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Cathédrale catholique de Tbilissi, capture CTV

Cathédrale catholique de Tbilissi, capture CTV

Elle voulait voir Pierre, la guerre mondiale contre le mariage et le gros péché de prosélytisme

Rencontre des catholiques dans la cathédrale de Tbilissi

La foi, la femme, le mariage, l’œcuménisme, la « mondanité » : autant de thèmes abordés par le pape François dans la cathédrale catholique de l’Assomption de la Vierge Marie, à Tbilissi, ce samedi après-midi, 1er octobre 2016, au deuxième jour de son voyage en Géorgie. Avec des formules choc – la « guerre mondiale contre le mariage », le « gros péché du prosélytisme » -, et des exemples frappants – la foi de cette grand-mère arménienne de Géorgie qui voyage pendant 8 heures pour « voir le pape » -.

Le pape a été accueilli par le délégué apostolique pour le Caucase des Latins, Mgr Giuseppe Passotto, en présence de quelque 350 personnes, dont 90 prêtres, des consacrés et des laïcs engagés dans la pastorale. Le pape est d’abord allé se recueillir devant le Saint-Sacrement, près du tabernacle, puis il a écouté des témoignages en prenant des notes: un jeune de 23 ans, Kote, une mère de famille, Irina, qui a deux enfants, un séminariste qui a exprimé sa décision de devenir prêtre à l’âge de 9 ans, et un jeune prêtre arménien de Géorgie qui s’est réjoui – il a fait sourire tout le monde – de rencontrer le pape François pour la « troisième fois » cette année : il l’a « rencontré » en Arménie en juin, à Cracovie, en juillet, avec 380 jeunes Arméniens et aujourd’hui, en Géorgie.

Celle qui voulait voir Pierre

A propos de la foi, le pape a cité saint Paul qui encourage son disciple Timothée à imiter la foi de sa mère et de sa grand-mère. Il a aussi évoqué sa rencontre, en Arménie, à Gyumri, d’une grand-mère de Géorgie, de 80 ans, et qui avait fait le voyage pour voir le pape : « Elle m’a salué avec amour … Elle avait une dent en or, selon l’usage d’autrefois. Et elle m’a dit : « Je suis Arménienne, mais j’habite en Géorgie. Et je suis venue de Géorgie ». Elle avait voyagé pendant six ou huit heures sur le bus pour rencontrer le pape. »

Or, le lendemain, le pape l’a revue dans la foule et il s’est étonné, et il lui a dit : « Mais, Madame, vous êtes venue de Géorgie… Tant d’heures de voyage. Et puis deux heures de plus, le lendemain, pour venir me trouver ». Elle lui a répondu : « Oui, c’est la foi !» Et le pape répond au jeune: « Tu m’as parlé d’être fermes dans la foi: c’est le témoignage de cette femme! Elle croyait que Jésus Christ, Fils de Dieu, a laissé Pierre sur la terre, et elle voulait voir Pierre. »

Le pape a rappelé ses paroles aux jeunes de Cracovie : de passer du temps avec leurs grands-parents, pour avoir la « mémoire » et pour que la foi se transmette. Il a insisté sur la réception de la foi, sa croissance – « la travailler pour qu’elle grandisse » – et la transmission.

Et puis il a fait observer que « le Seigneur semble avoir une préférence pour faire avancer la foi chez les femmes »: la mère, la grand-mère, mais aussi sa Mère, et la Mère Eglise, son Epouse. Et il a répondu àaux interrogations de la mère de famille.

Une guerre mondiale contre le mariage

A propos du mariage, le pape n’a pas mâché ses mots : « Irina, tu as mentionné un grand ennemi du mariage aujourd’hui : la théorie du « gender ». Il y a aujourd’hui une guerre mondiale pour détruire le mariage. Il y a aujourd’hui des colonisations idéologiques qui détruisent; mais on ne détruit pas par les armes, on détruit par les idées. Il faut par conséquent se défendre contre les colonisations idéologiques. »

Le pape a fait observer que lorsqu’un couple se sépare, le couple « paie » mais pas seulement : Dieu également – quand on sépare la « seule chair » cela abîme « l’image de Dieu » -, et les enfants. « Vous ne savez pas à quel point, chers frères et soeurs, les enfants souffrent, les jeunes enfants, lorsqu’ils voient les disputes et la séparation des parents ! On doit tout faire pour sauver le mariage », a exhorté le pape.

Il a rappelé que c’est “normal” qu’on se dispute dans un couple, mais que la nuit ne doit pas tomber sans que l’on fasse la paix, même par un petit geste. Et puis que l’on utilise les « paroles d’or » : merci, pardon, s’il te plaît. Et lorsqu’un conjoint est en proie à la tentation, il doit « tout de suite demander de l’aide », a recommandé le pape. Il faut, a-t-il ajouté, aider les couples « par l’accueil, par la proximité, l’accompagnement, le discernement et l’intégration dans la communauté catholique : on doit aider à sauver les mariages. »

Le “gros” péché de prosélytisme

Pour répondre à la question du jeune sur l’œcuménisme, le pape a recommandé : « Ne jamais se disputer ! Laissons les théologiens étudier les choses abstraites de la théologie. »

Mais, a-t-il demandé, « qu’est-ce que je dois faire avec un ami, un voisin, une personne orthodoxe ? Etre ouvert, être un ami. » Et puis il feint la question : « Mais est-ce que je dois forcément le convertir ? » Le pape répond clairement : « Il y a un gros péché contre l’œcuménisme : le prosélytisme. On ne doit jamais faire du prosélytisme avec les orthodoxes ! Ce sont nos frères et nos sœurs, des disciples de Jésus-Christ. En raison de situations historiques très complexes, nous sommes devenus ainsi. Eux et nous nous croyons dans le Père, le Fils et l’Esprit Saint, nous croyons à la Sainte Mère de Dieu. « Et qu’est-ce que je dois faire ? » Ne pas condamner – non, je ne peux pas ! -. Amitié, marcher ensemble, prier les uns pour les autres. Prier et faire des œuvres de charité ensemble, quand c’est possible. Voilà l’œcuménisme. Mais ne jamais condamner un frère ou une sœur, ne jamais refuser de saluer une personne parce qu’elle est orthodoxe. »

Que Dieu nous garde de la « mondanité »

« Demandons cette grâce ensemble, que le Seigneur nous délivre de la mondanité, qu’il fasse de nous des hommes et des femmes d’Eglise, fermes dans la foi », a demandé le pape au terme de cet entretien sans papier. Il a rappelé que le Christ a prié pour que ses disciples soient protégés du « monde » et il a demandé à l’assemblée de prier avec lui un « Je vous salue Marie » à cette intention. Il avait osuligné que dnas les « turbulences » de la vie, les moines recommandent de se « réfugier sous le manteau de Marie ». L’assemblée a ensuite chanté le « Notre Père ».

Le pape a improvisé un bain de foule à la sortie de la cathédrale, où une pluie de pétales de fleurs a salué son départ. Puis, après avoir serré des mains et béni la foule, il est reparti en « Kia » fermée pour la rencontre avec les Camilliens et les œuvres caritatives du pays. Il devait ensuite se rendre au siège du patriarcat orthodoxe, à Mtskhéta, l’ancienne capitale, à environ vingt kilomètres au nord ouest de Tbilissi.

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