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Mgr Bernardito Auza, capture

Mgr Bernardito Auza, UNTV capture

ONU: l’agenda du Vatican pour la promotion de la femme (traduction complète)

Intervention de Mgr Auza à New York

« Dans un monde où la pauvreté continue d’avoir principalement un visage féminin, la promotion d’économies inclusives et équitables peut avoir un impact profond sur l’avancement de la condition des femmes », déclare Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU à New York.

Il est en effet intervenu, hier, lundi 10 octobre 2016, devant la troisième commission de la 71e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, sur le point 27 : « Promotion de la femme ».

Voici notre traduction intégrale de l’intervention de Mgr Auza.

AB

Déclaration de Mgr Auza

Madame la Présidente,

Ma délégation remercie le secrétaire général pour la sensibilisation, à travers ses rapports, à la nécessité de poursuivre nos efforts collectifs pour la promotion de la femme, de sorte qu’aucune femme ou qu’aucune jeune fille, en particulier celles qui vivent dans la pauvreté et la détresse, ne soit laissée en arrière.

Des progrès ont été réalisés, comme cela a été souligné dans le rapport du secrétaire général. Ainsi que l’a observé le pape François : « L’égale dignité des hommes et des femmes nous fait nous réjouir de voir de vieilles formes de discrimination disparaître, et dans les familles il y a une réciprocité croissante ». [1]

Des défis persistants restent cependant. Il est alarmant de constater que 35 pour cent des femmes dans le monde ont subi des violences physiques à un moment donné dans leur vie, la plupart du temps domestiques et sexuelles. [2]

Une attention particulière doit être accordée à cette situation vraiment scandaleuse, afin que des mesures et des programmes efficaces puissent être mis en place pour combattre et vaincre ce type déplorable de comportement à l’égard des femmes. Condamnant toutes les formes de violence contre les femmes comme étant inacceptables, le pape François a parlé en particulier de « la violence domestique et des diverses formes d’esclavage », qu’il a vivement dénoncées comme des « actes de lâcheté abjects ». [3]

Le pape François insiste souvent sur le fait que « la violence au sein de la famille est un foyer de ressentiment et de haine dans les relations humaines les plus élémentaires » [4], alors que c’est précisément la famille qui est « le cadre premier de socialisation » [5] et qui est mieux en mesure d’ « introduire la fraternité dans le monde ! » [6] Dans un contexte social où fait défaut le soutien des valeurs de la famille et du respect et de la protection de chacun de ses membres, des femmes et des filles en particulier, les comportements violents peuvent aussi engendrer de nouvelles formes d’agression sociale. Cela s’étend aux sphères économiques, politiques, sociales et culturelles, où cela peut conduire à diverses formes d’exclusion et d’exploitation, lorsque les femmes sont privées de ressources économiques et limitées dans leur capacité à exercer leurs droits et leur participation politiques, comme mentionné dans le rapport du secrétaire général. [7] La doctrine sociale catholique considère cette violence multiforme et l’exclusion comme un obstacle majeur au développement humain intégral.

Madame la Présidente,

Dans un monde où la pauvreté continue d’avoir principalement un visage féminin, la promotion d’économies inclusives et équitables peut avoir un impact profond sur l’avancement de la condition des femmes. Dans de nombreux endroits, les femmes connaissent une détresse économique unique liée aux politiques d’emploi injustes, à l’inégalité de rémunération pour un travail égal, au refus d’accès au crédit et à la propriété, à la victimisation dans les situations de conflits et de migrations. Dans cette perspective, lutter pour la promotion de la femme doit aussi signifier leur assurer l’égalité d’accès aux ressources, au capital et à la technologie.

Bien que les femmes constituent la majorité des pauvres et soient affectées par le fardeau de la pauvreté de façon très spécifique, elles sont néanmoins souvent courageusement à l’avant-garde dans la lutte pour éradiquer l’extrême pauvreté. Comme l’a souligné le pape François : « Doublement pauvres sont les femmes qui subissent des situations d’exclusion, de mauvais traitements et des violences, car elles sont souvent moins capables de défendre leurs droits. Malgré cela, nous assistons constamment parmi elles à des exemples impressionnants d’héroïsme quotidien dans la défense et la protection de leurs familles vulnérables ». [8]

Madame la Présidente,

Le Saint-Siège appuie les recommandations du Secrétaire général d’accorder une attention particulière aux mutilations génitales féminines. [9] Le pape François qualifie spécifiquement « les mutilations génitales féminines répréhensibles » d’exemple de « coutumes inacceptables [qui] doivent encore être éliminé ». [10] De nombreuses institutions et organisations catholiques, en particulier les religieuses, sont en première ligne, travaillant pour changer les pratiques culturelles et donnant aux jeunes femmes les moyens de résister à une telle violence. Leurs initiatives sont toujours accompagnées d’une éducation de qualité pour les filles.

En outre, la lutte contre la traite des personnes et d’autres formes d’esclavage moderne est une priorité absolue du Saint-Siège. Le Groupe Sainte Marthe, Talitha Kum et la campagne #EndSlavery sont quelques-unes des initiatives que le pape François a inspirées. Pour sensibiliser davantage le public à ces crimes, le pape François a désigné le 8 février comme « Journée internationale de prière et de réflexion contre la traite des personnes ». C’est la fête de Ste Joséphine Bakhita, une sainte du Soudan qui a été enlevée enfant, puis vendue et revendue en esclavage. « Aujourd’hui, comme par le passé, l’esclavage est enraciné dans une notion de la personne humaine qui permet de la traiter comme un objet ». [11] Ceci est contre tous les principes que défend l’Organisation des Nations Unies. Nous sommes donc appelés à combattre toutes les formes d’esclavage qui sévissent toujours dans notre monde.

Enfin, ma délégation reste très favorable et active dans les efforts et initiatives visant à protéger la dignité et la promotion de la femme, et à améliorer leurs conditions de vie et leur participation au sein de la famille et la société.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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