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Beaucoup parmi vous se sont demandés : Pourquoi, Seigneur ?

Homélie improvisée par le pape François à Tacloban (texte intégral)

Homélie du pape François prononcée en espagnol, d’abondance du coeur, samedi 17 novembre 2015, à Tacloban, sur l’île de Leyte, à 650 km au sud-est de Manille (Philippines), sous une pluie battante et la menace d’une tempête tropicale. Pour les survivants du « super typhon » Haiyan/Yolanda du 8 novembre 2013.

A.B.

(Transcription et traduction officielles)

Dans la première lecture, nous avons entendu que nous avons un grand-prêtre capable de compatir à nos faiblesses, parce qu’il a été lui-même éprouvé en toute chose, excepté le péché (cf. Hb 4, 15). Jésus est comme nous. Jésus a vécu comme nous. Il est égal à nous en tout ; en tout excepté le péché, parce qu’il n’était pas pécheur. Mais pour être encore plus égal à nous, il s’est revêtu, il a pris sur lui nos péchés. Il s’est fait péché (cf. 2 Co 5, 21) ! C’est saint Paul que le dit, lui qui le connaissait très bien. Jésus nous précède toujours, et quand nous traversons des croix, il est déjà passé devant.

Et si aujourd’hui nous sommes rassemblés ici, quatorze mois après le passage du typhon Yolanda, c’est parce que nous avons la certitude que nous ne serons pas déçus dans la foi, parce que Jésus est passé devant. Dans sa passion, il a pris sur lui toutes nos souffrances. Et quand – permettez-moi cette confidence – quand j’ai vu, de Rome, cette catastrophe, j’ai senti que je devais venir ici. Ce jour là, j’ai décidé de faire le voyage ici. J’ai voulu venir pour être avec vous – un peu tard, me direz-vous, c’est vrai, mais je suis là.

Je suis là pour vous dire que Jésus est le Seigneur, que Jésus ne déçoit pas. L’un de vous peut me dire : « père, il m’a déçu par ce que j’ai perdu ma maison, j’ai perdu ce que j’avais, je suis malade…”. C’est vrai ce que tu me dis, et je respecte tes sentiments ; mais je le vois là, cloué sur la croix, et de là, il ne nous déçoit pas ! Il a été consacré Seigneur sur ce trône, et il est passé là pour toutes nos calamités. Jésus est le Seigneur ! Et il est le Seigneur de la Croix ; il a régné là ! Pour cette raison il est capable de nous comprendre, comme nous l’avons entendu dans la première lecture : il s’est fait en tout égal à nous. C’est pourquoi nous avons un Seigneur capable de pleurer avec nous, capable de nous accompagner dans les moments les plus difficiles de la vie. Beaucoup parmi vous ont tout perdu. Je ne sais pas quoi vous dire. Lui, si, il sait quoi vous dire ! Beaucoup parmi vous ont perdu une partie de leur famille. Restons simplement en silence, je vous accompagne par le cœur en silence…

Beaucoup parmi vous se sont demandés en regardant le Christ : “ Pourquoi, Seigneur ? ” Et à chacun, le Seigneur répond par le cœur. Je n’ai pas d’autres paroles à vous dire. Regardons le Christ : il est le Seigneur, et il nous comprend parce qu’il est passé par toutes les épreuves qui nous ont frappés.

Et avec Lui, crucifié, il y avait la mère. Nous sommes comme cet enfant qui est là-bas : dans les moments de douleur, de peine, dans les moments où nous ne comprenons rien, dans les moments où nous voulons nous révolter, il nous faut seulement tendre la main et nous accrocher à sa jupe et lui dire : “ Maman ! ”. Comme un enfant qui dit : “ Maman ! ” lorsqu’il a peur. C’est peut-être la seule parole qui peut exprimer ce que nous éprouvons dans ces moments sombres : “ Mère ! Maman ! ”

Faisons ensemble un moment de silence. Regardons le Seigneur : il peut nous comprendre parce qu’il est passé par toutes ces choses. Et regardons notre Mère, et, comme l’enfant qui est là-bas, accrochons-nous à sa jupe et disons-lui de tout notre cœur : “ Mère ! ” En silence, faisons cette prière, que chacun lui dise ce qu’il sent…

[Silence]

Nous ne sommes pas seuls, nous avons une mère. Nous avons Jésus notre frère aîné. Nous ne sommes pas seuls. Et nous avons aussi beaucoup de frères qui, au moment de la catastrophe, sont venus nous aider. Et ainsi,nous nous sentons davantage frères en nous aidant ; parce que nous nous sommes aidés les uns les autres.

C’est tout ce que j’ai envie de vous dire. Pardonnez-moi si je n’ai pas d’autres paroles. Mais soyez sûrs que Jésus ne déçoit pas. Soyez sûrs que l’amour et la tendresse de notre Mère ne déçoivent pas. Et, accrochés à elle comme des enfants, et avec la force que nous donne Jésus notre frère aîné, allons de l’avant. Et marchons comme des frères. Merci !

Après la communion

Nous avons célébré la passion, la mort et la résurrection du Christ.

Jésus nous a précédés sur ce chemin et nous accompagne chaque fois que nous nous réunissons pour prier et célébrer.

Merci, Seigneur, d’être aujourd’hui avec nous. 

Merci, Seigneur, de partager nos souffrances. 

Merci, Seigneur, de nous donner l’espérance.

Merci, Seigneur, pour ta grande miséricorde. 

Merci, Seigneur, parce que tu as voulu être comme l’un de nous. 

Merci, Seigneur, parce que tu es toujours plus proche de nous, également dans nos moments de croix.

Merci, Seigneur, parce que tu nous donnes l’espérance. Seigneur, ne nous laisse pas voler l’espérance ! 

Merci, Seigneur, parce que dans les moments les plus sombres de ta vie, sur la croix, tu t’es souvenu de nous et tu nous a laissé une Mère. 

Merci, Seigneur, de ne pas nous avoir laissés orphelins. 

(c) Librairie éditrice du Vatican

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