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La dissuasion nucléaire est indigne de l’avenir de l’humanité

Intervention de Mgr Tomasi

« Une éthique fondée sur la menace de la destruction mutuelle n’est pas digne des générations futures », affirme le Saint-Siège en plaidant pour « un monde sans armes nucléaires ».

Mgr Silvano M. Tomasi, représentant permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à Genève, a pris la parole lors de la Conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, organisée les 8 et 9 décembre 2014, à Vienne, en Autriche.

Pour le Saint-Siège, « les armes nucléaires sont un problème mondial » qui affecte « tous les États, les générations futures et l’ensemble de la planète ».

« Le statu quo n’est pas viable » car « une éthique fondée sur la menace de la destruction mutuelle n’est pas digne des générations futures », affirme Mgr Tomasi : le seul projet digne de l’avenir de l’humanité est « une éthique enracinée dans la solidarité et la coexistence pacifique ».

L’archevêque exprime son inquiétude pour le contexte international actuel : « le monde est confronté à d’énormes défis (problèmes environnementaux, flux migratoires, conflits militaires, pauvreté extrême, crises économiques, etc) ». « Seule la coopération et la solidarité entre les nations sont capables de les affronter », estime-t-il.

Il souligne les conséquences éthiques et humanitaires « catastrophiques » de l’utilisation des armes nucléaires. Plutôt qu’un monde « où les armes nucléaires sont accessibles à tous », l’archevêque préfère « imaginer un monde où personne ne les a ». Il souligne que c’est « la forte quête d’un grand nombre de populations du monde ».

Il souligne le paradoxe de l’investissement « dans des systèmes d’armes coûteux, en particulier dans les armes nucléaires » où « des milliards sont gaspillés chaque année pour développer et maintenir des stocks qui sont censés ne jamais être utilisés ».

Invoquer la sécurité nationale est également paradoxal, ajoute Mgr Tomasi : « Tous les États ont le droit à la sécurité nationale. Pourquoi la sécurité de certains n’est-elle possible qu’avec un type d’arme particulier alors que d’autres États doivent veiller à leur sécurité sans ces armes ? ».

En outre, « réduire la sécurité des États à sa dimension militaire est artificielle et simpliste : le développement socio-économique, la participation politique, le respect des droits humains fondamentaux, la primauté du droit, la coopération et la solidarité au niveau régional et international… sont indispensables à la sécurité nationale des États ».

L’archevêque ne cache pas son pessimisme devant les mesures actuelles « insuffisantes, et limitées dans l’espace et le temps » : « Les institutions qui sont censées trouver des solutions sont dans l’impasse ».

Mais le Saint-Siège note « une prise de conscience renouvelée » . Il salue notamment « l’initiative humanitaire » de la Conférence qui est « un nouvel espoir en vue d’un monde sans armes nucléaires ».

Même si cet objectif n’est « pas facile à réaliser », il est atteignable avec la conjugaison de « toutes les énergies et les engagements », y compris « les églises, les communautés religieuses, la société civile, les institutions universitaires », conclut-il.

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