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Avion Rome-Panama © Vatican Media

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L’Amérique latine est en feu : conférence de presse Tokyo-Rome (9)

La médiation de l’Eglise dans ces pays

En rentrant de son voyage en Thaïlande et au Japon, le 26 novembre 2019, le pape a parlé aux journalistes de la situation des pays d’Amérique latine et de la médiation de l’Eglise.

Voici la traduction par Vatican News de ce passage de la conférence de presse à bord de l’avion de la compagnie japonaise ANA:

Valentina Alazraki, Televisa

Pape François, l’Amérique latine est en feu. Nous avons vu, après le Venezuela et le Chili, des images que nous ne pensions plus voir après Pinochet. Nous avons vu la situation en Bolivie, au Nicaragua ou dans d’autres pays : des émeutes, la violence dans les rues, des morts, des blessés, des églises même brûlées, violées. Quelle est votre analyse sur ce qui se passe dans ces pays? L’Église, et vous personnellement, en qualité de Pape latino-américain, faites-vous quelque chose?

Quelqu’un m’a dit ceci: une analyse doit être faite. La situation aujourd’hui en Amérique latine ressemble à celle de 1974-1980, au Chili, en Argentine, en Uruguay, au Brésil, au Paraguay avec Strössner, et je crois en Bolivie aussi… Il y a eu l’opération Condor à cette époque… Une situation en flammes, mais je ne sais pas si c’est un problème qui ressemble à un autre. Vraiment je suis incapable de faire une analyse pour le moment. Il est vrai qu’il y a des déclarations qui ne sont pas des propos de paix. Ce qui se passe au Chili me fait peur, parce que le Chili sort d’un problème d’abus qui a causé tant de souffrances, et maintenant un problème de ce genre que nous ne comprenons pas bien. Mais elle est en flammes, comme vous le dites, et nous devons rechercher le dialogue et l’analyse. Je n’ai toujours pas trouvé d’analyse bien documentée sur la situation en Amérique latine. Il y a aussi des gouvernements faibles, très faibles, qui n’ont pas réussi à instaurer l’ordre et la paix, et c’est pourquoi nous en arrivons à cette situation.

Valentina Alazraki, Televisa

Evo Morales a demandé votre médiation par exemple. Des choses concrètes….

Oui, des choses concrètes. Le Venezuela a demandé la médiation et le Saint-Siège a toujours été disposé à le faire. Il y a une bonne relation, vraiment une bonne relation, nous sommes là pour aider lorsque c’est nécessaire. La Bolivie a fait quelque chose comme cela. Elle a déposé une demande aux Nations Unies qui ont envoyé des délégués, dont quelques-uns de pays européens. Je ne sais pas si le Chili a fait une demande de médiation internationale. Le Brésil, assurément, non, mais là aussi il y a des problèmes. C’est un peu étrange, mais je ne veux pas dire un mot de plus parce que je ne suis pas compétent. Je n’ai pas bien étudié et sincèrement, je ne comprends pas très bien.

Je profite de votre question pour ajouter que vous avez peu parlé de la Thaïlande, qui est une chose différente du Japon, une culture de la transcendance, une culture de la beauté aussi, et différente de la beauté du Japon: une culture, beaucoup de pauvreté et beaucoup de richesse spirituelle. Mais il y a également un problème qui fait mal au cœur et qui nous fait penser à Grecia et les autres [livre de Valentina Alazraki et Luigi Ginami, ndlr]. Vous êtes une experte de ces problèmes d’exploitation, vous les avez bien étudiés, et votre livre a fait beaucoup de bien. Et la Thaïlande, certains endroits en Thaïlande sont difficiles pour ça. Mais il y a le sud de la Thaïlande, et il y a également le Nord magnifique de la Thaïlande, où je n’ai pas pu aller, qui est tribal avec une toute autre culture. J’ai reçu une vingtaine de personnes de cette région, les premiers chrétiens, les premiers baptisés, qui sont venus à Rome, avec une autre culture différente, ces cultures tribales. Et Bangkok, nous l’avons vu, c’est une ville forte, très moderne, mais qui a des problèmes différents de ceux du Japon et des richesses différentes de celles du Japon. Sur le problème de l’exploitation, j’ai voulu le souligner afin de vous remercier pour votre livre, comme je voudrais aussi remercier le livre « vert » de Franca Giansoldati: deux femmes qui montent dans l’avion et qui ont écrit chacune un livre qui aborde les problèmes actuels, le problème écologique et le problème de la destruction de la terre mère, de l’environnement, et le problème d’exploitation humaine que vous avez abordé. Nous voyons que les femmes travaillent plus que les hommes et qu’elles en ont les capacités. Merci à vous deux pour cette contribution. Et je n’oublie toujours pas la chemise de Rocio [en référence à la chemise d’une Mexicaine assassinée que Valentina Alzraki avait donnée au Pape lors d’une interview vidéo réalisée ces derniers mois, ndlr]. Et merci de poser des questions directes, ça fait du bien. Priez pour moi. Bon appétit.

Traduction © Vatican News

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