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ONU : une «attaque» contre la liberté religieuse (traduction complète)

Intervention de Mgr Jurkovic au Conseil des droits de l’homme

Le Rapport du Rapporteur spécial sur la liberté de religion, de credo ou de conscience contient « de nombreuses références » « particulièrement inacceptables et offensantes », estime le représentant du Saint-Siège auprès des Nations Unies à Genève, Mgr Jurkovic.

Mgr Ivan Jurkovic, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des autres Organisations internationales à Genève, est intervenu à la 43e session du Conseil des droits de l’homme, sur l’article 3 concernant le Rapport du Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de credo, le 2 mars 2020.

Il dénonce « une “colonisation idéologique” de la part de certains États et institutions internationales ». « Le rapport, poursuit-il, est réellement, au moins en partie, une attaque contre la liberté de religion ou de credo ainsi que contre la liberté de conscience ».

Mgr Jurkovic déplore le manque d’attention du Rapport aux hommes et aux femmes « persécutés ou discriminés » en raison de leur credo et le fait qu’il s’attache davantage à « promouvoir d’autre soi-disants ”droits humains”, qui ne font certainement pas l’objet d’un consensus ». Il est « regrettable », conclut-il, qu’au lieu de « défendre le droit humain fondamental et universel » de la liberté de religion, un Rapport de l’ONU « s’attaque maintenant à la réalité même qu’il est appelé à défendre ».

Voici notre traduction de l’intervention de Mgr Jurkovic prononcée en anglais.

HG

Intervention de Mgr Ivan Jurkovicc

Madame la Présidente,

La délégation du Saint-Siège note avec beaucoup de préoccupation le rapport qui a été présenté, au tout dernier moment, par le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de credo, A/HRC/43/48, pour examen par le Conseil des droits de l’homme. Les nombreuses références qui recommandent de renoncer à la liberté de religion ou de credo et à l’objection de conscience pour promouvoir d’autre soi-disants « droits humains », qui ne font certainement pas l’objet d’un consensus, sont particulièrement inacceptables et offensantes, constituant ainsi une sorte de « colonisation idéologique » de la part de certains États et institutions internationales. En tant que tel, le Rapport est réellement, au moins en partie, une attaque contre la liberté de religion ou de credo ainsi que contre la liberté de conscience.

Il convient de répéter que le Saint-Siège a toujours compris le terme “genre” et les termes connexes selon l’usage ordinaire, généralement accepté, du mot “genre”, basé sur l’identité biologique qui est masculine et féminine. À cet égard, le Saint-Siège rappelle sa déclaration finale, présentée à l’issue de la Conférence de Pékin sur les femmes, le 15 septembre 1995 : « Le terme “genre” est compris par le Saint-Siège comme étant fondé sur l’identité sexuelle biologique, masculine ou féminine […] » (Cf. la déclaration finale du Saint-Siège à la 4e Conférence mondiale sur les femmes, Pékin, 1995).

Ma délégation ne peut que déplorer que le rapport semble moins se concentrer sur la protection des hommes et des femmes, de quelque confession ou credo personnelle que ce soit, qui sont persécutés ou discriminés (une réalité encore trop vive pour des millions de personnes dans le monde), et plus sur la promotion d’une vision de la société humaine qui n’est pas partagée par tous et ne reflète pas la réalité sociale, culturelle et religieuse de nombreux peuples.

Ironiquement, en cette année où la Déclaration sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et le vivre ensemble, publiée le 4 février 2019 par le grand imam d’Al-Azhar et le pape François, a appelé les dirigeants mondiaux à œuvrer à la diffusion d’une culture de tolérance et du vivre ensemble en paix, le Rapporteur spécial ne fait aucune référence aux efforts déployés par les responsables religieux pour intervenir au plus vite afin de mettre un terme à l’effusion de sang innocent et aux guerres.

Le Saint-Siège note « l’influence croissante au sein des organisations internationales de puissances et de groupes d’intérêts qui imposent leurs propres visions et idées, suscitant de nouvelles formes de colonisation idéologique, souvent au mépris de l’identité, de la dignité et des sensibilités des peuples ». (1)

Il est assez regrettable, mais de moins en moins surprenant compte tenu de sa fréquence, qu’un rapport des Nations unies, qui devrait défendre le droit humain fondamental et universel de la liberté de religion ou de conviction ainsi que le droit à l’objection de conscience, s’attaque maintenant à la réalité même qu’il est appelé à défendre.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

(1) Pape François, Discours au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 7 janvier 2019.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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