XVe Conférence nationale italienne de l'Association internationale des exorcistes © Association internationale des exorcistes

XVe Conférence nationale italienne de l'Association internationale des exorcistes © Association internationale des exorcistes

Exorcisme : Marie et la musique sacrée au cœur d’un congrès en Italie

S120 prêtres et exorcistes réunis près de Rome soulignent l’importance de la prière, du discernement et de la formation

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Rome, 10 octobre 2026 – Environ 120 exorcistes et prêtres catholiques engagés dans ce ministère se sont réunis à Sacrofano, près de Rome, du 21 au 25 septembre, pour la 15e Conférence nationale italienne de l’Association internationale des exorcistes. Au programme : témoignages de cas pastoraux difficiles, réflexions théologiques sur la Vierge Marie, la musique sacrée et la formation spirituelle indispensable à un ministère que l’Église considère comme délicat et exigeant.

Une formation indispensable au ministère de l’exorcisme

La conférence, organisée tous les deux ans en alternance avec la réunion internationale de l’association, a également commémoré le dixième anniversaire de la mort du père Gabriele Amorth, le célèbre exorciste romain fondateur de l’organisation. Son héritage a été un thème récurrent : la conviction qu’un prêtre ne peut être suffisamment préparé à l’exorcisme par la simple réception d’une nomination de l’évêque et du rituel de l’Église.

Le père Francesco Bamonte, vice-président de l’association, a rappelé l’insistance d’Amorth sur la formation continue. Sans expérience pratique ni préparation adéquate, affirmait-il, un exorciste nouvellement nommé serait comme un chirurgien inexpérimenté. C’est pourquoi l’association propose une formation continue, un discernement et un accompagnement dans l’utilisation des rites autorisés par l’Église.

Cette dimension institutionnelle est importante car, comme l’a expliqué le père Piermario Burgo lors de la réunion, l’exorcisme n’est pas une pratique religieuse informelle. Il s’agit d’un ministère ecclésiastique spécifique, confié à un prêtre avec l’autorisation de l’évêque, et qui requiert le consentement de la personne qui sollicite son aide.

Plusieurs prêtres ont présenté des cas qui, selon leur interprétation, illustraient la complexité de ce travail. Le père Benigno Palilla, exorciste de l’archidiocèse de Palerme, a décrit le cas d’une jeune femme qui, d’après son récit, a été libérée après deux ans et demi de possession. L’association a rapporté qu’elle avait éprouvé une hostilité intense envers autrui et une haine de soi profonde, allant jusqu’à avoir des pensées suicidaires. Le père Palilla a indiqué que sa guérison avait culminé le jour de la fête liturgique de saint Pio de Pietrelcina et qu’après s’être pleinement consacrée à Dieu, elle avait connu une profonde paix intérieure et un désir de vivre renouvelé.

Le père Angelo Barra, du diocèse de Salerne, a relaté le cas d’une autre jeune femme victime de violences conjugales. De retour d’un voyage, elle a commencé à souffrir de fortes douleurs physiques qui s’intensifiaient pendant la messe. Selon l’association, la lecture de passages du chapitre 16 des Actes des Apôtres, ainsi que les bénédictions et les prières de deux communautés catholiques d’Afrique, ont fait partie du processus que le prêtre a interprété comme sa libération. Plus tard, la femme a déclaré avoir été soumise à une consécration rituelle par une secte dans le lieu qu’elle avait visité.

Un troisième témoignage, présenté par le père Michele Tenzon, ancien exorciste du diocèse de Sanremo-Ventimiglia, concernait une Sud-Américaine que ses proches auraient consacrée aux esprits. Le père Tenzon a insisté sur l’importance d’une vie chrétienne authentique, d’une formation sacerdotale continue et de l’intercession mariale.

