Conférence de l'Ordre de Malte, photo ZENIT, SM

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Ordre de Malte: esprit d'unité et priorité à l'humanitaire

Mise au point après les récentes affaires internes

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Après la démission du Grand maître Matthew Festing et l’annonce de la nomination d’un délégué pontifical, l’Ordre souverain de Malte souhaite le retour à un esprit d’unité. Lors d’une conférence de presse à Rome le 2 février 2017, des représentants du gouvernement ont indiqué leur priorité : la mission humanitaire et diplomatique de l’institution multiséculaire.

Le Grand chancelier Albrecht Boeselager, qui a réintégré ses fonctions – suspendues en décembre – a affirmé que l’Ordre travaillait dans un esprit d’unité. Il a regretté les « allégations infondées » de « conflits d’intérêt » entre les membres du gouvernement : l’affaire concernait le respect de la Constitution, a-t-il précisé.

Il a aussi expliqué le motif de sa suspension en décembre : la distribution de préservatifs dans certains programmes humanitaires liés à l’Ordre. Le Grand chancelier s’est défendu d’en avoir eu connaissance. Les programmes, a-t-il assuré, ont été « immédiatement » suspendus lorsque le gouvernement s’en est aperçu, même si cela a été « compliqué » en Birmanie notamment.

Mais après l’enquête d’une commission dépêchée par le pape François, c’est le Grand maître Festing qui a lui-même remis sa démission le 24 janvier pour « le bien de l’Ordre et de l’Eglise ».

Le gouvernement a exprimé sa volonté de coopérer avec le délégué spécial du pape. Cette nomination « ne constitue pas une ingérence dans notre souveraineté », ont estimé les représentants, parce que « nos relations souveraines sont au service de l’Eglise ».

En outre, le délégué sera chargé plus spécialement du renouveau « religieux » de l’Ordre, comme le pape l’a expliqué dans sa lettre du 27 janvier. Les religieux – chevaliers profès – de l’Ordre sont peu nombreux : une cinquantaine.

L’élection d’un nouveau Grand maître, organisée par le gouvernement ad interim du Grand commandeur Ludwig Hoffmann von Rumerstein, devrait avoir lieu sous trois mois.

L’Ordre hospitalier souhaite à présent se concentrer sur sa mission d’origine, ont déclaré les représentants : « Nous ne laisserons pas les récents événements du gouvernement (…) compromettre notre travail humanitaire, social et médical ». La priorité aujourd’hui, ont-ils ajouté, est le renforcement du réseau diplomatique et la situation en Libye et en Syrie.

Fondé à Jérusalem au XIe siècle et reconnu par le pape Pascal II en 1113, l’Ordre militaire souverain hospitalier de Saint Jean de Jérusalem de Rhodes et de Malte, se dédie aux personnes dans le besoin à travers des activités médicales, sociales et humanitaires, notamment les victimes de conflits armés ou de catastrophes naturelles. Il est aujourd’hui actif dans 120 pays.

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Anne Kurian

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