et le travail avec la police et les agents de contrôle des frontières ; faciliter l’accès à la justice et à l’aide humanitaire ; l’aide contre la détention arbitraire ; l’aide pour l’accès au logement, aux soins de santé d’urgence et à l’éducation grâce à des efforts locaux ; et même la médiation des tensions entre les migrants et entre ceux-ci et les communautés d’accueil. Elles sont souvent bien organisées et équipées pour aider à sensibiliser aux besoins fondamentaux des migrants et aux violations des droits qu’ils peuvent subir. Dans le cas particulier des populations les plus vulnérables, les organisations confessionnelles ont fait entendre leur voix ici aux Nations Unies et ont apporté une attention particulière sur le terrain, pour ceux qui ne relèvent pas des définitions spécifiques de la protection internationale, ceux qui ont vécu des catastrophes soudaines, les enfants non accompagnés et séparés, les femmes enceintes et les jeunes filles, les personnes âgées et les personnes handicapées, et ceux qui ont été victimes de la traite.

Enfin, les organisations confessionnelles ont d’énormes réseaux de volontaires sur lesquels s’appuyer pour  répondre aux besoins. De nombreuses organisations confessionnelles s’arrangent pour que les migrants restent dans des maisons privées et commencent à avoir accès à de vastes réseaux pour les aider à se relever. Les organisations confessionnelles peuvent fournir un important réseau de solidarité culturelle et sociale aux nouveaux migrants loin de chez eux.

Comme beaucoup le savent, le pape François a décrit la réponse commune qui doit être donnée aux migrants et aux réfugiés avec quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Les organisations confessionnelles en général non seulement s’efforcent d’atteindre les quatre, mais de les réaliser réellement. Elles fournissent une grande partie de l’infrastructure pour l’accueil et l’hébergement immédiats et à long terme. Elles défendent les droits et la dignité des réfugiés et des migrants indépendamment de leur statut légal. Elles garantissent par l’éducation, l’insertion professionnelle et sociale que les migrants et les réfugiés sont capables de réaliser leur potentiel en tant qu’êtres humains. Et elles aident les migrants et les sociétés qui les accueillent à échanger leurs talents et leur culture pour promouvoir le bien commun. Elles font cela en général, mais elles sont particulièrement soucieuses de prendre soin des personnes vulnérables, comme nous le diront aujourd’hui nos experts, qui partageront avec nous leur expérience et leur expertise acquises sur le terrain et la coordination des activités confessionnelles dans les régions, et même dans le monde.

Je suis convaincu que les organisations confessionnelles sont très disposées à collaborer dans un partenariat avec le gouvernement et d’autres institutions de la société civile pour fournir des services d’aide aux personnes en déplacement, en particulier celles qui se trouvent dans des situations très vulnérables.

Merci beaucoup pour votre présence aujourd’hui.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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