Ces récits ont été présentés comme des témoignages dans le cadre pastoral de l’association, et non comme des résultats cliniques vérifiés de manière indépendante. Les documents de la conférence ont établi un lien entre certains cas et des pratiques occultes, le spiritisme et l’éloignement des sacrements. Ces affirmations reflètent l’interprétation religieuse des participants quant aux expériences décrites ; elles ne prouvent pas que la souffrance physique ou mentale soit nécessairement la preuve d’une activité démoniaque. La mention de pensées suicidaires dans un cas souligne également pourquoi l’accompagnement spirituel ne doit pas être confondu avec un substitut de prise en charge médicale ou psychologique appropriée.

La Vierge Marie et la musique sacrée au cœur de la prière

Au-delà des cas individuels, la conférence a examiné deux éléments que les participants jugent importants dans la vie spirituelle catholique : la dévotion mariale et la musique sacrée. Le père Salvatore Perrella, théologien servite et ancien doyen de la faculté de théologie Marianum à Rome, a replacé la Vierge Marie au cœur du mystère de l’Incarnation et de la conception du salut par l’Église. L’importance de Marie, a-t-il affirmé, réside dans sa fidélité à Dieu et son rôle d’intercesseur, à travers lequel les chrétiens prient pour le triomphe du bien sur le mal.

Le père Giuseppe Grassi, exorciste et directeur du département de musique sacrée de l’archidiocèse de Brindisi-Ostuni, a évoqué l’utilisation de la musique et du chant dans l’exorcisme. Il a décrit la musique sacrée comme étroitement liée à la liturgie et à l’attente de l’Église quant au culte céleste. La tradition englobe les psaumes, le chant grégorien et les hymnes populaires en l’honneur de Marie. Dans cette perspective, la musique n’est pas un instrument magique, mais bien une composante de la prière universelle de l’Église.

La réunion a également replacé l’exorcisme dans la perspective théologique plus large de l’union du prêtre avec le Christ. Le père Marcello Lanza, du diocèse d’Acerra, a soutenu que le ministère devait demeurer ancré dans la théologie spirituelle et conforme à l’enseignement du Christ, que les chrétiens reconnaissent comme le libérateur du mal. Lors d’une messe, le cardinal Baldo Reina, vicaire du pape pour le diocèse de Rome, a lui aussi décrit l’exorciste comme un instrument de la miséricorde libératrice de Dieu, appelé à accompagner les personnes dans leurs souffrances.

Occultisme et violences rituelles : des risques soulignés

D’autres présentations ont élargi le débat aux risques liés aux groupes occultes et à la violence ritualisée. Le père Aldo Buonaiuto, exorciste du diocèse de Rome et responsable du service anti-sectes de la Communauté Jean XXIII, a mis en garde contre la manipulation par les praticiens de l’ésotérisme et l’attrait des prétendus pouvoirs surnaturels. Il a identifié la fascination pour l’occultisme, l’ambition personnelle et la dévalorisation des relations affectives comme des attitudes et des circonstances dangereuses.

Le père Mario Imperatori, théologien jésuite, a analysé le documentaire Les Survivantes (2024), réalisé par Pierre Barnérias, qui relate le témoignage de huit femmes affirmant avoir été victimes d’abus au sein d’un réseau pédophile international. Il a exploré les interprétations historiques, culturelles et théologiques possibles de tels phénomènes. La criminologue Beatrice Ugolini, conseillère auprès du groupe de recherche de l’Église italienne sur les sectes et les nouveaux mouvements religieux, a conclu la conférence par une analyse des violences rituelles dans les contextes occultistes, notamment les pratiques sacrificielles et les rites d’initiation susceptibles d’entraîner des préjudices graves.

Un ministère encadré, tourné vers le Christ et la dignité humaine

Dix ans après la mort d’Amorth, le 16 septembre 2016, l’association qu’il a fondée continue de présenter l’exorcisme comme une responsabilité pastorale spécifique, et non comme un spectacle. Le message central de la conférence était que ce ministère requiert un encadrement ecclésiastique, un discernement rigoureux, une formation continue et une orientation claire vers le Christ. Pour ses participants, la lutte contre le mal est indissociable de l’accompagnement des personnes vulnérables par la prière, la responsabilité et le respect de leur dignité.

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Rédaction Zenit

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