Présentation des "Escritos" du p. Fiorito, le p. Spadaro et le pape François © Vatican Media

Présentation des "Escritos" du p. Fiorito © Vatican Media

"La Civiltà Cattolica" relit le message manuscrit du pape François

Discernement de la réalité et liberté dans l’Esprit Saint

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Discernement de la réalité et liberté, créativité, dans l’Esprit Saint, ce sont peut-être les principales recommandations du pape François pour le 170e anniversaire de la revue des jésuites italiens La Civiltà Cattolica, voulue, en 1850 par le bienheureux pape Pie IX comme une mission de la Compagnie de Jésus.
Dans un communiqué du 30 décembre 2019, la revue des jésuites italiens, La Civiltà Cattolica qui fête ses 170 ans, rappelle son origine et commente la mission que le pape François, premier pape jésuite de l’histoire confie à la revue… pour les 170 ans à venir en quelque sorte, dans un message manuscrit dont la traduction se trouve ici.
La revue entretient en effet « aujourd’hui comme alors, d’une relation privilégiée avec le Pape, et donc le Pape François, pour célébrer l’événement, a envoyé au directeur », le p. Antonio Spadaro SJ, « un message écrit de sa propre main »: le texte, écrit en italien, est publié sur la couverture du premier numéro de janvier 2020 du magazine, qui paraîtra samedi prochain, 4 janvier, et sera publié en partie ces jours-ci, également sur le site www.laciviltacattolica.it .
Le message du pape François, fait observer La Civiltà Cattolica, rappelle l’origine de la revue : «Il y a 170 ans, le bienheureux Pie IX a demandé à la Compagnie de Jésus de fonder La Civiltà Cattolica ». François rappelle que le magazine a été créé à la demande explicite du Pape, qui en était donc le fondateur. Le premier numéro a été imprimé à Naples le 6 avril 1850. Au cours de ces 170 années, La Civiltà Cattolica a suivi l’histoire de l’Église, de l’Italie et du monde. Elle a traversé les deux guerres mondiales, le Concile Vatican II, et a vu la conclusion de 11 pontificats. Feuilleter la collection des 4 069 numéros publiés à ce jour signifie parcourir l’histoire contemporaine, entrer dans ses plis et ses raisons. »
Le communiqué rappelle, dans le sillage du message du pape François, la dimension internationale de la publication: « Aujourd’hui, La Civiltà Cattolica est devenue un « revue internationale jésuite ». Internationale du fait de son regard toujours ample sur le monde et ses tensions géopolitiques et religieuses; internationale car la revue est publiée en 5 langues depuis avril 2017; internationale car depuis février 2018 le collège des écrivains s’est agrandi grâce à un groupe de 12 « correspondants » du monde entier, mais aussi à de nombreux autres jésuites de différents pays. Le pape François nous confirme sur cette voie quand, dans son billet, il écrit: «Je vous souhaite d’être créatif en Dieu en explorant de nouvelles voies, également grâce au nouveau souffle international qui anime la revue: on entend monter de ces pages les voix de nombreuses frontières qu’on y entend ». Et ce dialogue entre les frontières nous plonge dans le monde et dans ses tensions, dans ses nœuds politiques mondiaux. »
En français, La Civiltà Cattolica est publiée par les éditions Parole et Silence.
Pour ce qui est de la mission reçu du pape François aujourd’hui, La Civiltà Cattolica retient le modèle du Bon Samaritain: « François nous demande dans son message: « Continuez à vivre la dynamique entre la vie et la pensée avec des yeux qui écoutent, sachant que la « civilisation catholique » est celle du Bon Samaritain ». Une déclaration frappante, similaire à celle qui a été prononcée pour la première fois par notre directeur lors de l’interview de 2013: « L’Église est un hôpital de campagne ». Et François nous l’avait déjà dit en 2017: « que votre écriture soit une écriture qui tende à comprendre le mal, mais aussi à verser de l’huile sur des plaies ouvertes, à guérir ». »

Pour cela, le pape François invite au discernement, explique la même source: « Le Pape nous demande à nouveau: « Discerner les langages, combattre la haine, la méchanceté et les préjugés ». Cette phrase exprime la prise de conscience de la nécessité du discernement aujourd’hui non seulement sur le contenu, mais aussi sur le langage. C’est un thème sur lequel François est revenu plusieurs fois. Mais aujourd’hui, nous sommes particulièrement frappés par le fait qu’il nous demande de combattre la mesquinerie. Nous nous souvenons bien de ce qu’il a écrit dans Amoris laetitia: « Il est mesquin de ne considérer que si l’action d’une personne répond à une loi ou à une règle générale, car cela ne suffit pas pour discerner et assurer la pleine fidélité à Dieu dans existence concrète d’un être humain » (n. 304). François veut que notre écriture embrasse la vie humaine, n’ait pas d' »oeillères », ne se cache pas derrière l’évidence, ne juge pas selon des règles rigides et sourdes. »
Le pape recommande aussi de relever les défis d’aujourd’hui: « Enfin, le Pape nous a demandé: « Surtout, ne vous contentez pas de faire des propositions de raccommodage ou de synthèse abstraite: acceptez plutôt le défi des préoccupations débordantes du temps présent, où Dieu est toujours à l’œuvre ». Dans ces mots, nous saisissons une vision du monde qui ne voit pas un Dieu absent, déçu et donc étranger à la réalité, mais toujours « au travail ». Dans ce contexte, le défi est offert par les «préoccupations du temps présent», que François appelle «débordantes». »
Enfin, pour La Civiltà Cattolica, la mission reçue dans ce message du pape François implique de ne pas éteindre l’Esprit, une mise en liberté en quelque sorte: « François demande à La Civiltà Cattolica de ne pas apprivoiser les inquiétudes, de leur donner de l’air, de les percevoir et de d’opérer sur elles un discernement, sans opter pour des solutions faciles et prêtes-à-porter, capables d’éteindre même l’Esprit, qui au contraire meut et suscite certaines de ces inquiétudes. »

 

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Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (Bruxelles), théologie biblique (Rome), lettres classiques (Paris).

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