Métropolite Antoine de Volokolamsk © Patriarcat de Moscou

Métropolite Antoine de Volokolamsk © Patriarcat de Moscou

Orthodoxie : rencontre du pape François avec le métropolite russe Antoine

Print Friendly, PDF & Email

Dans le cadre du VII congrès des leaders des religions traditionnelles au Kazakhstan

Share this Entry
Print Friendly, PDF & Email

Le pape François a rencontré le 14 septembre 2022 à Nour-Soultan, au Kazakhstan, le métropolite Antoine (Sevryuk) de Volokolamsk, le nouveau président du département des relations ecclésiastiques extérieures du patriarcat de Moscou qui a remplacé à ce poste le 7 juin dernier le métropolite Hilarion (Alfeev).

Le site du patriarcat de Moscou ne donne aucun détail au sujet de cette rencontre. Le métropolite Antoine a rencontré les journalistes des médias du Vatican et a répondu à leurs questions, en particulier sur la position du patriarche Kirill sur la guerre en Ukraine ainsi que sur l’éventuelle rencontre entre le patriarche orthodoxe russe et le pape François.

Le responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou a souligné que cette deuxième rencontre (la première a eu lieu en 2016 à La Havane, Cuba) était « nécessaire », mais devait être « bien préparée » : « Je crois vraiment que cette nouvelle rencontre est nécessaire et peut être très utile dans la situation difficile que nous vivons, a déclaré le métropolite Antoine. Cependant, il est clair qu’elle doit être bien préparée: nous devons comprendre quel sera l’ordre du jour et quel en sera le fruit. En fait, je ne pense pas qu’il soit approprié d’organiser une rencontre de quelques minutes seulement pendant une conférence comme celle qui se déroule actuellement à Nour-Soultan. »

Le métropolite a confirmé que « le dialogue avec le Saint-Siège » pour la préparation de la deuxième rencontre avait commencé « l’année dernière » et qu’elle aurait pu se faire d’abord au Liban, puis à Jérusalem, mais avait été annulée : « Pour nous, a dit le métropolite Antoine, c’était une surprise, surtout parce que nous avons reçu cette information par les médias. Puis, par la suite, nous avons lu quelques interviews du pape où il disait qu’il allait au Kazakhstan et qu’il aimerait rencontrer le patriarche Kirill. Cependant, nous n’avons pas eu de confirmation officielle… »

Se souvenant de la première rencontre du pape François et du patriarche Kirill en 2016, le métropolite a dit: « J’étais l’un des participants … J’étais très heureux, surtout pour le fait même que cette rencontre ait eu lieu. … Le résultat a été très beau, car le pape et le patriarche ont partagé un appel commun: il y a eu un document très profond, qui nous a montré le chemin de notre dialogue et comment il devrait se développer à l’avenir. »

La guerre en Ukraine

Interrogé sur ce que l’Église orthodoxe russe peut faire pour arrêter la guerre en Ukraine, le métropolite Antoine a affirmé que « dès le début de cette situation en Ukraine », « le patriarche a dit qu’en tant qu’Église, nous devons faire tout ce qui est possible, tout ce qu’un croyant peut faire pour la paix ». Il a cependant précisé que la « situation a commencé il y a huit ans » et que « nous devons bien comprendre cela ».

Le métropolite a rejeté les accusations portées contre le patriarche Kirill et a affirmé que le primat de l’Église russe n’avait jamais béni la guerre en Ukraine: « Il n’a jamais rien dit ni fait qui permet de dire qu’il ait béni d’une certaine manière la situation tragique en Ukraine, a affirmé le président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou. Non, absolument pas. En tant que patriarche, chef spirituel de milliers de croyants en Ukraine, il souffre avec ceux qui souffrent et prie pour la paix. »

Le métropolite Antoine a noté que « la paix, c’est quand tout le monde vit ensemble, sans conflit », « mais cette paix doit évidemment être une paix juste, et elle doit prendre en compte toutes les douleurs de toutes les composantes des conflits ».

Il a souligné qu’en tant que personnes croyantes, « tout d’abord, nous devons prier pour la paix en Ukraine » : « Ce qui dépend de nous, c’est la prière, a-t-il répété, parce que nous savons que tout est entre les mains du Seigneur, et si ensemble, toute l’Église, nous demandons la paix au Seigneur, tout sera possible. Mais Lui alors, agira par le biais des personnes responsables. Et ces personnes, ce n’est pas nous. »

Le métropolite a également expliqué ce que l’Église orthodoxe fait pour les réfugiés « qui viennent d’Ukraine et qui demandent de l’aide » : « L’Église a mis en œuvre de nombreuses initiatives pour aider ces personnes », a-t-il affirmé. « De nombreux réfugiés sont également arrivés en Europe, a ajouté le métropolite, et dans chaque paroisse, nous essayons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour recevoir ces personnes, les accueillir, les aider à se nourrir, leur fournir des produits de première nécessité. On ne leur demande jamais: «D’où venez-vous?», «Quelle est votre opinion politique?», «Êtes-vous pour ou contre?». Non. Nous aidons tous ceux qui viennent au nom du Seigneur. »

Share this Entry

Marina Droujinina

Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET).

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel