Aéroports : des pauses pour écouter la Parole de Dieu

VIIIe Séminaire Européen des aumôniers catholiques

Le cardinal Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, invite les aumôniers d’aéroports à « favoriser une plus grande familiarité avec la Parole de Dieu », car l’homme a besoin de « moments de pause et de prière ». S’il veut vaincre le mal. Il a cité Etty Hillesum.

Le cardinal a ouvert ce matin les travaux du VIIIe Séminaire européen des aumôniers catholiques de l’aviation civile et des membres des aumôneries d’aéroports, qui a lieu en Pologne, à Cracovie, de ce lundi 15 à jeudi 18 avril 2013. La rencontre, promue par le Secrétariat européen des aumôniers catholiques en collaboration avec le dicastère, est organisée sur le thème: “Ecouter la Parole de Dieu, écouter l’autre”.

Prendre le temps de l’écoute

Rappelant la mission des aumôniers catholiques de l’aviation civile, d’après les mots de Benoît XVI : “Apporter Dieu à l’homme et conduire l’homme à la rencontre avec Dieu” dans les aéroports du monde, le cardinal a estimé qu’aujourd’hui « dans les aéroports, il est plus que jamais nécessaire d’écouter et de vivre selon la Parole de Dieu ».

Car si les chrétiens sont appelés à « annoncer la Parole de Dieu avec générosité et douceur », avant de la communiquer il faut pouvoir « l’écouter », ce qui n’est pas simple dans des lieux de transit.

Les aéroports en effet, a-t-il fait observer, « sont des lieux de hâte et d’excitation, qui ne facilitent pas l’occasion d’une halte avec Dieu », tant du côté des « passagers » que du « personnel ».

Le cardinal a souligné l’importance de « moments de pause et de prière » pour l’homme, des moments qui lui permettent de « s’arrêter pour réfléchir et se poser des questions sur le sens de la vie, la signification du bien et du mal, les conséquences de ses actions ».

Dans cette perspective, « l’écoute de l’Evangile élargit le cœur » et elle est « un soutien authentique pour ceux qui désirent faire le bien mais ont des difficultés à le mettre en pratique », a-t-il poursuivi.

Ecouter la Parole dans la liturgie

« Le lieu privilégié où Dieu parle à son peuple est la Liturgie », c’est pourquoi le cardinal a émis des suggestions pour les animations liturgiques dans les aumôneries des aéroports, « afin de favoriser une plus grande familiarité avec la Parole de Dieu », à la lumière du texte conciliaire Dei Verbum.

Le cardinal a encouragé à vivre la « célébration de la Parole », notamment les jours de fête liturgique, dans le cadre de la messe, mais aussi telle quelle, en l’absence de prêtres.

Il a également conseillé de donner « une place visible, une place d’honneur » à la Bible, sans toutefois éclipser « la centralité au tabernacle », dans la chapelle de l’aéroport.

La liturgie de la Parole ne doit pas être célébrée n’importe comment : le cardinal a préconisé notamment d’ « encourager la méditation », par une célébration qui comprend aussi « des temps de silence ».

En outre, a-t-il ajouté, « les lectures tirées des Saintes Ecritures ne doivent jamais être remplacées par d’autres textes, même s’ils sont significatifs d’un point de vue pastoral ou spirituel » : « Les autres textes en effet ne peuvent jamais atteindre la valeur et la richesse de la Parole de Dieu », a-t-il souligné en précisant que les chants aussi devaient « de préférence être d’inspiration biblique ».

Enfin, la liturgie doit accorder « une attention particulière » aux personnes souffrant de handicaps, tels les malvoyants ou les malentendants : il s’agit de « mettre à leur disposition des instruments adaptés ».

A l’écoute des autres

L’écoute de la Parole est également un bienfait pour les aumôniers d’aéroport « qui exercent leur ministère parmi des personnes d’origine, de culture, de religion et de sensibilité diverses », a poursuivi le cardinal par ailleurs.

En effet, « l’écoute n’est pas toujours une disposition intrinsèque de l’âme », a-t-il fait remarquer, elle est parfois « un exercice de charité » qui demande des « efforts », afin de « sortir de soi pour laisser de la place à l’autre dans son esprit et dans son cœur ».

A cette fin, « la Parole de Dieu donne un bagage de patience et de vertu » qui permettent d’offrir aux autres « compréhension et tendresse », cette dernière étant signe de « force intérieure » et non de « faiblesse ». Au final, « être ouvert à Dieu porte à être ouvert aux autres ».

Invitant les aumôniers à la « disponibilité » et au « respect » de l’autre « comme personne, quelle que soit sa profession de foi, sans la juger », le cardinal a fait part de son espérance pour leur travail parfois difficile : « le désir de Dieu est fort en tout être humain », leur a-t-il dit.

Evoquant la philosophe néerlandaise Etty Hillesum, victime de la Shoah, le cardinal a affirmé que « là où le mal semble vaincre, Dieu entre subtilement dans le cœur des hommes et femmes au moyen de l’Esprit, qui gouverne le monde », et « le bien vainc toujours ».

Pour conclure, il a exhorté les aumôniers à être « des communicateurs joyeux de l’Evangile » avec les paroles proncée par le cardinal Jorge Mario Bergoglio avant d’entrer en conclave : « L’Eglise est appelée à sortir d’elle-même et à aller dans les périphéries, les périphéries géographiques mais également existentielles: là où réside le mystère du péché, la douleur, l’injustice, l’ignorance, là où le religieux, la pensée, sont méprisés, là où sont toutes les misères. »

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