Point presse du 21/2/2019 @ Vatican Media

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Protection des mineurs: dans l’écoute, la motivation pour agir

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Rencontre avec la presse internationale 2/2

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Trouver dans l’écoute des victimes, des “survivants” d’abus sexuels, la motivation pour agir : c’est la pédagogie promue par la Rencontre mondiale du Vatican pour la protection des mineurs qui s’est ouverte au Vatican ce jeudi 21 février 2019 par un temps de prière au cours duquel a été lue cette interrogation d’une victime: “»Personne ne m’a écouté ; ni mes parents, ni mes amis ni plus tard les autorités de l’Eglise. Ils n’ont pas écouté.»
La rencontre avec la presse internationale a eu lieu à l’institut de patristique « Augustinianum », à deux pas du Vatican, à 13h30, avec Mgr Mark Benedict Coleridge, archevêque de Brisbane (Australie), Mgr Charles J. Scicluna, archevêque de Malte et Secrétaire adjoint de la Congrégation pour la doctrine de la foi, membre du comité d’organisation de la rencontre; Paolo Ruffini, préfet du Dicastère pour la communication; le p. Federico Lombardi, S.I., président de la Fondation vaticane Joseph Ratzinger – Benoît XVI, et modérateur de la rencontre; et le p. Hans Zollner, S.I., président du Centre pour la protection des mineurs de l’Université pontificale grégorienne, membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, référent du comité organisateur de la rencontre. Le directeur par intérim du Bureau de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, a modéré ce « briefing » et souligné que la Rencontre c’est avant tout un « exercice d’écoute ».
Le pape lui-même a invité à “écouter le cri” de ceux qui demandent “justice”. Et cinq témoignages ont été entendus (nous les oublions tous les trois dans ce service).
Des victimes sur tous les continents
Le p. Zollner a pour sa part voulu « saluer les victimes ». Il fait observer que lors des témoignages du matin, il n’a pas été facile de pouvoir faire entendre « des voix de tous les continents » de « survivants », de « victimes », mais que c’était essentiel pour faire comprendre que le problème ne se réduit pas à un seul continent.
Il a perçu alors que l’assemblée « étaient en syntonie avec ce qui a été dit, », ce qui est fondamental pour susciter les motivations et « s’engager », car le pape François invite « à l’action ».
Il a fait observer que cette écoute « ouvre l’esprit, ouvre le cœur » et « transforme ». Et il a rappelé que la préparation du sommet de Rome comprenait une invitation faite aux évêques à rencontrer les victimes dans leurs pays: cela a un impact important non seulement sur « l’attitude » vis-à-vis d’elles mais sur l’adoption de « normes » et d’ « obligations ».
Ecouter les victimes, Dieu, et les autres participants
Le père Lombardi s’est dit « touché » par ces témoignages des victimes de « continents différents », dont on n’entendait que la voix parce qu’elles ne souhaitaient pas être reconnues, et leurs textes ont été communiqués à la presse.
Il a salué un « climat très positif », « intense », où l’on perçoit le « désir de faire un chemin avec décision et sérénité et conscience de l’importance de la rencontre ».
Mgr Coleridge a perçu pour sa part une forte « énergie », mais il souligne aussi que la « clef » de tout, et « absolument », c’est « l’écoute ». « Ecoute de Dieu » aussi : la journée commence et s’achève par la prière.
Rappelons qu’il y aura aussi une liturgie pénitentielle samedi soir, 23 février, à 17h30 et la messe présidée par le pape François à 9h30 dimanche matin, 24 février.
Pour l’archevêque australien, « un voyage commencé ce matin » à partir de « l’écoute des survivants » : il avoue que bien qu’il ait entendu déjà beaucoup de témoignages, il a été « très ému » par ceux-là, et aussi en raison du « contexte de ce rassemblement » en Eglise et « avec le pape ».
Il a aussi souligné l’écoute nécessaire à la fois de la « vision » du cardinal Luis Antonio Tagle (Philippines) qui a proposé une méditation sur saint Thomas qui touche les plaies du Christ et a invité l’assemblée à savoir approcher des plaies des victimes, et la « tactique » contre les abus présentée par Mgr Scicluna : « vision et tactique, on a besoin des deux ».
Et puis, l’écoute « les uns les autres » avec les « très substantielles questions » des différents contextes, notamment pendant les travaux de groupe, avec une vingtaine de personnes représentant « différentes cultures et contextes ».
Ecouter les victimes aussi « après » et les informer
De son côté Mgr Scicluna a également noté la forte « émotion » suscitée par l’écoute des témoignages des victimes : « pour comprendre la gravité des situations, il faut écouter, rencontrer les victimes ».
Il souhaite que l’écoute des victimes se traduise aussi « à l’avenir » par un « plus grand rôle des victimes » à la fois dans le « discernement » des cas et mise en place de la prévention.
Il évoque la possibilité de dire « oui » à certaines questions sur les prêtres qui ont été condamnés, qu’on ait « accès à cette information dans les diocèses ».
Hier, lors de la rencontre avec le Comité organisateur de la rencontre des victimes ont demandé l’accès aux noms : « On ne peut ignorer cette voix », conclut Mgr Scicluna.
Maos l’écoute ne signifie pas pour autant « publication » de noms, dans un premier temps: Mgr Scicluna interrogé sur le cas du diocèse de Newark aux Etats-Unis. Il se dit préoccupé si le « nom des personnes accusées » étaient publiés d’emblée. Il rappelle qu’aux Etats-Unis il y a trois étapes : la simple « allégation », puis « l’allégation crédible » et « l’allégation substantielle ». Pour la prévention, il estime « légitime » de publier le nom de ceux qui sont convaincus, après enquête, au niveau d’une « allégation substantielle » ou même « crédible ». Mais pas au niveau des simples « allégations ».
Et à l’issue des procès, la Doctrine de la foi demande aux évêques de contacter les victimes: « Nous ne pouvons pas laisser les victimes sans information et informer de l’issue d’un procès ». Il regrette que des victimes n’aient pas, par exemple, accès à un document indiquant la décision du tribunal ecclésiastique. Il souhaite la mise en place d’une personne chargée de défendre « les intérêts des victimes ».
Il insiste sur le fait qu’il faut une suite à la première écoute, « une suite à la dénonciation, par des textes pour la protection des mineurs, par des contacts et la communication ».
 
 

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Anita Bourdin

Journaliste française accréditée près le Saint-Siège depuis 1995. Rédactrice en chef de fr.zenit.org. Elle a lancé le service français Zenit en janvier 1999. Master en journalisme (Bruxelles). Maîtrise en lettres classiques (Paris). Habilitation au doctorat en théologie biblique (Rome). Correspondante à Rome de Radio Espérance.

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